‹ Le Traitement des Méningites Purulentes: Le Lavage Ventriculo-SpinalChapitre 6 sur 41 · PRELIMINAIRES · texte numérisé non relu

PRELIMINAIRES

. Contrairement à l’opinion généralement admise, ce n’est pas à Quincke (1890), le médecin de Kiel, c’est à Léonard Corning, de New-York (1889) qu'il faut faire remonter la première tentative de ponction lombaire (Tuffier).

Primitivement cette opération ne tendait qu’à un but thérapeutique unique : combattre les conséquences de l’exagération de tension du liquide céphalo-rachidien. Marfan fut un des premiers en France à la pratiquer. Rapidement grâce à Netter, à Chipault, le procédé prenait un rang d’honneur parmi les méthodes thérapeutiques. Il avait pour lui non seulement le bénéfice de la détente, mais encore celui de l’élimination d’une certaine quantité de produits infectieux et toxiques en contact avec l’axe nerveux cérébro-spinal.

En 1898, MM. Widal et Ravaut poursuivaient leurs admirables travaux sur le cyto-diagnostie des épanchements pleuraux. Il devenait logique de se demander la valeur d’un tel procédé de diagnostic transporté dans le domaine des infections méningées. À partir de ce moment, la ponction lombaire exploratrice constitue

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une méthode courante de diagnostic ; la rachicentèse devenait « une véritable biopsie » (Chauffard). Les travaux de Widal, Sicard et Ravaut ont fait du liquide céphalo-rachidien une conquête scientifique vraiment française. Enfin en 1900, Sicard orientait définitivement la méthode vers une utilisation nouvelle, en prouvant la possibilité de l’injection médicamenteuse intrarachidienne (1).

La même voie fut ensuite préconisée par Chaput et Tuffier dans un but différent : la rachianesthésie.

Maintenant, avec les travaux de Dopter, de Netter, de Debré, ete., s’est affirmée la supériorité de la sérothérapie par voie intra-rachidienne dans les affections méningées. Aussi la ponction lombaire qui seule, ne peut guère amener qu’une sédation passagère des symptômes, n’est plus que le premier temps d’une injection modificatrice.

La rachicentèse montre que le liquide céphalo-rachidien est sous une certaine pression qu’on a mesurée, avec un manomètre à mercure (Wilms), avec un manomètre à eau (Neisser, Parisot).

Le procédé le plus rudimentaire est le suivant : le

(4) Cette tentative ne concernait encore à cette époque que l'huile iodoformée qu'il injectait en petites quantités aux sujets atteints de méningite tuberculeuse, et le sérum antitétanique qu'il injectait à hautes doses (60 à 80 centimètres cubes) aux télaniques. Il terminait ainsi sa thèse sur les injections sous-arachnoïdiennes : « Les « faits expérimentaux nous autorisent à utiliser, avec prudence, « dans un but thérapeutique, cette voie nouvelle d'introduction « imédicamenteuse chez l’homme, »

liquide passe goutte à goutte dans l’aiguille de ponction : il s’écoule environ 60 gouttes à la minute. Quand la vitesse d'écoulement dépasse 100 à la minute, on admet qu’il y a hypertension.

Henri Claude a fait construire un petit manomètre anéroïde gradué en centimètres d’eau qu’il met en communication avec l’aiguille de ponction lombaire. Cet appareil est sensible et facile à manier.

Les chiffres trouvés chez les sujets normaux oscillent de 10 à 15 centimètres d’eau dans la position couchée. La pression s’élève de 8 à 10 centimètres dans la position assise ; la toux l’augmente de 2 à 4 centimètres.

La rachicentèse montre également dans les cas de méningite aiguë qui font l’objet de ce travail, un liquide purulent (lactescent, trouble léger ou franche. ment purulent). Sans parler de la méningite tuberculeuse, ni de certains états méningés secondaires, il y a des méningites aiguës à liquide clair. Inversement il y a des liquides céphalo-rachidiens puriformes sans “méningite. Dans ces cas de liquide purulent aseptique (sans microbe décelable à l’examen direct, à la culture, ni par l’inoculation à l’animal), l’examen eytologique seu! tranche la question : le culot de centrifugation fixé et coloré à l’hématine éosine montre des polynucléaires indemnes. Tandis que dans le liquide purulent septique, les polynucléaires, avariés à la suite de la lutte soutenue contre les microbes et leurs toxines, présentent des déformations de leurs noyaux et de leur protoplasme qui caractérisent les globules de pus ; dans les liquides puriformes aseptiques, au

contraire, les polynuciéaires accumulés, n’ayant eu aucun assaut offensif à soutenir, conservent la pureté de leur contour et l’intégrité de leur noyau. Ces épanchements puriformes évoluent rapidement vers la guérison sans aucune intervention thérapeutique.

Quant au contraire, on à affaire à un épanchement véritablement purulent, l’examen bactériologique devient nécessaire pour fixer le diagnostic exact de la méningite, ce qui permettra d’instituer le traitement étiologique, lorsqu'il est possible comme par exemple dans les cas de méningite à méningocoques et à paraméningocoques. ;

L'examen chimique, indispensable dans la plupart des cas, se résume-ainsi : augmentation notable de l’albumine et des extraits, diminution des chlorures et du sucre ; ces modifications, toute qualité de l’agent infectieux mise à part, étant d’autant plus accentuées que les lésions sont par elles-mêmes plus étendues et plus graves.

Comme point de comparaison des chiffres donnés au cours de ce travail, il convient de citer les chiffres normaux moyens :

Albumine 0 gr. 13 à 0 gr. 30 par litre.

Chlorures 7 gr. 32 — Sucre 0 gr. 53 Extrait 10 gr. 93 —-

Cendres 8 gr. 80 — UÜrée 0 gr. 06 —— Acétone 0 gr. 00 —

Absence de fibrinogène, d’albumine de transsuda-

DT es

tion, de choline, de cholestérine. Pas de toxicité (Mestrezat).

st.

Les recherches bactériologiques et les travaux de laboratoire sont donc les éléments indispensables du diagnostic des méningites. Nous verrons quelle aide, les notions qui en découlent apportent au traitement. Le livre de Netter et Debré, les traités classiques de Bezancon, de Sacquepée, de Dopter surtout, contiennent sur l’agent causal de la maladie, tous les renseignements. Nous y avons puisé sans compter.

Nous n’avons pas la prétention de retracer ici toute la maladie. Du tableau clinique, nous n’avons cité que les signes qui permettent de reconnaître les complications : l’extension de l’infection et ses cloisonnements. Toutes choses nécessitant une thérapeutique appropriée.

Les travaux récents sur cette question montrent des acquisitions considérables et font honneur à l’activité de Ja science française, malgré les circonstances présentes.

De même parmi la multiplicité des considérations étiologiques, nous avons fait un choix, pour ne retenir que ce qui importait au traitement.

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