II. ~ Les endocardites aisrnës
Un certain nombre de données neuves enrichissent ce chapitre de la thérapeutique ; d'autre part, à lire les
LES FORMES MORBIDES Èil
traraux les plus récents, on s'aperçoit que plusieurs règles essentiel les semblent rentrer dans Toubli, puisque les auteurs négligent de les oientionner.
C'est ainsi que Tadministration du salicylate de soude, importante entre toutes, dans les péricardites et endocardites rhumatismales, est exposée en quelques lignes, au risque de renseigner incomplètement le médecin et de porter le plus grave préjudice au malade. Huchard ^ pourtant avait formulé la ligne de conduite déûnitive. Les travaux les plus récents n'en ont pas modifié le plus léger contour. Trois règles à observer, disait-il : 1* prescription du salicylate à hautes doses dès la première apparition des douleurs rhumatismales : 6 à 8 grammes chez l'adulte, 50 centigrammes au-dessous de 1 an, 2 grammes entre 2 et 5 ans, 3 et môme 4 grammes entre 6 et 10 ans ; 3^ le fractionnement des doses; le remède s'élimine vite. 11 faut renouveler la dose pour continuer l'imprégnation de l'organisme. C'est pourquoi l'administration nocturne du remède est indispensable. Pendant que le malade dort, le rhumatisme veille, disait notre regretté maître. Donc la dose journalière sera divisée en trois : la première à prendre dans la matinée^ la seconde dans l'après-midi, la troisième dans la nuit. Nous la faisons absorber dans une certaine quantité de liquide, une tasse de tisane de frêne, par exemple, à boire par petites gorgées, dans l'intervalle de 2 heures le jour et d'une heure la nuit. La dilution du remède en favorise la tolérance stomacale, la déglutition lente en prolonge le séjour dans
1. Huchard. Traité ctinique des n^ladies du cœur et de Vaorle, 1903, p. 470.
2iS LES MALADJES DU CŒUR ET DE L'AORTE
Torganisme ; 3"* la continuation de la médication après la disparition des douleurs articulaires. Si la dose de 6 grammes a suffi pour enrayer la maladie, nous poursuivrons une dose de 4 grammes pendant S jours encore et de 2 grammes 5 autres jours.
En cas d'intolérance stomacale, le remède sera donné en lavement (2 grammes de salicylate pour la nuit) et l'excédent de la dose curative sera fourni par le salicylate de méthyle en applications externes^ (8 grammes environ, car 8 grammes de salicylate de méthyle correspondent à 4 grammes de salicylate, ce qui joint à la dose de 2 grammes prise par lavement, complète la dose totale de 6 grammes nécessaire).
Le salicylate est le seul remède préventif ; une fois le rhumatisme constitué, c'est aussi le seul remède curatif au cours de Tendocardite, tant que le myocarde ne fléchit pas.
Une fois que des extrasystoles paraissent, si à plus forte raison le foie se congestionne, que des rAles apparaissent aux bases du poumon et de Talbumine dans les urines, il faut interrompre le salicylate. Trois autres médications interviennent à ce moment ; la digitale dans tous les cas : V gouttes de la solution de digitaline cristallisée à 1/1000 10 jours. Interrompre 3 à 4 jours. Reprendre 10 jours.
Et en plus, si le pouls faiblit, de la glace $ur le cœur.
Les injections d'huile camphrée pourront être pratiquées concurremment (toutes les 2 ou 3 heures 1 centimètre cube), k la rigueur une injection de caféine à faible dose (0>',10 à 0>',2S dans les 24 heures).
1. HucHARD et Ch. Pibssin(;bh. La thérapeutique en vingt médicaments, 3* édition par Ch. Piessinger. 1913. p. 14.
La diététique sera simple : en cas de fièvre, régime hydro-lacté : 1 litre de lait, 1 litre de tisane. S'il n*y a point de fièvre, 1 litre 1/2 de lait et 1 ou 2 potages au lait. Repos au lit dans le premier cas et repos dans la chambre si le mouvement fébrile fait défaut. Il est rare d'être acculé à la pratique d'une émission sanguine considérable. Hais des ventouses scarifiées (4 à S) amenderont l'état d'angoisse.
On les appliquera au-dessous du cœur, de manière à laisser de la place pour la vessie de glace.
<c Nous avons une médication de l'endocardite avec peu de remèdes », disait encore Huchard. Les praticiens n'ont que faire de médications infidèles et complexes. Peu de remèdes et une diététique nettement formulée, et les malades sont satisfaits.
En dehors du rhumatisme articulaire aigu, la nature même de l'endocardite offre une prise flottante à la thérapeutique. Toutefois le salicylate de soude^ voire l'aniipyrine convient encore dans la chorée. L'endocardite de la grippe et de V amygdalite, de \9i pneumonie, des fièvres éruplives ue réclame guère de traitement causal, pour la raison que ce traitement causal n^existe pas. Le salicylate de soude est remplacé par la quinine (0>%30 à 0s%80 par jour) ; le traitement cardiaque est le même. Aucune médication causale dans Vendocardite tuberculeuse. Dans \q paludisme, on pourrait dire que la quinine garantit contre l'endocardite si cette complication n'était pas exceptionnelle au point d'être mise en doute (Laveran ^). Ou bien l'endocardite est antérieure au pa-