Hilton. Resl and Pain. 4e éd. London
12 l'assistance des aliénés dans les familles
La réforme du régime des aliénés qui s'est opérée à la fin du siècle dernier, a eu pour but principal de constituer pour ces malades, alors en butte aux mauvais traitements et à la moquerie publique, des asiles, où on se préoccupa surtout de leur sécurité et des soins hygiéniques qui leur convenaient. Les philanthropes qui ont suivi la voie tracée parPinel, par W. Tuke, par Daquin, par Chiarugi, ont surtout cherché à multiplier le nombre des assistés et à améliorer les conditions de l'assistance. Ces améliorations successives sont même arrivées dans ces dernières années à un véritable luxe ; les aliénés trouvent dans certains asiles un confortable disproportionné à leur situation antérieure et à celle qu'ils retrouveront à leur sortie. Ce luxe des asiles en est venu à un tel point dans certains pays, qu'on peut se demander si les philanthropes qui ont présidé à leur installation, aux frais des contribuables bien entendu, ne se sont pas plus préoccupés de l'éventualité de leur propre séquestration que du bien-être des pauvres diables qui n'y peuvent rien comprendre. Si les établissements destinés à recevoir les aliénés prennent souvent l'aspect de
palais, ils n'en méritent pas moins de conserver le nom d'asiles, car on fait bien peu de chose pour les transformer en hôpitaux, c'est-à-dire en établissements destinés au traitement et non simplement à la protection. Le peu de soin que l'on a pris du développement scientifique des asiles et du personnel qui leur est attaché peut rendre compte du peu de progrès faits par la médecine mentale à notre époque, comparativement à ceux de la médecine générale et de la chirurgie. La tendance qui s'accentue, de charger les médecins des attributions administratives, ne me paraît pas présager de prochains et rapides progrès1.
Un comité du ce London County Council » a proposé de placer des aliénés dans un hôpital spécial, où ils seraient confiés aux soins des médecins et chirurgiens des hôpitaux ordinaires. Cette proposition qui aurait pour but de perfectionner la connaissance des maladies mentales et leur traitement a soulevé les protestations de l'Association médico-psychologique anglaise2.
1. Ce système appliqué en Angleterre motive des observaiionsfortjustesdeM.B.Tuke (Nineleenth Century ; April 1889.)