CHAPITRE II
Méningites purulentes non méningococciques.
Méningites bactériennes banales ou spécifiques.
Les méningites bactériennes, à microbe banal ou spécifique, sont des méningites purulentes (1) ou susceptibles de le devenir. La distinction à part, des méningites séreuses, défendue par Leriche (Thèse Paris, 1908), semble ne pas pouvoir être maintenue.
Ces méningites, à cocei ou bacilles, peuvent être primitives, absolument comme les méningites à méningocoques ; elles constituent alors des cas sporadiques isolés. Elles peuvent aussi revêtir une allure épidé:mique absolument comparable à celle des méningites étudiées au chapitre précédent ; tel est le cas des méningites à pneumocoques (M Panayatabon), à streptocoques et à staphylocoques.
Elles sont plus souvent secondaires : c’est l’exten-
(4) 5 cas de méningite ourlienne à liquide clair ont été observés récemment par Fiessinger.
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sion aux méninges d’une infection antérieure locale (otite) ou générale. Les méningites secondaires à microbes spécifiques (Ebertb, Pfeiffer) peuvent ne constituer qu’un épisode de l’état infectieux déjà développé avec sa symptomatologie habituelle, mais elles peuvent aussi bien se présenter comme l’unique localisation de cet état infectieux et constituer à elle seule toute la maladie.
L'’infection peut gagner directement les méninges : c’est le cas des méningites traumatiques que nous étudions plus loin, chapitre III.
L’infection ayant son point de départ dans les régions voisines (ostéomyélite de la voûte, spina-bifida, érysipèle du cuir chevelu, anthrax de la face, phlegmon de l’orbite, affection de la colonne vertébrale, etc.), peut gagner les méninges, par propagation.
Les facteurs étiologiques sont d’une extrême variété, ils vont depuis le simple furoncle du conduit auditif, l'infection conjonctivale avec chemosis, jusqu’à l’escharre du decubitus mettant à nu le canal sacré. Mais il faut faire une place à part aux suppurations des cavités de la face (oreille et fosses nasales qui constituent la source la plus fréquente de ces méningites.
Dans ces différentes variétés étiologiques, l’infection se propage par la voie lymphatique (1) ; mais
(1) Cunéo et André ont démontré que les vaisseaux blancs ne peuvent être suivis (sauf dans l'enfance) jusque dans les méninges, et que ces vaisseaux sont cblilérés chez l'adulte, Il faut admettre que la distinction classique entre la voie lymphatique et la voie sanguine n’est plus de mise. Le Jleucocyte constituerait à lui seul, à un moment donné, le véhicule de l'infection,
A: Dore
dans d’autres cas, l’infection a suivi la voie sanguine (infection pyohémique ou puerpérale, septicémie d’origine bronchique, intestinale, endocarditique, urinaire, etc.). |
Tous les microbes sont incriminables. Quelquefois, l’infection méningée est monomicrobienne ; d’autres fois, on rencontre des associations : streptocoque et staphylocoque ensemble (Guibal), ou associé, l’un ou l’autre, à un autre microbe, le bacille d’Eberth par exemple. -
La notion de la maladie antérieure, quand il s’agit d’une méningite secondaire, aide évidemment à prévoir l’agent causal. On a en effet bien des chances de rencontrer le streptocoque dans une méningite consécutive à un érysipèle, le staphylocoque à la suite d’une ostéomyélite de la voûte ; de même le bacille d’Eberth est présumable quand la méningite se déclare au cours ou à la suite d’une typhoïde, et le pneumocoque dans la méningite d’origine pneumonique. Mais il n’y a là qu’une question de probabilité : on a en effet rencontré le pneumocoque, le streptocoque ou le pyocyanique dans la méningite de la fièvre typhoïde, par exemple.
Enfin, il peut arriver que les recherches les plus minutieuses du laboratoire n’ont pu réussir à identifier le moindre germe. MM. Lemierre, Michaux et Limasset ont signalé cette absence de microbes dans le liquide céphalo-rachidien purulent d’un rougeoleux.
Analysons quelques statistiques
Sur 32 cas de méningite purulente traités en 19 mois, Nobécourt, à côté de 26 infections par le méningocoque et 3 par le paraméningocoque, trouve