COLLECTIONS DIVERSES
|. — Observations Obs. 1. — ABCÈES DE LA FOSSE ISCHIO-RECTALE.
Bonn... 29 ans. — Volumineux abcès de la fosse ischio-
rectale droite qui date de #4 jours et rend la marche impossible. Fièvre à 38°5. Ce diagnostic chirurgical a été confirmé par notre collègue et ami Funck-Brentano, interne de M. le professeur Lecène.
10 avril : On ponctionne la collection au point le plus sail
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lant. On évacue 15 ce. de pus et on injecte 5 ce. d’eau peptonée à 20 %.
11 avril : Fièvre 378 La collection s'est fistulisée par un très petit orifice de la taille d’une tête d'épingle à la région périnéale, à distance de l’orificede ponction qui a les dimensions de l'embout de la seringue. On évacue par aspiration
.10 ce. de pus et on injecte 3cc. de crème peptonée à 20 AE
12 avril : La température est normale, la douleur a disparu le placard inflammatoire qui s'étendait de l'anus à la lèvre droite et à la partie moyenne de la cuisse n’est plus que de la largeur d'une paume. Il est beaucoup moins rouge.
On évacue 6 ce. de pus, on lave Ha cavité à l'eau peptonée et on injecte 6 cc. de crème peptonée.
La malade marche normalement, va et vient dans le service.
13 et 14 avril : Même traitement.
15 avril: Le placard est large comme une pièce de 5 francs. Par l'orifice de fistulation on obtient à la pression une goutte de sérosité. Lavage à l'eau peptonée, injection de crème 3 ce. La malade quitte le service.
16 avril : Le placard est large comme une pièce de 2 fr. La pression ne provoque l'issue d'aucun liquide. Les orifices de ponction et de fistulisation ont gardé leurs dimensions premières. Même traitement.
17 avril : Toute rougeur à disparu Même traitement.
18 avril : Placard induré de la taille d'un franc, l'orifice de fistulisation est fermé. Par l'orifice de ponction, on injecte 2 ce. de crème peptonée.
26 avril : On sent une petite induration de la taille d'une pièce de 0 fr. 50. L'orifice de ponction n'est pas tout à fait refermé, la pression n’en fait sortir ni pus, ni sérosité.
Revue le 21 mai: Après 5 séances de rayons ultra-violets, disparition complète de toute induration. Deux minuscules dépressions signalent le lieu de ponction et le lieu de fistulisation.
Ex résumé : Abcës de la fesse ischio-rectale qui guérit en 16 jours. Dès le 2° jour du traitement, la malade a pu marcher, le 5* elle reprenait sa vie normale. Elle a guéri sans garder d’autres traces de son a bcès que 2 minuscules petites dépressions des téguments de la région périnéale qui correspondent aux orifices de ponction et de fistulisation.
Enfin nous insistons sur le fait que le traitement a été instilué au moment des règles, et que le sang a conslamment souillé le pansement sec appliqué sur l’abcès, ce qui ne constitue de conditions favorables qu’à l’infection.
Il nous suffira seulement, pour montrer le bénéfice thérapeutique, d’énoncer le mode de traitement habituel : incision longue d'au moins 10 centimètres pour pouvoir panser à plat, injections sous-cutanées de bouillon de Delbet.
L'immobilisation du malade est, dans les cas les plus favorables, d'au moins un mois et il persiste une cicatrice plus ou moins disgracieuse.
Obs. 2. — ADÉNOPHLEGMON CAROTIDIEN.
BEN. ., 30 ans. Syphilis secondaire. Volumineux adénophlegmon carotidien La moitié gauche du cou est doublée de volume, Un placard inflammatoire s'étend de la région prélaryngée à la ligne médiane en arrière et au creux susclaviculaire en bas. Dans la région carotidienne, maximum de voussure : masse empâtée bosselée.
Malade porteur de cicatrices d'écrouelles multiples, et qui probablement présente une adénite-tuberculeuse réchauftée
12 avril: En raison de l'impossibilité de piquer en peau
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saine à distance du ganglion, on ponctionne au point Îe plus saillant.
On retire 30 ec. de pus vert et on injecte 3 ce. d'eau peptonée à 20°. La douleur disparait dans l'après-midi, de même que Ja Fo
13 avril : On évacue 20 ce. de pus et on injecte 6 ec. d'eau peplonée à 20 %
15 avril :'L Die de ponelion s'est élargi au point d'admettre l’embout de la seringue. Le placard inflammatoire est moins rouge, moins étendu. On évacue par pression environ 20 ce. de pus et on injecte 10 cc de crème peplonée à
16 ne L'orifice garde la même taille, le placard inflammatoire est moins rouge, moins étendu. On évacue par pression 10 cc. de Fi et on injecte 5 ce. de crème peptonée.
17 avril : On évacues cc. de pus et on injecte 3 ce. de crème peptonée.
19 avril : L'orifice est refermé. On ponclionne au même endroit et on évacue 5 cc. de pus. On injecte 2 cc. 1/2 de crème à 20 ©.
23 avril : Le cou à reprisson volume normal, le placard inflammatoire à disparu. La peau, à l'endroit correspondant au ganglion, à un aspect livide. Il n° y a pas d'orifice de fistulisation. On retire par ponction 4 ce. de sérosité claire et on injecte 2 cc. d’eau peptonée à 20 4
25 avril : On ne sent plus qu'une vague tuméfaction profonde dans la région carotidienne.
La peau à repris son aspect normal
Biecue le 10 mai : Aucun empâtement ne persiste.
EN RÉSUMÉ : Adénophlégmon du cou, greflé probablement sur un ganglion tuberculeux, qui guérit en 13 jours sans fistulisation après 7 injections d’eau et de crème peplonée à 20 % pratiquées en plein centre de la tuméfaction.
Le traitement ordinaire de.ces phlegmons consiste en un drainage au séton de crins, intervention à quoi sont associées les injections de bouillon de Delbet. La guérison est rapide dans la plupart des cas. Donc, même si la protéinothérapie locale n’a accéléré la guérison que de peu, le bénéfice est certain, elle a épargné au malade les violentes réactions que provoque le Propidon, ce qui est loin d’être négligeable.
Obs. 3. — ABCÈS CHAUD DE LA RÉGION PUPIENNE.
BEIG.., 32 ans. Abcès qui date de 8 jours. Taille 1/2 œuf.
OŒEdème et rougeur infiltrent la lèvre.
7 mai: En ponctionnant à distance on retire 3 cc. de pus et on injecte 1 cc. 1/2 d'eau peptonée.
9 mai: On retire 3 cc. de pus et injecte 2 cc. eau.
12 mai: L’abcès pubien est plus rouge, plus tendu, mais la lèvre est dégagée. On ponctionne au centre : 3 cc. de pus sont retirés, 2 cc. d’eau sont injectés.
13 mai: Amélioration notable. Zl n'y a pas de trace de notre
ponction de la veille. Par ponction faite au même endroit ; on retire 3 cc. de sérosité sanglante, et injecte 2 cc. d'eau peptonée.
15 mai: La rougeur a presque entièrement disparu. La collection est affaissée complètement. Il n’y a pas de trace des 2 ponctions faites au centre. On ponctionne à distance. On retire 2 cc. de sérosité sanglante très claire, et on injecte 2 ce. d'eau peptonée.
Revue le 20 mai: Tout est rentré dans l’ordre depuis la veille.
EN RÉsuMÉ: Abcès chaud de la région pubienne qui guérit en 12 jours sans fistulisation, malgré 2 ponctions faites en plein centre de la collection. Les considérations:
/ : 5 E auxquelles a donné lieu le cas précédent sont applicables
Obs. 4. — ABcis cHAUD De LA RÉGION PÉRINÉALE ET DE LA BASE DE LA GRANDE LÈVRE GAUCHE.
HERS..., 48 ans. 13 mai: La Collection à la taille d'un * @uf 1/2. La tuméfaction S'élend jusqu'à la partie moyenne de la face interne de la cuisse. Piquant au point le plus saillant on retire par ponction 20 cc. de pus vert rougeâtre eton injecte 4 cc d'eau peplonée à 10 0/,.
La douleur disparait dans l'après-midi el la marche devient normale dès le lendemain.
15 mai: Tout aspect inflammaloire a disparu. Seule Ja base de Ja lèvre et Ja région périnéale à proximité sont infiltrées: onfsent un placard induré. La ponction permet de retirer 4 ce. de sérosité sanglante très fluide. On injecte & cc. d’eau peptonée à 10 9/0.
17 mai: L'induration a beaucoup diminué. La ponction donne issue à 2 cc. de sérosité sanglante très fluide. On injecte 1 ce d'eau péptonée.
20 mai: Guérison com plète. Pas d'induration.
EN RÉSUMÉ : Abcès chaud de la région perinéo-vulvaire, qui guérit en 7 jours sans fistulisation malgré 3 ponctions faites en plein centre de la collection.
Il. — Avantages de la méthode
Il suffit de lire l'observation de notre cas d’abcès de la fosse ischio-rectale pour se rendre compte des avanlages de la protéinothérapie locale sur toute autre méthode de traitement.
Dans les autres observations d’abcès chaud, ou d'adénophlegmon, nos délais de guérison sont au moins aussi
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de, rapides que dans les meilleurs des cas traités. autré-. MNTTHEN ES ÉLUAR protéinothérapie locale a évité à nos malades les réactions excessivement pénibles que provoquent les injections de Propidon chez l'adulte.
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AVANTAGES GÉNÉRAUX rude
Tels sont donc les succes parfois inespérés que peut donner la protéinothérapie locale. | | Il est de mise de n’apprécier qu'avec un prudent scep- 3 4 ticisme les résultats d’une médication, quelque brillants de prime abord qu'ils puissent paraître.
Si l’on connaissait mieux l’évolution des maladies, on parlerait peut-être plus souvent de coïncidence que AE d'action thérapeutique. Nous n’en voulons pour preuve 40 que les récentes observations de grands abcès du pou- £ mon spontanément curables.
Mais il nous semble que nos observations permettent, 1 ji ) sans faire montre d’un excessil enthousiasme, de recon- ds naitre quelque valeur à la méthode que nous préconi-
4 sons. Nous nous sommes adressé pour en faire la preuve, à des affections dont la désespérante lenteur d'évolution à n’est que par trop connue. Et si dans quelques rares cas a 3 # nos tenlalives ont abouti à un échec, nos réussites sont 5 rendues plus intéressantes encore, du fait même de la nature des Suppurations traitées, de leur caractère d’or- 1) dinaire si rebelle à la thérapeutique. Nos résultats sont qi loin d’être constants : comme toute médicalion, la pro-
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léinothérapie locale à ses défaillances. Mais il nous faut encore insister sur le rôle joué dans le succès de la méthode par la nature de la peptone employée.
C'est du jour seulement où nous a élé délivrée une peptone de mauvaise qualité, que nous avons compté des guérisons plus lentes, et quelques insuccès. Nous pensons que la constance de cette thérapeutique ne se serait pas démentie, si la peptone employée eût toujours été d’une purelé aussi irréprochable que lors de nos premiers essais.
Nous avons à propos de chaque série de cas parliculiers, mis en parallèle les résultats des méthodes usuelles tant médicales que chirurgicales, el ceux de la protéinothérapie locale. Nous reproduisons ici notre statistique :
Bubons: 12 cas traités, 11 guérisons, { traitement interrompu.
Bartholinites : 33 cas traités, 26 guérisons, 7 échecs ;
Hidrosadéniles : À cas trailés avec succès :
Collections diverses : 4 cas avec succès :
Notre pourcentage de succès est donc de S7 %.
Les avantages de la méthode sont les suivants : les guérisons sont rapides, et ne-nécessitent pas la producüon de réactions générales, l'intervention sanglante est évilée aux malades et aucune cicatrice ne subsiste après nos injections.
l° Rapidité de la guérison. — Nous avons guéri en moyenne :
Une bartholinite en 5 à 10 jours ;
Un bubon chancrelleux en 10 à 20 jours ;
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Une hidrosadénite en 2 à 5 Jours ;
Un abcès chaud en 8 à 15 Jours.
La rapidité des guérisons est donc ou supérieure, ou égale aux meilleurs de celles obtenus avec d’autres méthodes.
De plus, fait qui n'est pas négligeable, dans presque [ous nos cas le traitement a été ambulatoire : si l’hos-' pitalisalion de certains sujets à été prononcée, elle n’a jamais duré plus de 5 à 6 jours.
Rappelons notre cas d’abcès de la fosse ischio-reclale : la malade à marché dès le 2° jour du traitement, el a repris sa vie normale dès le 5° jour.
=” Absence de réactions générales. — (lez :; malades seulement, (bartholiniles 1 [, 20, 26, 29, bubon 12) nous avons noté une réaction générale, minime d’ailleurs, et tout à fait négligeabre.
Une seule fois (bubon n° 12) nos injections ont déterminé une ascension thermique. Dans tous les autres Cas, Si la fièvre existait avant l'injection, la température est revenue à la normale le jour même ou le lendemain.
C'est donc là un procédé dont l'efficacité et Ja simplicilé se doublent d’une parfaite innocuité : Les réactions hautement fébriles ou douloureuses de la vaccinothérapie ou de la protéinothérapie générale sont épargnées ä l’organisme.
3° Suppression de l'intervention. — Sauf pour les bubons, l'intervention sanglante était jusqu'ici le terme
évolutif nécessaire des suppurations que nous avons traitées. Insignifiante dans les cas d’hidrosadénites, d'abcès chauds superficiels, ou d’adénophlegmons du cou, c'est déjà une véritable opération en cas d'abcès de la fosse ischio-rectale. L'opération est plus délicate encore s’il s'agit de bartholinite. La difficulté de la dis-
section de la glande, l'hémorragie profuse qu’elle dé-
termine, la suppuration plus où moins longue qui iui fait suite, l'ont de tout temps fait considérer comme l'une des plus rebutantes interventions qui soient. Un procédé permettant de l'éviter ne peut donc que recueillir l'approbation des chirurgiens.
En définitive, la protéinothérapie locale des suppurations aiguës circonscrites, épargne aux malades une intervention sanglante plus ou moins importante, el du même coup, leur assure la guérison dans les mêmes délais, sinon plus rapidement.
4° Caractère esthétique de Ia méthode, — C'est le dernier point sur lequel nous insisterons. Quelle que soit la nature de la collection traitée, nos injections ne laissent pas de (races.
Si une fistulisalion se produit, l'orifice en reste toujours très minime et ne laisse à sa place qu'une minuscule pelile dépression de l’épiderme. Il nous semble donc que la méthode est fort avantageuse au point de vue esthétique, si tant est que l’on puisse encore oser écrire ce mot. ‘