RESECTION EN BLOC DU KYSTE ET DE L’ANSE INTESTINALE ADJACENTE
Dernière venue, cette méthode tend, avec les progrès de la chirurgie, à s'implanter de plus en plus.
Elle est née des difficultés de certaines énucléations et de la nécessité dans ces cas de faire suivre l’extirpation du kyste, de la résection d’une portion plus ou moins grande de l’anse intestinale adjacente.
C’est en Allemagne que cette méthode semble avoir été utilisée pour la première fois par BucHWALD, en 1887, pour un kyste entéroïde du mésentère qui communiquait avec l'intestin ; mais cette première tentative ne fut pas couronnée de succès et l’opéré succomba des suites de l’opération.
La première observation de guérison obtenue par cette méthode serait de date plus récente et semble être celle de SPRENGEL, 1900, qui, opérant un enfant de deux ans et demi d’un kyste entéroïde compliqué - d’une invagination intestinale, dut faire une résection du kyste et de l’anse intestinale et guérit ainsi son malade.
En France, ProusT et Monop, dans un article de la revue de gynécologie et de chirurgie abdominale de 1912, intitulé « contribution à l’étude des kystes du mésentère et spécialement des kystes chyleux » ont les premiers insisté sur cette méthode. Ils recommandaient de ne la pratiquer qu’en dehors des périodes d’occlusion intestinale, et lui reconnaissaient comme indication « l’adhérence du kyste aux feuillets du mésentère et l’impossibilité de l’en séparer » ; dans ces cas, écrivaient-ils, « la dissection étendue du kyste entraînerait fatalement la résection de vaisseaux $e rendant à l’intestin. Il est donc préférable, dans ces conditions, de faire la résection d’emblée, que de courir les risques d’un sphacèle intestinal » ; et ils concluaient leur article : « La thérapeutique actuelle des kystes intramésentériques doit être l’énucléation, quand elle peut se faire sans porter atteinte aux vaisseaux nourriciers de l’intestin, la résection de l’intestin et du mésentère dans le cas contraire ».