‹ Le traitement des aliénés dans les familles (volume 2)Chapitre 2 sur 60 · II PRÉFACE · texte numérisé non relu

II PRÉFACE

grands centres. C'est ainsi que la population de Chicago, qui de d852 à 1868 s'est accrue dans la proportion de 1 à 5,1? a vu sa mortalité absolue s'accroître seulement de 3,7 fois, tandis que la mortalité relative due aux maladies nerveuses a augmenté de 22 fois (1) .

Mais un fait incontestable, c'est que le nombre des aliénés assistés a augmenté dans une proportion telle que leur entretien devient une charge excessive pour les contribuables et que, dans plusieurs pays déjà, on a dû se préoccuper des moyens propres à diminuer ces charges.

L'économie dans la construction des asiles et une meilleure organisation du travail des malades valides ne sauraient trop être encouragées dans ce but. Mais ces moyens ne sont pas les seuls. L'assistance familiale a déjà fait ses preuves dans plusieurs pays. Après avoir étudié sur place son fonctionnement, j'ai cru utile de répandre la connaissance des conditions dans lesquelles ce mode d'assistance peut s'appliquer (2).

Sous le nom d'assistance familiale des aliénés,

(1). Weir Mitchell, Wear and Tear, 4° édition, 1887.

(2) Le patronage familial des aliénés {Revue scientifqiie, r> nov. 4877), — Vassislance des aliénés dans les maisons privées en Ecosse. {Ibid. 1^^' décembre 1888).

PRÉFACE m

on comprend deux groupes de faits : tantôt le malade est secouru dans sa propre famille comme c'est quelquefois le cas dans le système écossais, tantôt et plus souvent il est secouru dans une famille étrangère. M. Bourneville préconise l'assistance dans la propre famille du malade : d'après lui, ce mode d'assistance est plus économique, il est plus familial ; « il est plus républicain puisque le malade ne serait pas éloigné de son pays, de sa famille, de ses amis, et que nos principes veulent que le malheureux soit assisté à domicile s'il y a lieu, et, dans le cas contraire, le plus près possible de son domicile » (1) ; mais ces avantages sont moins évidents lorsqu'il s'agit d'aliénés que dans le cas de malades ordinaires, et l'application du système ne peut être qu'exceptionnelle.

La ([uestion du patronage familial des aliénés n'a fait en France aucun pas depuis la discussion dont elle fut l'objet à la Société médico-psychologique en 1862. On peut dire que jusqu'au Congrès d'Assistance publique de 1889 la plupart des aliénistes français ont conservé l'opinion qui fut émise alors que la colonie de Gheel était inimitable et que d'ailleurs la supériorité du système des asiles fermés était tellement évidente qu'il n'y a pas lieu de

(1) Archives de neurologie, 1892, T. XXIV, p. 301.

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