‹ Le traitement des maladies du cœur et de l'aorte en clientèleChapitre 31 sur 58 · III. — Les endocardites chroni<iues · texte numérisé non relu

III. — Les endocardites chroni<iues

Les endocardites chroniques — qu'elles atteignent l'orifice aortique ou mitral — ne retiennent guère Tattention du médecin que du jour où le cœur commence à fléchir et nous entrons dans le traitement de l'asystolie et des doses faibles et discontinues de digitaline ou bien, le cœur ne fléchissant pas, lorsque des complications d*un autre ordre se surajoutent à la maladie première. A cet égard, Ton peut dire que l'insuffisance aortique et le rétrécissement mitral tiennent la première place.

Toutes deux s'accompagnent de palpitations lorsque le cœur demeure résistant ; toutes deux se doublent au surplus de troubles dyspeptiques fréquents. Ces derniers paraissent môme alors que le cœur n'a pas fléchi et les préparations bismuthées sont la meilleure médi-

cation à leur opposer. Nous reviendrons sur ce sujet dans le chapitre que nous consacrons à la dyspepsie des cardiaques.

Quant aux palpitations traitons- les par l'hygiène générale, Tinstitution des petits repas, le réduction des boissons (800 grammes à 1 litre par jour, tout compris).

Les préparations de valériane, d*élher, de ci^atœgus, rendent service. Nous prescrirons :

Teintore éthérée de valériane . ■ . . > a i. i - decratœgus | 2 à 4 grammes.

Sirop d'ôther 100 —

Une cuillerée à café & 10 heures du matin et & 10 heures du ioir.

Dans Tinsuffisance aortique, l'emploi des opiacés. Il gouttes de laudanum deux à trois fois par jour au moment d'un repas calment également la dyspnée. Mais de grâce ne craignons pas d'adiAinistrer la digitaline au moindre signe de fléchissement myocardique (râles dans les bases du poumon, gros foie, œdème prétibial) comme nous l'avons vu plus haut ; au contraire de l'opinion classique qui ménage la digitaline, c'est l'insuffisance aortique qui en réclame, du jour où le cœur a cédé, les doses les plus l(/ngtemps poursuivies.

' En dehors des troubles dyspeptiques, la dyspnée est fréquente dans les deux maladies alors que le myocarde n'a pas fléchi. Les sédatifs nervins (bromures) réussiront dans l'insuffisance aortique, si le malade digère bien. La digitaline réussit dans le rétrécissement mitral. C'est la maladie dyspnéisante et embolisante comme disait Huchard. Contre la dyspnée : digitaline

à titre gystématique. Elle a pour but d allonger la diastole et de permettre de ce fait une réplétiou plus complète du ventricule. Le médecin administrera V gouttes de la solution de digitaline cristalligée à 1/1000 3 jours par semaine à continuer des mois.

Le réiréci$sement mUral produit aisément des crachements de sang soit par congestion simple des bronches et cela n'est point grave : le repos au lit, le régime lacté, la digitaline seront mis en œuvre avec succès. Ou bien une embolie se produit avec infarctus pulmonaire, point de côté, fièvre. C'est plus sérieux. Nous parierons de cet accident au chapitre de la bronchite des cardiaques.

Page 1