LES FORCES INTRINSÈQUES DE L'APPAREIL CÏRCUUTOIRE
mais la vitesse du cours du sang diminue. Celte vérité a été mise en lumière dès 1881 par Marey*.
Le resserrement des capillaires tendrait donc à refouler le sang vers les grosses artères et ferait obstacle à son passage facile dans les veines ; d'où diminution de la poussée reçue par la masse du sang veineux. La dilatation des capillaires au contraire, en agrandissant la porte de communication par où le liquide pénètre des artères dans les veines, faciliterait le cours du sang, diminuerait l'obstacle que rencontre la poussée cardiaque et rendrait cette poussée plus efficace.
On comprendra tout à l'heure combien il importe à notre sujet d'établir que?, par la dilatation des capillaires, le débit des vaisseaux artériels est augmenté, la vitesse du liquide accélérée et l'impulsion, h vis a tergo que reçoit la masse du sang contenu dans le <ic lac des capillaires » considérablement augmentée; car c'est, sur l'effet de vaso-dilatation provoquée, ainsi que nous le disons, par la contraction des muscles, qu'est basé l'emploi tfiérapeutique des mouvements actifs dans les troubles de la circulation du sang.
La « vis a tergo ».
Mais suivons le sang dans le reste de son trajet, jusqu'à son arrivée à l'oreillette droite. Des artères il pénètre dans les veines avec une vitesse infiniment moindre qu'au départ du cœur. C'est cependant ce restant de vitesse acquise, cette feible vis a tergo, comme on l'appelle, qui va représenter la principale force motrice de la circulation de retour; du moins parmi les forces intrinsèques, que peut mettre en œuvre l'ap-
. i. Msœe^, La circulation du sang.
iO LES TROUBLES DE LA CIRCULATION SANGUINE.
pareil circulatoire, si on le suppose réduit à ses propres ressources.
Si l'on se représente l'ondée sanguine veineuse partant du point de l'appareil circulatoire le plus éloigné du cœur, par exemple du bout des orteils, et cheminant vers l'oreillette droite, chez un homme debout, il est impossible d'admettre que la vitesse acquise du sang, la vis a tergo, soit une force suffisante pour vaincre, à elle seule, la pesanteur et permettre au liquide d'arriver à temps au cœur qui doit l'utiliser de nouveaux pour les besoins de la circulation. On sait bien que le liquide, venant du ventricule gauche tend, par les lois de l'hydraulique, à remonter vers l'oreillette droite pour regagner son niveau, puisque les systèmes artériel et veineux représentent, dans leur ensemble, une série de « vases communicants » ; mais les facteurs de ralentissement que nous avons signalés dans son passage des artères aux veines causeraient forcément un retard considérable dans son retour au centre circulatoire, si certaines foilces accélératrices ne venaient à son secours.
Or, parmi les forces inhérentes en propre à l'appareil circulatoire, il n'en est qu'une qui puisse être invoquée — et elle est tout à fait insuffisante pour rendre au sang veineux la vitesse perdue, c'est la contraction des parois veineuses.
Les veines.
Les veines sont douées, comme les artères, de fibres musculaires lisses dont la contraction agit sur le sang pour le faire cheminer dans la direction centripète. Mais ces fibres sont tellement faibles que longtemps, leur existence a été niée. Elle est pourtant admise aujourd'hui par tous les anatomistes et les observations des physiologistes ont donné des