VOLUMINEUX KYSTE DU MÉSENTÈRE ÉNUCLÉATION — GUÉRISON
Le 14 novembre 1934 entrait dans le service de Monsieur le Professeur Gaston MicHEL, une jeune femme, Yvonne C., âgée de 29 ans, sans profession et originaire des Vosges.
Cette femme s'était décidée à venir nous consulter parce que, depuis huit mois, elle voyait une tumeur se développer dans son abdomen de plus en plus rapidement sans entraîner d’ailleurs de troubles locaux ou généraux graves.
C’est tout à fait par hasard que cette jeune femme avait
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découvert en avril 1934, au cours de sa toilette, qu’elle avait,
dans la région du flanc gauche, une petite tumeur de la grosseur d’une mandarine. Les jours suivants, la malade avait constaté que cette tumeur, parfaitement indolore lorsqu'elle la palpait et n’entraînant aucun trouble, changeait de place, fuyait sous la main qui la cherchait et que, souvent même, il était impossible de la trouver. Mais après quelques semaines de tolérance parfaite de sa tumeur, au cours de l’été dernier, la malade se mit à souffrir de troubles dyspeptiques qu’il est assez difficile de préciser rétrospectivement, mais qui entrainèrent un état de fatigue et d’asthénie constante avec amaigrissement assez considérable ; en même temps, la malade et les médecins consultés à plusieurs reprises virent la tumeur augmenter de volume tout en gardant ses caractères d’indolence et de mobilité. Ces médecins consultés pensèrent qu’il s’agissait soit d’un kyste de l'ovaire, soit d’un gros rein gauche. Voilà les conditions dans lesquelles cette malade entra dans notre service hospitalier.
À ce moment, elle présentait un état général relativement bon ; à noter cependant un certain degré d’amaigrissement et d’anémie. La malade se plaignaït, en plus de la présence de sa tumeur abdominale, de sensations de tiraillements et de pesanteur dans la région lombaire lorsqu'elle était debout, et de douleurs abdominales vagues gênant la respiration, surtout après les repas, lorsqu'elle était couchée,
A l'inspection de l’abdomen, on constatait l’existence d’une voussure de dix centimètres environ de diamètre, située dans lhypochondre gauche et dont le centre se trouvait à la hauteur et à peu près à 5 cm. de l’ombilic.
La palpation donnait la sensation d’une masse arrondie, du volume de deux poings, régulière, rénitente, indolore, qui disparaissait derrière la paroi abdominale lorsqu'on faisait contracter les muscles droits et les muscles larges de l’abdomen ; d’autre part, on constatait que la tumeur était très mobile dans tous les sens, mais surtout dans le sens transversal. La palpation bimanuelle donnait quelquefois la sen-
sation de ballottement et le contact lombaire caractéristiques des tumeurs volumineuses du rein, mais le plus souvent la tumeur échappait à cette palpation bimanuelle et fuyait vers le bassin ou surtout vers le rebord costal pour réapparaître bientôt \4 sa place habituelle dès que l’on cessait cette palpation profonde.
A la percussion, le centre de la voussure était submat, tandis que la périphérie en était de plus en plus sonore au fur et à mesure que l’on s’éloignait de son point culminant.
Lorsqu'on mettait la malade dans la position de TRENDE- LENBURG, on constatait que la tumeur remontait vers la coupole diaphragmatique et disparaissait en partie sous la moitié gauche du rebord costal,
A part ce syndrome clinique, rien à signaler au niveau des différents appareils ; tous les examens de laboratoire s'étaient montrés négatifs et en particulier les examens sérologiques, urologiques et radiologiques.
Rien à signaler non plus dans les antécédents héréditaires et collatéraux de la malade. Dans ses antécédents personnels, outre l’histoire de la maladie actuelle, nous devons noter : une pleurésie à 7 ans. Mariée à 25 ans en 1930, à un mari bien portant, la malade souffrit, depuis 1931, d’une métrosalpingite chronique qui entraîna un certain degré de stérilité puisqu’elle n’eut son premier et seul enfant qu’en 1933 ; cet enfant mourut d’ailleurs en septembre 1934 à l’âge de dix-huit mois d’une bronchopneumonie.
Aussi, après avoir envisagé, discuté et éliminé successivement différents diagnostics et, entre autres, ceux de tumeur du rein et de splénomégalie, on se rallia à celui de kyste du mésentère et on décida d'intervenir chirurgicalement. Connaissant des résultats des dernières discussions de la Société Nationale de Chirurgie au sujet du traitement chirurgical des kystes de mésentère, on envisagea d'emblée la résection intestinale concomittante à l’exérèse du kyste.
Opération le 17 novembre 1934 sous anesthésie générale au mélange de SCHLEICH administré avec un masque d'OMBRE-