MODE D'ACTION
Nous avons cherché à élucider le mode d'action de la protéinothérapie locale.
Tout d'abord la méthode ne se réclame d'aucune spécificité. Non seulement il n'est pas question d'interpréter les résultats par l'action d'antigène et d'anticorps, mais encore la nature du germe en cause est indifférente au succès de la médicalion. Dans les collections trailées, la flore microbienne s’est montrée fort variable.
Dans les bartholinites, nous n'avons trouvé que deux fois le gonocoque d’ailleurs associé à d’autres germes, nettement prédominants en nombre. Presque toujours nous avons observé l'association de staphylocoques el de colibacilles, quelquefois de streptocoques.
Dans les abcès chauds nous avons toujours mis en évidence le staphylocoque, de même que dans les hidrosadénites et l’adénophlegmon du cou.
Dans les bubons nous n’avons jamais trouvé de streptobacille.
11 nous est très difficile d'expliquer le mécanisme par lequel agit la protéinothérapie locale. Aussi nous bornerons-nous à exposer les faits constatés sans les inléThreler
Employant de la peptone, nous devions songer à
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l'existence d’un choc protéique possible : 5 de nos malades ont présenté des phénomènes qui ne nous semblent imputables qu’à celui-ci. La céphalée survenant quelque temps après l'injection, le malaise immédiat, la pâleur ou la vultuosité de la face avec injection des conjonctives, l'impression de gonflement laryngé, voilà bien des symptômes classiquement décrits dans le choc protéique.
Nous avons cherché dans dix cas si lon ne pouvait après les injections, mettre en évidence les signes d’un déséquilibre humoral, d'une crise hémoclasique latente. Chez ces dix malades, porteurs de diverses suppuralions, en l'absence de tout signe clinique, nous avons constalé une leucopénie immédiate. Nos numérations ont élé faites toutes les vingt minutes pendant deux heures. La leucopénie s'observe dès le premier examen en cas d'injection d’eau peptonée, au deuxième ou troisième seulement lorsqu'il s’agit d'injection de crème peptonée. Elle s'est toujours montrée valable : diminunution au moins de moitié du nombre des leucocytes.
A la fin de la 2° heure, elle existait encore. Il nous semble donc logique de penser que l'injection locale de peplone provoque une crise vasculo-sanguine latente. Des particules de la solution ont dù pénétrer dans un vaisseau sanguin, chez les 5 malades précités el provoquer ainsi un choc protéique à manifestation clinique. Rappelons combien il a été effacé dans son allure.
Localement, l'injection d’eau peptonée dans une collection fermée, détermine de façon inconstante une poussée inflammatoire d’ailleurs légère et temporaire au
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début du traitement. Nous l'avons notée souvent dans les bubons ; elle a consisté en un accroissement de volume de la collection, une augmentation de la rougeur locale. ;
L’intensité de celle réaction a donc toujours élé très Moyenne : jamais elle n'a acquis les proportions considérables de celles qu'engendre dans un abcès froid une injection modificatrice quelconque, et en particulier elle s’est toujours montrée fort peu douloureuse. Nous n'avons observé de réaction locale qu'une fois dans les bartholinites (n° 20) : une fois également dans les-abcès chauds (n° 3) : jamais dans les hidrosadéniles. Jamais les injections de crème peptonée n'ont déterminé de poussée réactionnelle. Mais les modificalions subies par le pus sont constantes quel que soit le Lype de suppuration traité.
A la première ponction,on relire un pus franc,épais, riche en leucocytés polynucléaires plus ou moins altérés. Dès la 2° ou 3° ponction, le pus moins abondant, moins épais, plus fluide, donne l'impression d’avoir subi une liquéfaction. Il est très souvent rougeàtre sanglant. Les leucocytes sont encore abondants. Puis,rapidement l’on ne retire plus qu’une sérosilé claire ou san: glante, cependant que la collection fluctuante fait place à un nodule où à un placard fibreux induré qui se résorbe peu à peu. Nous n'avons pas constaté de façon certaine une augmentation du nombre des leucocytes dans le pus. Mais nos procédés d'appréciation ont été grossiers. Nous n'avons fait que des élalements sur
lames,
De Li MA Et
Ce qu’of sait de la peptorre nous autorise à penser que les injections entraînent un afflux local de leucocyles : n'est-ce pas ainsi qu'Issaef et Bordet, dans leurs expériences d'il ya une trentaine d'années, provoqualentun exsudal riche en leucocytes dans le péritoine de cobayes qu'ils voulaient préparer avant l'injection de cultures de streptocoques ou äe vibrion cholérique.
En définitive la protéinothérapie locale nous apparait comme un cas particulier de la méthode de Nolf, dont le mécanisme est expliqué par les recherches de Widal. Et Le 1° mars 1929, dans une communication à la Socièté Médicale des Hôpitaux, faite par M.Sézary et nous, l'hypothèse était émise d’un choc protéique à manifes-
lation locale. F
Nous poursuivons nos recherches el nous nous gardons de conclure de façon ferme et définitive.
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