‹ Le Traitement des Lésions intestinales trouvées au cours des Interventions pour Hernies étrangléesChapitre 9 sur 68 · À TOUS LES MIENS ET A MES AMIS · texte numérisé non relu

À TOUS LES MIENS ET A MES AMIS

pour Hernies étranglées

Introduction.

Le traitement chirurgical de la gangrène herniaire a déjà été étudié maintes fois, et de nombreuses techniques opératoires ont été proposées; mais de tous ces travaux ne se dégage pas une ligne de conduite unanimement adoptée.

Si Redon conclut que : « Le traitement moderne de la gangrène intestinale d’origine herniaire comprend essentiellement l’exérèse et l’entérorraphie immédiate» (Pratique médico-chirurgicale), Cadenat, au contraire, écrit : « Certes, on pourra publier des cas où une résection faite dans ces conditions aura guéri un malade particulièrement résistant ; mais je ne considère pas comme de la chirurgie brillante celle qui, pour un succès hypothétique se terminera le plus souvent par des désastres. »

Il n’est pas dans nos intentions de reprendre l’éternelle discussion qui oppose les partisans de la résection immédiate avec suture à ceux préconisant l’extériorisation ou même l’établissement d’un anus. Les brillantes statistiques des premiers contrastent avec le faible pourcentage de guérisons dans les anus contre nature (10% d’après certains auteurs). Sans penser que les cas favorables de résections sont plus volontiers publiés que les cas fatals, peut-être existe-t-il une raison à la grosse mortalité des anus sur le grêle ; n’est-elle pas due à une attente néfaste, une fois l’anus établi, alors que la dénutrition progressive est la règle dans ces cas ? Celle-ci étant liée, en partie, à une chute

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importante des chlorures sanguins contre laquelle on peut lutter par une rechloruration suffisante.

Nous avons eu à traiter pendant notre Internat deux cas de gangrènes herniaires. De leur étude, se dégage la notion très nette que les malades tirent un bénéfice manifeste, indiscutable, de l’anus contre nature dans les quatre ou cinq jours qui suivent son établissement. Ce mieux étant suivi d’un nouveau fléchissement de l’état général, puis de mort si l’on temporise, espérant trouver ultérieurement un malade plus résistant.

Nous en arrivons donc à poser le principe d’une réintervention précoce, sorte de nouvelle urgence, chez un sujet qui, en état de stercorémie, a bénéficié au maximum de tout ce que pouvait lui donner l’établissement d’un anus.

Nous n’envisagerons pas dans notre travail la variété anatomique de la hernie, le problème restant le même en présence d’une anse sphacélée, que la lésion soit inguinale, crurale ou ombilicale.

Nous n’étudierons que les cas de gangrène portant sur une anse grêle, celle du gros intestin ou de la terminaison du grêle pouvant relever de techniques particulières.

Enfin, nous éliminerons les cas exceptionnels de hernies gangrénées d’autres organes abdominaux.

Anatomie pathologique.

Nous ne voulons pas reproduire entièrement l’anatomie pathologique de la gangrène herniaire qui a été mise au point par de nombreux travaux (Humbert, Nepveu, Garré, Clado, Cornil et Tschistowitch, Bosc et Blanc, etc.) mais seulement insister sur certains points qui nous permettront de mieux comprendre et discuter les divers traitements proposés. |

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