FAMILLE
Le Congrès médical de Lyon en 1865 a été l'occasion d'une discussion sur « la possibilité et la convenance de faire sortir certaines catégories d'aliénés des asiles spéciaux, et de les placer soit dans des exploitations agricoles, soit dans leurs propres familles. » M. Brunet après avoir passé en revue les avantages de ces deux modes d'assistance concluait: « En résumé les asiles doivent être réservés exclusivement aux malades dangereux et à ceux que la nature de la maladie ne permet pas de traiter ailleurs. » Cette conclusion ne pouvait pas être accueillie sans protestation des médecins d'asiles publics ou privés qui l'entendaient, et particulièrement en ce qui concerne l'assistance dans les familles.
Au traitement des aliénés riches ou aisés clans leur propre famille on peut objecter les incon-
120 l'assistance des aliénés dans les familles
vénients de l'absence ou de l'insuffisance des mesures capables de détourner l'aliéné de son délire. L'objection a beaucoup plus de valeur encore lorsqu'il s'agit des malades pauvres.
L'assistance dans leur famille convient surtout aux débiles non éclucables et aux déments.
Dans une famille tarée, l'entourage est nécessairement mauvais. La séquestration à domicile n'est ni un bon moyen de traitement ni un bon moyen d'assistance.
En Italie, l'enquête de 1898 indiquait que la proportion des aliénés placés dans les familles était de 4 p. 100, l'assistance dans la famille des malades n'a pas réussi (Tamburini) ; on est plus satisfait de l'assistance clans les familles étrangères.