‹ Le Traitement des Lésions intestinales trouvées au cours des Interventions pour Hernies étrangléesChapitre 17 sur 68 · ANT · texte numérisé non relu

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Bauer se borna à pratiquer une entéro-anastomose entre les deux anses sus et sous-jacentes à l’invagination. Puis l’anastomose fut rentrée dans la cavité péritonéale, le boudin d’invagination laissé extériorisé après fixation soigneuse de l’anse grêle au péritoine pariétal.

L'état général était extrêmement précaire. « Nous avons hésité, pendant quelques instants, écrit Bauer, à pratiquer une entérostomie de décharge sur l’anse grêle sus-jacente à l’invagination ; la perforation de celle-ci nous semblant imminente (elle s’est produite trente-six heures plus tard), nous avons préféré attendre l’ouverture spontanée de l’intestin afin de laisser à l’accolement péritonéal le temps de s'établir. Peut-être cependant, les suites opératoires auraient été plus simples pendant les premières heures si nous avions pratiqué une fistulisation immédiate. »

Le lendemain matin en effet, l’état général de l’enfant est très mauvais. Pouls à 140, mal frappé. Les vomissements continuent et sont franchement fécaloïdes. Injection intraveineuse de 20 cc. de sérum salé hypertonique et de 500 cc. de sérum physiologique sous-cutané. Le soir l’état s’est encore aggravé. Le pouls est à 160. L’enfant semble perdu. On fait néanmoins une nouvelle injection de sérum hypertonique. Le lendemain matin, légère amélioration mais les vomissements fécaloïdes persistent. Au cours de la matinée, l'enfant a une selle liquide très abondante et à partir de ce moment son état se transforme en quelques heures. Les vomissements cessent, le pouls redescend rapidement à 100.

Ultérieurement Bauer a pu réintervenir et guérir son malade. Cette observation a pratiquement la valeur d’une expérience : à partir du moment où le petit malade eut évacué le contenu de son intestin, son état général se transforma en quelques heures.

Et c’est peut-être là un argument assez sérieux contre la résection suivie d’entérorraphie immédiate. Chez ces malades déjà profondément intoxiqués, une telle intervention ne permettra pas l'évacuation précoce de ces toxines. Ils devront donc continuer à les résorber tant que leur contenu intestinal n’aura pas été éliminé par la voie naturelle.

Des travaux importants ont maintenant rendu classique le syndrome humoral de l’occlusion intestinale. Il s’agit,non pas tellement du passage possible dans le sang circulant de microbes d’origine intestinale (H. Roger et Garnier» Ikonnikoff, P. Hauduroy, E. Aubertin et Magendie), véritable septicémie possible, avec infection générale de l’organisme déterminant des lésions pulmonaires et des lésions septiques d’autres organes (foie, rate), que des modifications histologiques et surtout biochimiques que présente le sang de ces malades en état d’occlusion. Depuis les travaux de Haden et Orr à l'étranger, de Gosset, Binet et Petit- Dutaillis en France, il est bien établi que ce syndrome humoral est constitué par une élévation de la concentration sanguine, de l’hyperglycémie, de l’azotémie, et de l’hypochlorurémie. Cette dernière surtout est le fait fondamental dans ces perturbations humorales. Elle précède l'ascension de l’urée et de l’azote résiduelle. Ces phénomènes sont d'autant plus intenses et plus rapides dans leur apparition que l’occlusion est située plus haut sur l'intestin.

Le mécanisme de cet hypochlorurémie est discuté. Pour certains (Haden et Orr) les chlorures du sang se combineraient avec les produits toxiques pour donner un nouveau produit non toxique. D’autres, au contraire, voient la principale cause de déchloruration dans la perte des chlorures qu'entraînent les vomissements répétés.

De toute façon, l’administration de chlorure de sodium en solution hypertonique constitue, comme le prouvent les résultats quotidiens, un immense progrès dans le traitement de cet état humoral secondaire à l’occlusion intestinale.

Telles sont les principales notions sur lesquelles il était indispensable d’insister avant d’entreprendre la critique des diverses techniques opératoires préconisées dans le traitement de la gangrène herniaire.

Les principales méthodes de traitement.

Le -taxrs.

Le plus ancien de tous les traitements préconisés dans l'étranglement herniaire, le taxis, en déduction logique des connaissances anatomo-pathologiques, est actuellement justement abandonné parce que aveugle et brutal. Nous ne ferons que citer la statistique de Gussen qui suflira à confirmer cette manière de faire. Cet auteur est intervenu dans 73 cas de hernies auparavant traitées par le taxis ; or, dans 37 cas, il existait des lésions (hémorragies, perforations, déchirures) sans compter les fausses réductions tou- “jours possibles.

Le traitement de l’étranglement herniaire sera donc avant tout chirurgical. « Il faut voir les lésions, et les traiter en conséquence » (Patel).

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