‹ Le traitement des aliénés dans les famillesChapitre 4 sur 57 · Esquirol, Traité des maladies mentales, t. II, p · texte numérisé non relu

Esquirol, Traité des maladies mentales, t. II, p

2. Griesinger, Traité des maladies mentales, éd. franc, 1863, p. 524.

peut nécessiter la séquestration, lorsque le malade oppose un refus formel, ou manifeste des tendances telles qu'elles constituent un danger pour lui-même ou pour les autres ; mais il n'y a pas identité entre les deux choses : l'isolement est une mesure d'hygiène intellectuelle et morale, qu'il appartient au médecin de prescrire ; la séquestration est une mesure d'ordre public, et en même temps une atteinte à la liberté individuelle ; elle ne peut être ordonnée que par la justice, qui doit pourvoir à la sécurité du malade et de ses biens. En raison de la nécessité qui s'impose, dans la plupart des cas, cle la protection légale cle l'aliéné et de ses intérêts, l'isolement doit être toujours soumis au contrôle judiciaire.

Dans la pratique, l'isolement et la séquestration se confondent le plus souvent1, parce que la plupart des aliénés sont traités dans des établis-

\. Je ne suis pas peu étonné de trouver consacrée celte confusion entre 1 '« isolement » et la « séquestration » par un auteur très recommandable. Dans un article (Isolement des aliénés, in Dict. encycl. des se. méd., 4e série, t. XVI, 1889, p. 510) M. Ritti, s'exprime ainsi : « L'isolement ou la séquestration, le confinement ou bien la collocation, comme on dit en Belgique, est donc essentiellement un moyen thérapeutique. »

sements fermés, dans lesquels ils sont maintenus sous une surveillance permanente, soumis à une discipline généralement uniforme. La séquestration pour elle-même s'est vu attribuer un rôle excessif dans le traitement des maladies mentales. Ce n'est pas que des médecins éclairés n'aient protesté contre les abus de la séquestration.

Daquin 1 disait déjà : « Je suis si éloigné de penser que Ton doit contraindre les fous que je crois même qu'on ne devrait pas les renfermer Je suis intimement persuadé qu'il y a

plusieurs fous qui le sont devenus parce qu'on

les a d'abord et trop tôt enfermés On doit

les tenir enfermés le moins possible, etc. ».

Lasègue jugeait cette tendance en disant plaisamment que « le fonctionnaire le plus important d'un asile d'aliénés, c'est le portier » . Quand on a vu les asiles d'Ecosse où les murs font quelquefois complètement défaut et sont remplacés par des clôtures à peine suffisantes pour retenir le bétail, on peut penser que si « les murs de l'asile sont déjà à eux seuls, comme

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