OBSERVATION II
Un homme de vingt-six ans, dont les accidents d’ostéomyélite avaient débuté douze ans auparavant, présentait à la suite d’un large évidement du tibia droit pratiqué en
décembre 1908 une cavité osseuse de 8 centimètres de
longueur. Cette cavité fut désinfectée pendant trois
semaines par la teinture d'iode et les pansements à la gaze iodoformée. Nélaton détacha et aviva la peau sur tout le pourtour de la cavité osseuseet cureta légèrement les bourgeons charnus. il tailla ensuite sur la face postérointerne de la jambe gauche un lambeau de 15 centimètres de long sur 4 de large. Ce lamibeau fut appliqué
sur la cavité tibiale droite, puis la peau du lambeau
suturée à la peau du pourtour de l’excavation. Quinze
jours plus tard, ce lambeau: fut détaché, le malade
guéri.
M. Kirmisson à la suite de cette communication fait remarquer que cette méthode ne peut convenir qu’à des cavités bien circonscerites et de petites dimensions. Pour des cavités plus étendues, il préfère la méthode de Mosetig-Moorhof. Nous
croyons que cette méthode ne saurait être très ‘recommandée, elle ne peut donner de vraiment . beaux résultats que pratiquée minutieusement sui-
dont Vue vant les préceptes deson inventeur, et cette pratique est alors extrêmement compliquée, elle. demande une instrumentation et une assez grande éducation de chirurgie osseuse.
Nous avons connaissance d’un assez grand nombre de tentatives d’applications de cette méthode faites à Paris et n’ayant donné que de médiocres résultats ; dans la très grosse majorité des cas, il ya eu élimination de la pâte ; c’est du reste aussi l’avis de M. Kirmisson (Académie de Médecine, séance du22 mars 1910).
Nous croyons qu’en revanche, la méthode de Beck peut donner de forts bons résultats ; les observations d’ostéomyélites traitées par cette méthode se multiplient de plus en plus, nous en citerons trois, la première a été publiée en résumé dans un article récemment paru dans la Gazette des Hôpitaux (Gaz. des Hôp., 4 juin 1910, no 65. Emile Girou, La pâte bismuthée de Beck, quelques résultats pratiques) ; les deux autres sont absolument inédites etnous ontété communiquées par le Dr Girou, chirurgien en chef de l’hospice d’Aurillac.