SUICIDE
dus de vue un seul instant, ni de jour, ni de nuit; ces malades sont capables de se pendre à une chaise avec un débris de vêtement, de s'enfoncer une épingle dans les vaisseaux, de s'asphyxier au besoin dans une cuvette. Ces malades peuvent trouver dans le feu un moyen de vengeance, une arme homicide ou suicide, il faut donc éviter avec le plus grand soin de laisser aucune substance inflammable à leur portée.
Il faut se rappeler que les mélancoliques en général sont plus déprimés à la fm de la nuit et le matin, et que c'est à cette période de la journée que les idées de suicide se manifestent avec le plus d'intensité. Il faut que la surveillance redouble alors. Il est bon de faire prendre à ces malades dès le réveil un aliment quelconque, une tasse de lait ou de café (1).
Les malades en démence doivent être l'objet d'une surveillance et de soins spéciaux. Ces malades ont en effet des alternatives de tranquillité
(1) Handbook for the instruction of the attendants on the insane (prepared by a suh-committee of the medico-psychological association) y 1885, p. 52.
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et d'excitation. Dans les accès d'excitation, ils peuvent se livrer à des actes dangereux pour euxmêmes et pour les autres, commettre des attentats aux mœurs, etc. En outre, ils présentent souvent des troubles somatiques, leur sommeil est mauvais, ils s'agitent sans cesse dans leur lit; leur nutrition étant défectueuse, il en résulte souvent des lésions de la peau au niveau des parties saillantes, particulièrement au sacrum. Quelquefois il se produit des ulcérations, des gangrènes superficielles ou profondes qui ont peu de tendance à la guérison si le malade ne peut pas quitter le lit. Pour prévenir ces ulcérations, il est indispensable de tenir le malade dans la plus grande jiropreté, de lui faire des lotions astringentes et toniques sur les parties les plus exposées à ces lésions ulcéreuses ; les lotions avec le vin aromatique, l'eau blanche, les solutions boriques rendent de grands services. Les organes génitaux, très sujets à être souillés, doivent être l'objet des mêmes soins. La peau doit être tenue sèche autant que possible au moyen de poudres inertes. Mais par-dessus tout, il faut veiller à ce que les déments soient le moins pos-
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sible souillés par leurs excréments. La difficulté est souvent grande parce qu'ils ne sont pas capables de retenir leurs matières solides ou liquides. Toutefois avec certaines précautions, on peut dans un bon nombre de cas, éviter les accidents. Il est bon de leur présenter les vases à des heures fixes, et plus ou moins fréquemment, suivant leur résistance. Dans quelques asiles on a l'habitude de donner chaque soir un lavement à la même heure aux malades gâteux pour éviter les accidents nocturnes. Ce moyen préventif réussit quelquefois et mérite d'être tenté. Les urines ne peuvent guère être l'objet d'une mesure analogue : le cathétérisme bien fait avec des sondes molles et soigneusement désinfectées peut être complètement inoffensif, mais il réussit rarement à éviter les évacuations involontaires.
Les malades paralytiques doivent être de temps en temps changés de position pour éviter les compressions prolongées. Chez eux il faut surveiller les excrétions qui sont souvent difficiles et les provoquer par des lavements et le cathétérisme. Il
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faut noter avec soin rétat desurines, et dès qu'elles ont des caractères de putréfaction ou contiennent du pus, en avertir le médecin pour que des lavages antiseptiques puissent être faits en temps utile.
Lorsque des escharres se sont formées, il faut les panser avec le plus grand soin ; les laver plusieurs fois par jour avec des solutions antiseptiques ou avec le vin aromatique ou d'autres substances légèrement irritantes, et les panser avec des préparations désinfectantes et toniques, de préférence avec des substances pulvérulentes comme Fiodoforme, la poudre de quinquina qui permettent de maintenir les parties à Fabri de Fhumidité ; lorsque la cicatrisation se fait difficilement on peut irriter la surface de l'ulcère par des applications alternatives de froid et de chaud (Brown-Séquard), des applications de substances légèrement caustiques, de liqueur de Labarraque, etc.
Un grand nombre d'aliénés peuvent acidentellement ou d'une manière continue refuser la nourriture : les maniaques, en raison de leur