III. — Etude des observations
Au total, nous avons traité 5 bubons ouverts el 7 bubons fermés. De l'étude de ces observations,se dégagent quelques notions générales sur l’action de la protéinothérapie locale.
1° Les bubons fermés subissent souvent au lendemain de la première injection une légère poussée inflammiatoire lemporaire. Mais cette réaction qui entraine un accroissement de volume du bubon, une augmentation de la rougeur, ne provoque guère de douleurs et son intensité reste moyenne. L'ouverture à la peau s'est
Ex DUC
produite chez 5 malades sur 7, au bout d’un temps variable (2 à 7 jours).Elle était en voie de se faire chez un autre (n° 11) lorsque nous avons dû interrompre le traitement. Un seul malade à guéri sans fistulisalion.
Mais nous ne pouvons considérer celle éventualité comme une complication ; l'absence constante de chancrellisation de la fistule, la rapidité de la guérison sous l'influence de l'injection de crème peptonée, nous portent à penser que c’est un événement plutôt favorable. Bien loin de redouter cet incident, nous nous demandons actuellement s'il ne vaudrait pas mieux ouvrir d'emblée la collection en la ponctionnant en plein cen tre avec un large trocart, pour pouvoir v injecter ausslitôt de la crème peptonée. Ce serait en somme revenir à la classique méthode de Fontan, dont l'emploi encore courant prouve l'excellence. Mais la crème peptonee semble agir beaucoup plus vite que la vaseline iodoformée sur laquelle elle possède encore un autre avanlage : l'absence d'odeur.
Quoiqu'il en soit, la guérison des bubons fermés a été oblenue en un laps de temps variant de 10 à 20 jours. C'est le même délai que pour les cas qui réagissent le plus favorablement aux autres méthodes.
2° Les bubons ouverts spontanément, ou déjà incisés, guérissent sans jamais présenter de poussée inflammatoire. La rapidité de leur guérison, beaucoup plus grande que celle des bubons fermés, dépend de l’ancienneté de leur ouverture. Il est à noter d’ailleurs qu'aucun de ces bubons n'avait tendance à guérir lorsque nous avons entrepris leur (traitement.
RTS
Pour 5 bubons ouverts la guérison a demandé respeclivement :
3 jours : obs. n° 4 où la fistulisation datait de 5 mois.
9 jours : obs. n° 3 où la fistulisation remontait à
1 mois.
10 jours : obs. n° 7 où l’incision avait été faite 1 mois avant.
15 jours : obs. n° 8 où la fistule existail depuis 15 Jours.
25 jours : obs. n° 10 où le bubon avait été ponclionné 9 jours auparavant.
Notons d'ailleurs que dans ce dernier cas existait une chancrellisation de l'orifice. Malgré cette complication, facteur habituel d’une évolution encore plus lente, l’action de la protéinothérapie locale n’a pas élé moins eficace.
3° La rapidité de la guérison est incontestablement accrue, du fait des injections préalables du vaccin de Nicolle. La guérison des bubons ainsi préparés a été assurée en 3 à 12 jours, alors que #2 jours constituent ie Minimum d'évolution dans les cas contraires. Même là où a échoué la vaccinothérapie, il semble qu’elle ait déterminé un état favorable de sensibilité protéinique. Nous regrettons d’ailleurs de ne pas en avoir apprécié le degré au moyen d’intra-dermo-réactions à la peptone.
4° En somme, plus est ancien le foyer intectieüx, plus est marqué l'état de sensibilisation, plus sera rapide la guérison.Nous retrouvons là les conditions exigées pour le succès des différentes vaccinothérapies.C’est l’un des
points qui apparentent la méthode aux médications bactériennes communément employées.
C'est à une constatation analogue qu'aboutissent les recherches récentes de M. le Professeur Teissier, de Reilly el Rivalier, de Hudelo et Garnier sur la vaccinothérapie et la protéinothérapie générale du chancre simple et de son bubon.
9° Enfin sur nos 12 cas, nous ne rencontrons qu'une vérilable complication : un érythème généralisé d'origine médicamenteuse probable qui apparait au 9% jour du traitement (obs. n° [1)et s'cfface en quelques jours.
Un seul malade a présenté des signes de réaction générale ; transiloires et effacés, ils sont restés tout à fait contingents. La guérison n'a pas été plus rapide chez lui (obs. 12). L'effet {thérapeutique de la méthode ne se mesure pas à l'intensité des réactions générales qu'elle ne détermine d’ailleurs que tout à fait exceplionnellement.
Nous avons suflisanmment insisté sur les fistulisations au cours du traitement pour avoir besoin d'y revenir : soulignons seulement le fait, que jamais nous n'avons observé la chancrellisation de l’orifice produit dans ces conditions.
RARE Avantages de la méthode
Ainsi la proléinothérapie locale nous semble avantageuse à plus d’un point de vue. Si, chez tel sujet robuste on peut d'emblée et sans crainte provoquer les effets hautement fébriles de la vaccinothérapie ou de la protéinothérapie générale, chez tel autre dont on