ASILES ET HOPITAUX
sécurité et des soins hygiéniques qui leur convenaient. Les philanthropes qui ont suivi la voie tracée par Pinel, par W. Tuke, par Daquin, par Ghiarugi, ont surtout cherché à multiplier le nombre des assistés et à améliorer les conditions de l'assistance. Ces améliorations successives sont même arrivées dans ces dernières années à un véritable luxe ; les aliénés trouvent dans certains asiles un confortable disproportionné à leur situation intérieure et à celle qu'ils retrouveront à leur sortie. Ce luxe des asiles en est venu à tel point dans certains pays, qu'on peut se demander si les philanthropes qui ont présidé à leur installation, aux frais des contribuables bien entendu, ne se sont pas plus préoccupés de l'éventualité de leur propre séquestration que du bienêtre des pauvres diables qui n'y peuvent rien comprendre. Si les établissements destinés à recevoir les aliénés prennent souvent l'aspect de palais, ils n'en méritent pas moins de conserver le nom d'asiles, car on a fait bien peu de chose pour les transformer en hôpitaux, c'est-à-dire en établissements destinés au traitement et non simple-
10 l'isolement dans les asiles
ment à la protection. Le peu de soin que l'on a pris du développement scientifique des asiles et du personnel qui leur est attaché peut rendre compte du peu de progrès faits par la médecine mentale à notre époque, comparativement à ceux de la médecine sfénérale et de la chirursfie. La tendance qui s'accentue, de charger les médecins des attributions administratives, ne me paraît pas présager de prochains et rapides progrès (1).
(1) Ce système appliqué en Angleterre motive des observations fort justes de M. B. Tuke. {Nineteenth Century; April