‹ Le Traitement des Méningites Purulentes: Le Lavage Ventriculo-SpinalChapitre 16 sur 41 · NES · texte numérisé non relu

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Fès par un sérum antiméningococcique agglutinant le vrai méningocoque à { p. 800.

Inversement, le sérum agglutine les paraméningocoques provenant d’autres sujets, mais es sans action sur le. méningocoque.

L'extrait autolytique de ce germe est légèrement précipité par l'addition de quelques gouttes d’antisérum, mais des recherches plus complètes ont permis à M. Dopter de constater qu’il s'agissait non de précipitines spécifiques, mais de précipitines de groupe.

La réaction de fixation du complément esr positive comme avee le méningocoque quand on emploie le sérum antiméningococcique.

Ces différentes constatations montrent en résumé que ce germe se rapproche du méningocoque par ses caractères morphologiques et culturaux et par la réaction de fixation, mais qu'il s’en écarte par les épreuves de l’agglutination et de la précipitation.

Seules les épreuves d’agglutination et de précipitation permettent donc de caractériser le germe et de reconnaître une affection de tous points comparable à la méningite cérébro-spinale à méuingocoques et pourtant de cause pathogène différente.

Si nous reprenons en effet l'évolution de notre cas, nous voyons que rien ne permet de le différencier de la forme généralement cbservée chez le nourrisson. Même début insidieux par un malaise général, des troubles digestifs et des convulsions ; même apparition tardive des symptômes méningés dont deux prennent une grande importance : la raideur de la nuque, la distension des fontarelles ; même absence d’herpès, même fréquence des complications oculaires.

La réapparition brusque des symptômes alors que la

guérison semblait assurée, ne constitue même pas une

LE Hors

anomalie, étant donnée la fréquence des rechutes au cours de la méningite cérébro-spinale. La réaction rachidienne a été celle que l’on observe en règle générale : liquide clair au début, puis légèrement trouble, avec polynucléose au début, lymphocytose à la fin.

OBSERVATION VII. -— Méningite cérébro-spinale à paraméningocoque, observation présentée par MM. Wipan et WEISSENBACH, à l'Académie de Médecine (séance du 23 Juillet 1912).

Louise V....., couturière, âgée de 42 ans, entre à l’hôpifal Cachin dans la nuit du 14 au 15 juin 1912, parce qu'elle ‘souffre de maux de tête violents, de courbature et de fièvre, le tout ayant débuté depuis une semaine.

Jusqu'au jeudi 7 juin, elle n’avait encore accusé aucun malaise, elle n'avait souffert ni d’angine, ni de coryza. Dans la nuit du 7 au 8, elle est réveillée brusquement par des maux de tête qui diminuent d’ailleurs d'intensité dans la la journée ; elle ne peut aller à son travail. Le lendemain, elle se sent fatiguée, elle souffre d’élancements dans les jambes, mais les maux de tête sont moins violents. Le dimanche 9 juin, vers 4 ou 5 heures du matin, les maux de tête réapparaissent plus violents, les douleurs dans les jambes s’exaspèrent et la malade s'aperçoit qu’elle à de la peine à mobiliser ses membres inférieurs ; tout mouvement provoque de vives douleurs dans les articulations. Elle a des frissons, elle ne présente ni vomissements, ni nausées ; elle est constipée. Dans les jours qui suivent, l'état s'aggrave, la malade ne peut fléchir la tête sans eprouver de très violentes douleurs de la nuque, la cépha-

lée persiste avec maximum au niveau de la nuque et du front ; la malade se décide à entrer à l'hôpital.

Le 15 juin, nous nous trouvons en présence d'une malade couchée en chien de fusil, la tête en extension, et l'idée de méningite vient immédiatement à l'esprit. Les contractures sont intenses : raideur de la nuque, colonne vertébrale figée avec contracture des muscles des goutüères, flexion des jambes sur les cuisses, et des cuisses sur le bassin. Il est impossible de fléchir la tête en avant et toute tentative provoque une vive douleur. Le signe de Kernig est des plus nets : on note de même l'existence des signes de Brudzinski, signe de la nuque et réflexe centro-latéral.

Le ventre est légèrement rétracté.

Les réflexes rotuliens et achilléens sont exagérés ; il n°y a pas de signe de Babinski. La mobilisation est, douloureuse, mais il n'existe pas sur les téguments de zone d’anesthésie ou d’hyperesthésie. Raie vaso-motrice nette. Aucun trouble des réservoirs.

La céphalalgie est intense, continue, elle siège au front et à la nuque. Par contre, il n'existe aucun signe psychique, ni torpeur, ni excitation : la malade, très lucide, répond parfaitement aux questions et donne dec détails précis sur le début de l'affection. Le visage est animé, les bommettes colorées ; sur la lèvre inférieure et sur l’aile du nez à gauche siègent deux bouquets de petites vésicules d’herpès apparues la veille. II n'existe aucune autre éruption sur les téguments. Rien du côté des yeux, pas de strabisme, pas de diplopie, réflexes normaux.

L'examen des différents viscères apporte peu de renseisnements intéressants : la langue est saburrale, il n'existe 1j nausées ni vomissements, la constipation est opiniâtre depuis trois jours. On ne note ni dyspnée ni troubles respiratoires, l’auscultation des poumons est négative. Au cœur,

les bruits sont normaux. Le foie et la rate ne sont pas augmentés de volume. À

La température est à 39°7 ; le pouls ample, bien frappé, sans irrégularités, bat à 120 degrés. Les urines ne contiennent ni sucre ni albumine.

En présence des symptômes constatés : céphalée intense, raideur de la nuque, contractures, signe de Kernig, fièvre élevée ; en l'absence de tout symptôme du côté des oreilles, de tout traumatisme antérieur, du début brusque, nou; pensons à une méningite aiguë et pratiquons la ponction lombaire.

Rien d’ailleurs à signaler dans les antécédents de Ia malade, elle à toujours été bien portante, elle est mariée ei a deux enfants.

Personne dans son entourage n'a présenté avant elle de symptômes analogues. Toute enquête touchant la contag#ion possible est restée négative.

Ponction lombaire. — 20 centimètres cubes de liquide très trouble, coule en jet. Après centrifugation, culot purulent jaune verdâtre abondant. Le liquide centrifugé présente par la chaleur un louche d’albumine.

Cytologie. — Le culot étalé se montre exclusivement formé de polynucléaires altérés.

Sur les lames colorées au bleu de toluidine, on trouve des diplocoques en grains de café, toujours intracelluläires, réunis le plus souvent par groupe de six ou huit, pariois en tétrades + ils sont peu abondants, un polynucléaire sur 300 en moyenne en contient. Ils sont décolorés par la méthode de Gram.

Le pus ensemencé sur gélose-ascite a donné en vingtquatre heures des colonies typiques, exclusivement formées de diplocoques en grains de café, parfois en tétrades, de dimensions inégales, ne prenant pas le Gram.

Hémoculture. — 250 centimètres cubes d’eau peptonée

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