VI PRÉFACE
le premier et le seul pendant plusieurs années à la défendre. Ce n'est qu'en 1891 que le Conseil général de la Seine a commencé une enquête qui a abouti à l'adoption, dans la séance du 12 juillet 1892, des conclusions du rapport de M. Deschamps invitant l'administration à établir à Dun-sur-Auron (Cher) une première colonie de 100 déments séniles inoffensifs (1). Il fait remarquer qu'il ne s'agit pas en réalité de la fondation d'une colonie d'aliénés puisqu'on doit n'y mettre que des déments séniles, c'est-à-dire des malades qui devraient n'avoir aucun rapport avec les établissements destinés aux aliénés, circonstance qui aurait pu inspirer l'économie d'un médecin aliéniste attaché à la nouvelle institution. Cependant telle qu'elle est faite, l'expérience pourra être instructive à notre point de vue.
Mais l'assistance familiale des ^aliénés ne s'applique pas seulement aux aliénés pauvres. A Gheel, les soins aux aliénés aisés constituent une industrie productive. Or cette assistance des malades aisés paraît capable de servir à entraîner par l'exemple l'assistance des aliénés pauvres. M. Hakin, secrétaire receveur de la colonie de Lierneux, n'a
(1) BulleUii municipal officiel du 3 juillet 1892, p. 1716.