‹ Le Traitement des Lésions intestinales trouvées au cours des Interventions pour Hernies étrangléesChapitre 18 sur 68 · II. — LA RÉSECTION SUIVIE D’ENTÉRORRAPHIE · texte numérisé non relu

II. — LA RÉSECTION SUIVIE D’ENTÉRORRAPHIE

En présence d’une anse sphacélée, ou en imminence de sphacèle, la solution la plus logique et idéale consiste à faire la résection de l’anse gangrénée suivie de la réunion immédiate par anastomose termino-terminale de préférence. Ce mode de traitement a donné à Delore et Thévenet, en 1909 et en utilisant l’anastomose au bouton, une

. mortalité de 13,8 °, (29 résections avec 4 morts), tandis que 137 étranglements herniaires traités par la simple kélotomie leur ont fourni 24 décès (17,5 %). Ce qui leur a permis de conclure que les réséqués mourraient moins que les simples kélotomisés malgré la gravité de leur lésion. Or, si l'on étudie les statistiques d’autres auteurs préconisant

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également la résection suivie de suture, on s'aperçoit que leur taux de mortalité est nettement supérieur.

Bardet (1920) accuse un taux de mortalité de 20% (10 entérectomies avec 2 décès).

Godard et Palios (1929) concluent que l’entérectomie avec suture au fil donne une mortalité globale de 38,8 %.

Frankau (1931) accuse 40 % de mortalité (98 entérectomies avec 40 morts).

Nénoff (1912) 44% (9 observations avec 4 morts).

Nous sommes loin des 18,8% de Delore et Thévenet. On peut en conclure que cette intervention radicale ne donne pas toujours des résultats tellement satisfaisants.

Quelles sont donc les causes de mortalité dans les cas de résection suivie de suture immédiate ? Et pourquoi ces différences dans les statistiques ?

Nous en trouverons l'explication en étudiant successivement :

1° Le sujet sur lequel est pratiquée la résection.

29 La valeur de la résection suivie de suture.

19 Le malade. — Si nous considérons le sujet présentant une hernie étranglée avec sphacèle de l’anse, nous constatons qu’il s’agit le plus souvent d’un malade déjà âgé, fatigué, présentant des vomissements plus ou moins abondants, déshydraté, en état de stercorémie. On a parfois l’impression que ces malades en occlusion sont, avant l’intervention, dans une espèce d'équilibre : tel malade qui présentait un état général encore bon, perd rapidement pied et meurt dans les heures qui suivent l’opération. Or, le fait de pratiquer, chez de tels sujets, une résection puis une suture, constitue un choc important. Si la résection suivie de suture ne constitue pas en soi une intervention tellement longue, elle prend un caractère de gravité manifeste, en raison du terrain sur lequel elle est pratiquée.

D'autres fois, la résection intestinale n’est pas toujours tellement simple, «lorsqu'il faut exciser un long bout d’intestin, un vaste triangle de mésentère et de l’épiploon épais,

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