‹ Le Traitement des Collections Purulentes: Protéinothérapie LocaleChapitre 17 sur 35 · PAR ES · texte numérisé non relu

PAR ES

soupçonne une {are latente,'on hésite à le faire : on connaît les accidents qui peuvent en résulter. M.Sézary a rapporté avec Benoist en 1927, l'observation d’une poussée aiguë de tuberculose pulmonaire survenue dans ces conditions, et avec Worms en 1928 celle d’une néphrite aiguë hémorragique.

C'est alors que la protéinothérapie générale trouve son indication majeure et la guérison ne sera ni plus lente, ni moins satisfaisante. Enfin si par hasard, on enregistre un échec de la vaccinothérapie générale, nos observations prouvent avec quelle rapidité on peut y pallier. La méthode de Nicolle et celle que nous proposons, loin de s’opposer ne font que se compléter. Mais nos résultats prouvent que chancre et bubon peuvent guérir sous la seule influence d’un traitement local, en des délais normaux. ;

Nous ne prétendons d’ailleurs nullement à la constance du sûccès thérapeutique.

Dans les 12 observations que nous présentons 10 nous sont personnelles. Les 2 premières sont antérieures à notre arrivée dans le service. D’autres cas dont nous n'avons pas retrouvé les observations ont été trailés de la même façon et notre maître M. Sézary conserve en particulier le souvenir de deux échecs: Mais à ce moment la solulion de peptone employée était d’un faible taux de concentration : 2 %, et la lechnique des injections n’éfail pas précisée avec la rigueur nécessaire,

ie BARTHOLINITES

Il nous faut, avant d'exposer nos résultats, rappeler l’évolution habituelle des bartholinites. Aiguës, ce sont de véritables phlegmons de la grande lèvre qu'il faut inciser au plus tôt sous peine d’une fistulisation qui aboutit à une interminable suppuration.

Les formes chroniques s’observent parfois d'emblée : la glande est tuméfiée et subit des poussées inflammatoires intermittentes, surtout au moment des règles.

Quant au traitement, d'après tous les gynécologues, il doit être uniquement chirürgical, et consister en une extirpation complète de la glande, après dissection minutieuse. S'il s'agit d'une forme aiguë, l'opération est faite en deux temps : on incise d’abord la collection, et l’on n’excise la glande que lors de la disparition de tout phénomène inflammatoire. La guérison n’est obtenue qu’au bout de plusieurs semaines, et au prix d’une cicatrice qui déforme la lèvre.

Nos résultats prouvent cependant que l’on peut guérir avec autant de rapidité que de simplicité foules les formes de bartholinites par la seule protéinothérapie locale.

|. — Technique

Nous distinguons deux cas : bartholinites fermées, bartholinites à large drainage. La technique de l'injecion de crème peplonée dans les bartholinites se drainant largement soit par un canal glandulaire anormalement dilaté, soit à la suite d’une fistulisation ou d’une

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incision chirurgicale, ne comporte aucune difficulté. Nous n'insistons donc que sur le mode opératoire au cas de bartholinite fermée.

1° Préparation de la maiade. — [a malade est installée Sur une table gynécologique après avoir été rasée. La vulve est nettoyée, la lèvre à ponctionner aseptisée avec de l'alcool ou de l’éther.

2° Choix du lieu de ponction, —— [Le lieu d'élection de la ponction est le bord antérieur de la lèvre, à l’union de Sa partie muqueuse et de sa partie cutanée dans la moitié supérieure. Dans le cas où la pression de la glande fait sourdre du pus à son orifice, et si celuici est facile à découvrir, on pourra en pratiquer le cathétérisme. Ce sont là les seules voies d’abord que nous conseillons. Une ponction trop basse peut provoquer la fistulisation, de même qu'une ponction de la face interne, loujours souillée par les sécrétions vaginales. La ponction de la face externe peut être justiciable d'hémorragie par blessure des plexus veineux.

3° Pratique de la ponction. — On se Servira d’une aiguille de 3 em. de longueur, du calibre de 12/10 et à biseau long, montée sur une seringue de Capacité quelconque.

La glande fixée entre deux doigts de la main gauche qui l'appuient sur les plans profonds est ponctionnée d’un coup sec en suivant une direction oblique en bas et en dedans. Le pus est évacué, et l'injection d'eau peptonée poussée lentement pour éviter la douleur à la

distension de la glande. Lorsqu'on a retiré laiguillé, on comprime un instant l'orifice avec un tampon de coton imbibé d'alcool. On recouvre la lèvre d’une compresse stérile qu'on maintient avec un bandage en T.

45 Soins complémentaires. — L'une des premières conditions du succès est d'obtenir le traitement régulier de la blennorrhagie aiguë ou chronique qui a provoqué la bartholinile. C’est là le complément indispensable de la protéinothérapie locale : ne guérissent vite et bien que les malades traitées parallèlement en urologie. En labsence d’injections. vaginales quotidiennes, les sécrétions ensemencent sans cesse les canaux glandulaires, la bartholinite se reproduit, et le traitement local échoue.

L'inmmobilisation est loin d'être nécessaire. Tout au plus aura-t on à conseiller aux malades de modérer leurs fatigues habituelles. La plupart de nos patientes sont venues se faire soigner à notre consultation ; elles

n'ont pas guéri moins vite que celles dont nous avions-

prononcé l'admission dans le service pour des raisons d'ordre plutôt social que thérapeutique, et qui d'ailleurs n’ont été hospitalisées que quelques jours à peine.

Il. — Observations

Obs. 1. — Brr... 22 ans, consulte le 2S octobre pour:

1° Bartholinite droite de la taille d'une noix, très douloureuse; datant de 3 jours ;

2° Bartholinite gauche inecisée le 15 octobre et suppurant encore.

La bartholinite gauche est traitée par des injections quoti-

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diennes de crème peplonée à 10 °;, En cinq jours, tout est

rentré dans l'ordre, la plaie opératoire cicatrisée.

La bartholinite droite est traitée par des injections d'eau peptonée à 10 %.

28 octobre : Après évacuation de 8 cc. de pus vert épais, on injecte # ce, d'eau peptonée à 10 %. La douleur cède 2 heurés après l'injection.

31 UE : La tuméfaction a diminué de moitié. On retire # cc. de pus, et on injecte 3 cc d'eau peptonée.

3 novembre: Le volume de la collection a peu diminué. On ne retire qu'un peu de Sang par ponction. On injecte 2 ce. d'eau peptonée.

4 novembre: La tuméfaction a régressé de volume. Cette régression continue graduellement.

La glande devient plus dure, plus libreuse.

7 novembre : tout a disparu.

EN RÉSUMÉ : Bartholinile aiguë droite traitée par

injections d’eau peplonée à 10 % et guérissant en dix jours après 3 injections. Bartholinite gauche incisée depuis 13 jours, suppurant largement, et guérissant en cinq jours après instillations de crème peplonée.

Obs. 2. — Pou.., 25 ane. Bartholinite droite de Ja taille d'un demi-œuf, évoluant depuis 2 mois avec alternatives de gonflement et d'affaissement. La poussée actuelle date de 10 jours. Pas de fièvre, pas d'évacuation de pus à la pression.

12 novembre: On retire par ponction 10 cc. de pus puis on injecte 5 cc. d’eau peptonée à 10 ‘:

13 novembre: La tuméfaction a Am de moitié. On

- retire 7 cc. de pus rougeâtre et on injecte 4 ce. d'eau pep-

tonée. !

18 novembre : Il n'existe plus qu'un nodule dur fibreux

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