AU LE
infiltré, adhérent, gangrené lui-même. L'opération dure souvent plus qu’on avait pensé » (Lejars).
Enfin ces malades en état de stercorémie devront, du fait du rétablissement immédiat du cours des matières, continuer à résorber les toxines de leur contenu intestinal, aggravant ainsi leur intoxication.
Nous trouvons dans la littérature de nombréux exemples (ceux que les chirurgiens ont bien voulu publier) de malades opérés suivant cette méthode et qui sont morts dans les heures qui ont suivi l'intervention. Delore et Thévenet en ont publié deux cas. L'un d’eux est le suivant (Obs. de la thèse de Blain, résumée) : Hernie crurale droite étranglée. L'intervention montre un sphacèle imminent sur le sillon inférieur de l’anse étranglée. Résection de 10 cm. d’intestin. La malade meurt de stercorémie 60 heures après l’opération.
Toutes les observations publiées sont sensiblement calquées sur cette dernière.
Sur les 9 malades opérés par Guibé (thèse de Nénoff), 3 sont morts dans les heures qui ont suivi l'intervention.
Godard et Palios rapportant 18 cas de résection avec suture termino-terminale, voient sur les 7 cas terminés par la mort, 5 cas dans lesquels la stercorémie entraîna une issue fatale.
Tout récemment, Bachy a rapporté à l’Académie de Chirurgie un cas de résection intestinale pour sphacèle d’une anse grêle (par invagination). Après l'intervention, les suites sont d’abord très simples «le malade est bourré de sérum salé sous la peau ; on lui fait du sérum de Gosset intraveineux. Mais les phénomènes de l’intoxication stercorémique réapparaissent, le pouls s'accélère et le malade meurt trois jours après, avec des signes de collapsus ».
Et nous pourrions multiplier les exemples (Maire, Fiolle, Lecène, Curtillet, etc...).
* 20 Valeur de la résection suivie de suture. — Si l’on se décide pour la résection, disent ceux qui la préconisent, il faut réséquer largement. Mais comment savoir si la partie
J. Chatain
VENT Le:
de l’anse enlevée est suffisante et si l'on se trouve en tissus sains ? Si la section a porté en tissus pathologiques la qualité de la suture ou de l’anastomose au bouton s’en trouve compromise.
Par ailleurs, nous avons vu à l’anatomie pathologique la diffusion secondaire possible des lésions d’infarctus ou d’entérite aiguë extensive.
Les liquides hyperseptiques retenus en amont de l’étranglement vont passer sur la suture; ne risquent-ils pas de l'infecter ?
La disproportion de calibres des deux bouts intestinaux anastomosés, malgré les artifices de Madeling, Billeroth, Chaput, Rydygier, peut créer des difficultés qui allongent l'intervention.
Enfin, cette suture pratiquée en milieu septique devra résister au passage des gaz et des matières dès que la paralysie intestinale consécutive à l’occlusion aura cessé. Quelle que soit la cause de désunion de la suture, de nombreux cas en ont été publiés. C’est ainsi que l’on peut lire dans la thèse de Résillot (1909) l’observation suivante :
(Obs. X, résumée). — Hernie crurale droite étranglée. A l'intervention on trouve un sphacèle étendu et avancé de l'intestin avec de l’inflamation et de l'æœdème périsaculaire. La résection de l'intestin est pratiquée sur une longueur de 7 à 8 cm. et «l’on croit avoir réséqué en tissus sains ». Réunion des deux bouts intestinaux au bouton de Villard. La malade a des gaz et des matières le lendemain de l’opération. Mais trois jours après, la température monte à 39°, il se produit du météorisme, un arrêt des matières et des gaz, des vomissements fécaloïdes. Une nouvelle laparotomie met en évidence les lésions de péritonite déterminées par une perforation de l'intestin au niveau du bouton. Mort vingt-quatre heures après.
Godard et Palios publient l’observation suivante :
Will. Marie, 73 ans, entre le 6 mars 1929 ; étranglement datant de la veille à 17 heures. Opération à 13 heures. Anse sphacélée ne revenant pas avec le sérum chaud. Résection
de 10 cm. Anastomose {ermino-terminale. Suites opératoires : température oscillante ; le 12, on désunit la paroi, sérosité fétide, dans laquelle on trouve des bacilles perfringens. Mort le 13 mars 1929. Autopsie : suture partiellement désunie.
Bardet (Obs. IT, résumée) :
Malade 36 ans, opérée quinze heures après l’étranglement le 29 mai. Résection, anastomose termino-terminale. Le à juin, aggravation de l’état général. Signe de collection pelvienne, pus. Décès le soir.
Nicaise, Labbé, Cornil et d’autres ont publié des observations semblables.
Enfin, une observation de Guibé met bien en évidence la possibilité de péritonite diffuse après réduction de l’anastomose.
(Obs. VI, thèse de Nenoff). — Femme âgée. Hernie crurale gauche étranglée datant de trois jours. Intervention. Anesthésie locale. Résection, suture par enterroraphie latéro-latérale. Mort au bout de quarante-huit heures de septicémie péritonéale.
La résection suivie de sutures comporte donc un certain nombre de facteurs d'insécurité ; en outre, comme elle est pratiquée sur des malades dont la résistance est diminuée, elle présente de ce fait un caractère de gravité indéniable. Ce sont là, croyons-nous, des raisons suffisantes pour expliquer les taux de mortalité de 40 et 44% de Frankau et de Nenoff. Pourquoi d’autres auteurs ont-ils des résultats qui semblent supérieurs ?
Sans penser que certains ont pu étendre trop largement les indications de la résection (Delore, Bardet écrivent qu'en présence d’une anse intestinale étranglée d'aspect douteux, le chirurgien doit réséquer l’anse malade) peutêtre, parmi ces cas de résection en est-il qui, par une simple extériorisation, au besoin soulagée par une entéro-anasto-