REFUS DES ALIMENTS
agitation générale ; les mélancoliques, dans une préoccupation de suicide; les délirants persécutés, les déments, par suite de crainte d'empoisonnement ; les hystériques, par suite d'un dégoût pur et simple des aliments, etc. Les hypocondriaques qui ont l'habitude d'explorer minutieusement toutes leurs fonctions, arrivent quelquefois à la conviction qu'ils sont incapables d'avaler quoi que ce soit, parce qu'ils ont remarqué après un certain nombre d'essais qu'ils ne peuvent pas avaler leur salive. Il peut suffire, pour les rassurer, de leur démontrer qu'à l'état normal la déglutition ne peut pas se faire à vide (1). Les négateurs, qui refusent la nourriture parce qu'ils se prétendent indignes de vivre, arrivent quelquefois à s'alimenter suffisamment si on a soin de laisser à leur portée des vivres qu'ils peuvent prendre pour ainsi dire à la dérobée ; les hystériques, les déments peuvent en faire autant; mais cette alimentation irrégulière est en général insuffisante et il faut recourir à l'alimentation forcée. On doit d'autant
(i) Habershon, On Ihe pathology of Ihe pneumogastric nerve. 2« éd. 1885, p. 38.
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moins reculer devant cette mesure, que Talimentation surabondante est une des premières indications dans la plupart des maladies mentales.
L'alimentation forcée doit toujours être dirigée par un médecin, mais les infirmiers doivent en connaître assez bien les règles pour lui prêter un concours efficace. Comme à toutes les mesures de contrainte, on ne doit y recourir que lorsqu'on est en force pour réussir : ce n'est que lorsqu'ils se sentent soumis à une loi inéluctable que les aliénés se décident à céder. La manœuvré ne doit commencer que lorsqu'on est sûr qu'elle peut s'exécuter sans violence et avec une sécurité absolue.
Plusieurs procédés sont mis en usage pour l'alimentation forcée. Celui qui consiste à obliger le malade à se laisser introduire des aliments dans la bouche, en lui tenant le nez, est fort infidèle. Il est facile de se rendre compte que la déglutition est fort difficile et désagréable, lorsque les narines sont complètement oblitérées. Le malade soumis à cette introduction forcée résistera nécessairement, et réussira à rejeter la plus grande partie des aliments.
aldiejntation forcée 44^1
Le procédé d'Anderson Moxey, qui consiste à introduire les aliments liquides par les narines à l'aide d'un petit entonnoir sans l'intermédiaire d'une sonde, présente de nombreux inconvénients; sans compter qu'il est inefficace chez les sujets bien déterminés à rejeter par la bouche les aliments introduits, il risque de produire des lésions directes du nez, de l'arrière-gorge, d'introduire des parcelles alimentaires dans Tarrière-cavité des fosses nasales ou dans les voies aériennes.
On se sert généralement de la sonde œsophagienne que l'on introduit de préférence par les narines soit par l'une, soit par l'autre, suivant qu'elles sont plus ou moins perméables. Lorsqu'il existe un obstacle infranchissable, on est réduit à introduire la sonde par la bouche; il faut alors la protéger en plaçant entre les dents un coin de bois tendre qui empêche le patient de la mordre. Il faut avoir soin que les aliments à introduire soient convenablement délayés, de façon à ne pas oblitérer les orifices de la sonde, et ne soient pas à une température trop élevée; ils peuvent être introduits soit à l'aide d'un entonnoir, soit à l'aide
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d'une seringue ou d'une pompe stomacale. Il faut trois gardes au moins pour pouvoir introduire avec sécurité la sonde stomacale ; le malade étant assis sur un lit ou sur un fauteuil, un aide maintient la tête dans une position fixe, et les deux autres maintiennent chacun un bras et une jambe.
Parmi les malades qui méritent quelques précautions spéciales, il faut encore citer les paralytiques généraux. Ces malades, en effet, avant d'être déments, présentent souvent des alternatives d'excitation et de dépression, des impulsions sans motif appréciable, s'échappent au moment où on s'y attend le moins; et ils offrent des troubles somatiques tout aussi variés : tantôt alertes, vigoureux, tantôt courbaturés, ne tenant plus sur leurs jambes. Il faut tenir compte de cette variabilité de leur état physique dans les exercices qu'on leur impose. Il faut retenir en outre que ces malades sont sujets à des accidents paroxystiques, attaques épileptiformes ou apoplectiformes, qui sont particulièrement déterminées par certaines excitations, l'exposition à la chaleur excessive du
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soleil, par exemple, les chocs de toute nature. Dans le cas d'attaques de ce genre, il faut coucher le malade, la tête un peu élevée, et provoquer un appel du sang vers les extrémités inférieures, par l'application de sinapismes ; il est bon aussi de vider l'intestin par un lavement purgatif.
Les malades qui sont sujets à des attaques épileptiques doivent être l'objet d'une surveillance particulière. On ne doit pas les laisser séjourner dans des endroits où ils pourraient être exposés à tomber dans le feu ou dans l'eau ; on doit éviter de les laisser circuler dans les endroits élevés d'où les chutes seraient particulièrement dangereuses. Il faut leur interdire certains exercices comme Féquitation, Fescrime. Il faut retenir qu'en général tous les exercices violents, comme toutes les émotions, les excitations immodérées, sont capables dé déterminer des attaques; la fatigue sous toutes ses formes peut amener le même résultat.
Un grand nombre de ces malades sont avertis de leurs attaques par des sensations spéciales ou
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même par des troubles appréciables pour les personnes qui les entourent. Tantôt ce sont des secousses musculaires, tantôt ce sont des bâillements, une inquiétude particulière, une agitation inaccoutumée. 11 faut alors se tenir en garde et tâcher de faire placer le malade dans une situation telle qu'il ne se blesse pas dans la chute que Ton prévoit. Quelques malades savent parfaitement que leur attaque est suspendue par certaines manœuvres, comme la torsion d'un membre, la constriction avec un lien circulaire, etc., par une excitation de la peau à l'aide de l'eau froide ; d'autres arrêtent leur attaque en avalant un verre d'eau, etc. Lorsque l'on connaît ces particularités, il faut à la moindre alerte venir au secours du malade et l'aider à accomplir la manœuvre salutaire quelle qu'elle soit. Quant aux autres procédés de suspension, on ne doit y avoir recours que sur un avis du médecin.
Les mesures à prendre contre l'accès d'épilepsie sont surtout des mesures de préservation, ayant pour but d'éviter les blessures et les suffocations.
Lorsqu'on est prévenu de la chute par la pâleur