‹ Le traitement des maladies du cœur et de l'aorte en clientèleChapitre 30 sur 58 · F. BiLLBNus. The Arch. of intern. Med · texte numérisé non relu

F. BiLLBNus. The Arch. of intern. Med

auteurs ; mais rien de net n*a ëtë obtenu et lee vaccins semblent plus efficaces.

La recherche des causes nous a fait sauter la barrière classique qui sépare Tendocardite aiguë des endooar* dites infectantes. Aussi bien cette barrière est schématique. — Toute endocardite, la plus bénigne, est infectieuse ; l'ancienne dénomination d*endocardite infectieuse spécifie les formes graves ; entre les unes et les autres prennent rang tous les intermédiaires.

Cette variabilité dans le tableau morbide est une des raisons susceptibles de jeter quelque doute sur la valeur des médications proposées. Si Tendocardite rhumatismale se signale par sa bénignité habituelle, certaines endocardites infectieuses à allure grave, avec forte fièvre, d'elles-mêmes marchent également vers la guérison : nous entendons Tarrét de l'infection, avec lésion valvttlaire plus ou moins prononcée ; d'autres traînent pendant des semaines accompagnées d*un mouvement fébrile rémittent, laissent craindre une issue fatale et néanmoins se terminent peu à peu par une issue favorable.

Cest la raison qui fait qu'il est assez difficile de se prononcer sur la valeur précise des injections intra^ veineuses de coUargol (6 à 10 centimètres cubes de la solution de 1 p. 100, pratiquées quotidiennementjusqu'à amélioration). MM. Netter, Chauffard ont relaté des succès. Aussitôt qu'un mieux se produit, on se contentera d'injections intra-musculaires d'électrargol (5 à 10 centimètres cubes) ou de frictions avec la pommade au coUargol IK p. 100. Dans six cas d'endocardite infectieuse grave, nous avons employé cette médication :

chez deax malades, dès les premiers joars et sans résultat. Les ferments métalliques (5 centimètres cubes par injection intra-veineuse) plus actifs n'assurent pas des succès plus constants. Il est vrai que nos malades avaient une forme des plus dramatiques : le premier, un confrère, âgé de 39 ans, avait découvert son tableau morbide avec un accident brutal, suite d'un léger accès fébrile : une embolie, de la sylvienne avec aphasie et parésie du côté droit, premier signe d'une endocardite végétante localisée sur la valvule aortique et dont les signes ne se précisèrent que par la suite. — Un second malade, âgé de 56 ans, avait localisé une endocardite végétante sur une vieille endocardite mitrale. La fièvre durait depuis trois mois quand il s'adressa à nous ; les injections intra-veineuses de coliargol et de ferments métalliques demeurèrent impuissantes et la mort fit suite à des hématuries, suite d'infarctus rénaux probables. — Une jeune femme de 24 ans localisa également une infection récente sur une insuffisance mitrale datant de 15 ans. La fièvre dura pendant plusieurs mois. Les injections veineuses et sous-cutanées n'amenèrent que des chutes thermiques passagères. — Le quatrième malade, âgé de 29 ans, localisa sur la valvule aortique une infection subaiguê se prolongeant plusieurs mois. Toutes les injections intra-veineuses restèrent vaines et des accidents méningés clôturèrent le tableau morbide au bout de trois mois. Une autre malade, jeune femme de 33 ans, soignée avec le D' J. Weii, avait greffé une endocardite aortique fébrile et à marche lente sur une vieille lésion mitrale. Nous employâmes sans succès non plus les ferments métalliques, mais la collobiase d'or (i/2 centimètre cube à 1 centimètre cube) en

injections intra-musculaireB. Un frisson suivit les injections, la fièvre ne céda pas et la mort survint par les progrès de la maladie quatre mois plus tard. Les ferments métalliques ne réussirent pas mieux chez un sixième malade, âgé de 42 ans, soigné avec le D' Lamiot (de Boulogne-sur-Mer). Ce cardiaque atteint d'une vieille insuffisance mitrale avait quitté Lille en pleine poussée grippale, lors de l'invasion allemande ; il fit une trentaine de kilomètres à pied, tomba harassé dans une grange ; une endocardite infectante se déclara sur la valvule aortique, le malade succomba au bout de quelques mois. Rien de grave, ce semble, comme ces endocardites infectantes qui se fixent sur d'anciennes lésions valvulaires.

Par contre, chez trois autres malades, 26, 28 et 54 ans, atteints d'endocardites mitrales avec fièvre prolongée — endocardites de cause obscure — le collargol et les ferments métalliques en injections quotidiennes intraveineuses, amenèrent la. chute fébrile en 12 jours, 15 et 16 jours. En sorte que, malgré les insuccès fréquent^T^ il est toujours sage de recourir à la médication.

La période aiguë est passée ; un sou£Qe valvulaire à l'orifice aortique ou mitral persiste comme signature de l'endocardite antérieure. La lésion à l'origine ne peut être déclarée totalement incurable; des enfants guérissent encore au bout de 1 à 2 ans. Il faut donc faire quelque chose. La double médication proposée par Huchard, Viodure et les eatix minérales, conserve tous ses droits.

Le premier de ces remèdes est loin toutefois de posséder les propriétés qui lui étaient attribuées. Rien ne

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dëmontre que les ioduies soient vasO'-dilatateurs, qu*ils dimftiueni la viscosité sanguine, qu'ils abaissent la t^'nsion artérielle^. Seulement leur action excitante sur la leucocjrtose peut les rendre utiles lors de la résorption des accidents inflammatoires et c*est à ce titre qu'ils peuvent être prescrits. On ordonnera donc pendant 18 mois à 2 ans environ et 10 à 15 jours par mois une dose de 25 à 30 centigrammes d iodure par jour.

Iodure de potassium 3 grammes.

EaudfBUUéo SOO —

Une cuillerée à dessert avant ie repas de midi et du soir. Si r iodure est mal toléré par restomac, on pourra ajouter à la solu* tion précédente 10 grammes de bicarbonate de soude.

Le traitement thermal trouve dans Bourbon-Lancy une station de choix. Seulement il faut attendre avant d'y envoyer un malade que les manifestations articulaires soient bien éteintes, et qu'une poussée d'endocardite ne soit pas en évolution. A cet égard, méfionsnous des souffles extra-cardiaques méso-systoliques ou méso-diastoliques qui peuvent naître au niveau de la région précordiale moyenne. Hien de fixe dans leur présence ; superficiels, à timbre doux, aspiratif, ils semblent disparaître à certains moments et se montrent un instant après. Ces souffles, comme nous l'avons vu pour plusieurs malades, peuvent annoncer l'apparition d'une endocardite mitrale, à 10, 20, 30 jours h l'avance. On éloigne tout d*abord Tidée d'une lésion valvulaire et voici bientôt le souffle systolique en jet

1. Martinbt. Pressions artérielles et viscosité sanguins. Masson, édit..l912. p. 830.

de Tapeur qai ne laisse aucun doute. Le souffle extracardiaque n'était qu'un prélude. Les accidents graves se préparaient derrière lui. Attendons donc en cas de souffle eitra*cardiaque. En général une durée de 3 à 4 mois deyra séparer la cessation de la crise aiguë de renvoi à la station.

Le but du traitement thermal est de remonter l'état général, de tonifier le myocarde, de calmer l'éréthisme cardiaque, de prémunir contre le retour d'une attaque rhumatismale possible. D'autres stations — sédatives par leurs bains carbo*gazcux •<- réclament également ces malades : Royal ^ Châteauneuf, Saint-Neclaire pour ne citer que les principales.

Comme agent préventif des attaques rhumatismales ultérieures, il est toutefois un moyen plus simple encore que l'envoi à une station hydro-minérale : l'habitude de gargarismes antiseptiques répétés plusieurs fois par jour. L'endocardite suit en effet le rhumatisme articulaire aigu et celui-ci succède souvent h un léger mal de gorge : la porte d'entrée du germe morbide est fixée dans une affection amygdalienne habituelle. Empêchons l'apparition de ce1le*ci.

Au même titre que la grippe et la plupart des infections qui pénètrent par les voies respiratoires, les velléités rhumatismales seront déjouées. Il faut trois, quatre gargarismes par jour : eau oxygénée avec 8 parties d'eau de Vichy, eau naphtolée, thymolée.

Nous formulons :

Thymol 3 grammes.

Teinture de vanille 20 —

Alcool 100 —

Uâ. ext. — X gouttes dans un deini-verrc d'eau pour gargarisme»» 4 fois par Jour.

C'est inoffensif et constitue une bonne habitude hygiénique à prendre et à poursuivre sans oubli d*un seul jour. Comment agissent maintenant les gargarismes? L'antisepsie qu'ils réalisent est incomplète et toute de surface. Leur rôle contre Tinfection semble toutefois hors de doute. Dès 1890, lors de la grande épidémie de grippe, nous avons vu seuls demeurer indemnes dans les familles les sujets qui se gargarisaient avec de l'eau boriquée ; ces faits ont été enregistrés par d'autres médecins et le regretté Laborde en avait plus tard entretenu l'Académie de Médecine. Le chiffre de trois à quatre gargarismes lui semblait indispensable pour réaliser un rôle prophylactique et l'expérience lui donne raison.

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