OBSERVATION V
Ostéomyélite du fémur. — Résection. — Pâte de Beck. Guérison. Fr
G... Françoise, dix-huit ans. Souffre depuis trois ans de l'extrémité inférieure de la cuisse gauche, fistuleuse depuis deux ans et demi.
: Elle entre:à l'hôpital d'Aurillac complètement apyrétique, avec une extrémité inférieure du fémur augmentée de volume et deux fistules, l’une sur la face interne, un
peu au-dessus du condyle interne, l'autre externe un peu
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plus haut placée. Le stylet pénètre plus facilement sur l’o dénudé par la face externe.
4 juillet. — Incision partie de la fistule externe le long du tendon du fascia-lata. Large résection à la gouge etau maillet de l’os de néoformation. Ouverture d’une cavité osseuse d’où estextrait un séquestre comprenant à la partiemoyenne toute l'épaisseur de la diaphyse, s’effilant aux deux extrémités et long de 11 centimètres.
Curetage, lavage à l’eau bouillie, chaude, à l’eau oxygénée et drainage avec une compresse.
Le 5 juillet, l’apyrexie continue, mais le pansement doit être renouvelé le 6 à cause de l'abondance de l'écoulement.
Les pansements sont faits tous les trois jours, la plaie est lavée et bourrée de gaze iodoformée.
La cavité osseuse ne diminue pas de volume et la malade souffre continuellement. |
11 août. — Injection de pâte de Beck n° 2.Les douleurs se calment immédiatement. La malade dit n'avoir connu | d'amélioration qu'à partir dé cette injection qu’elle redou- |tait.
18 août. — L'écoulement est encore abondant, mais bien moindre qu’antérieurement.
| En trois jours, élimination d’une partie de la pâte.
12 septembre. — Toute la plaie profonde paraît cicatrisée. Il reste une plaie superficielle avec orifice communiquant avec la profondeur.
26 septembre. — La plaie superficielle est au même . niveau que les téguments voisins et suppure très peu.
5 octobre. — La plaie superficielle est réduite aux di-
mensions de x centimètre sur 2 environ. Le membre ést
complètement indolore.
À ces beaux résultats, on pourrait objecter que la pâte de Beck n’est pas sans inconvénient, puisque plusieurs auteurs ont pu citer des cas d'intoxication bismuthée dont certains ont même été mortels. Il y a eu également un cas d’embolie mortelle consécutif à l'emploi de la pâte n° >, dans une coxalgie multi-fistuleuse accompagnée d’oscillations thermiques (Gaz. des H6p., ibidem); mais nous croyons que cette méthode mieux réglée, selon les précautions recommandées par les frères Beck, ne saurait avoir de gros inconvénients. Pour la pâte bismuthée comme pour beaucoup de médicaments, il y a en effet une dose à ne pas dépasser, on ne saurait injecter impunément plus de 100 grammes de ce mélange dans une cavité pathologique, mais on peut aussi diminuer les dangers, non seulement en ne dépassant pas une certaine dose de mélange (100 gr.), mais aussi en employant de préférence la pâte n° r. Beck, dans un article paru dans le Surgery, Gynecology and Obstetrics (t. IX, n°», avril 1909, p. 255-258), insiste beaucoup sur ce point. D’autre part, le cas d’embolie mortelle que nous signalions tout à l’heure eût été évité, croit E. Girou, si l’on avait employé la pâte n 1 et non la pâle n° 2 qui contient cire blanche et paraffine. On sait, en effet, que les injections de paraf-
fine dans les opérations plastiques sur le nez ont pu causer aussi des embolies ; il faut d’autre part éviter les injections chez un malade très infecté et par là, plus sujet à faire des accidents.
On parera aux accidents d’ intoxication en surveillant les malades très attentivement les jours qui suivent l'injection ; dès qu'apparaîtra lepremier signe d'intoxication, Beck recommande (Centralblat für Chirurgie, 23 avril 1909, n° 7) d’injecter dans la cavité de l'huile d'olives stérilisée et très chaude qu’on laisse vingt-quatre heures en place, puis on exprime l’'émulsion ainsi formée; il est important de ne pas enlever la pâte à la curette, car on ouvrirait ainsi de nouvelles voies d'absorption; après enlèvement de la pâte, les signes d’intoxication disparaissent ; il ne faut pas s'inquiéter dans ce cas de la teinte bleutée des gencives qui existe dans 22 0/0 des cas.
Notons encore que sans autre intervention que. l’injection de pâte de Beck dans une cavité assez peu septique, on alténue considérablement le symptôme douleur ; notre observation V en est un bel exemple.
Nous insisterons avant de terminer cette étude critique de la méthode de Beck en disant qu’en ouire de ses autres avantages, elle présente celui d’être facilement applicable, de pouvoir être utilisée par tous les praticiens ayant quelque éducation de petite chirurgie, et de ne pas nécessiter une installation chirurgicale.
A ct: à