‹ Le Traitement des Lésions intestinales trouvées au cours des Interventions pour Hernies étrangléesChapitre 40 sur 68 · I. — L’anesthésie · texte numérisé non relu

I. — L’anesthésie

[ —— LA RACHI-ANESTHÉSIE.

La rachi-anesthésie a été préconisée par certains auteurs qui voient en elle un mode d’anesthésie peu choquant, réalisant un silence abdominal complet et qui, sollicitant un péristaltisme intense de tout l'intestin, fait qu’une fois l’étranglement levé, le flot des liquides fécaloïdes contenu dans les anses distendues est l’objet d’une chasse puissante et rapide ; aussi est-il fréquent de voir avant la fin de l’opération l’issue par le rectum et l’anus d’un litre et demi de matières fécales nauséabondes. « Dans ces conditions, si les matières septiques passent bien par l'intestin sain, elles y passent avec une telle vitesse que leur résorption n’est pas possible et qu’en un quart d’heure le malade est définitivement et sans manœuvres spéciales, mis à l’abri de la redoutable résorption toxique qui s’observe après la libération de l'intestin étranglé » (Bonneau).

Par contre, de nombreux arguments plaident contre la rachi-anesthésie.

Cette débâcle immédiate n’est pas absolument la règle et lorsqu'elle se produit, Esnoux se demande avec Gosset, Binet et Petit-Dutaillis si cette accélération du transit après l'intervention est toujours dépourvue de dangers. La mobilisation trop brusque du contenu toxique de l’intestin peut provoquer une résorption massive de toxine, cause d’une intoxication suraiguë, brutale, qu’on constate si souvent, après l’anesthésie rachidienne.

-: Mais le principal grief contre ce mode d’anesthésie, est

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la possibilité de réduction spontanée de la hernie et par suite la réintégration possible dans le ventre d’une anse sphacélée ou en puissance de perforation. Diverses observations de Lecène, Bressot et Lecœur signalent cette réduction spontanée ou encore la perforation de l’anse au niveau du sillon d’étranglement (Rapport du P. Duval à la Société nationale de Chirurgie).

Enfin, ces malades en état d’occlusion sont souvent fatigués, intoxiqués et hypotendus. A cette hypotension s’ajoutera celle produite par l’anesthésie rachidienne.

Toutes ces considérations conduisent, semble-t-il, à rejeter la rachi-anesthésie dans les étranglements herniaires.

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