CAUSES LOCALES
En dehors de ces grandes causes infectieuses, diathésiques ou toxiques, restent tous les cas d’étiologie banale ou obscure. L’étude des névrites ascendantes a permis de mieux saisir l’action des irritations périphériques par une plaie minime du nerf (plaies de la saignée, de la ténotomie), par un corps étranger. Le rôle du froid périphérique est incontestable ; il peut fournir des indications pratiques utiles. Martinet insistait sur les résultats obtenus souvent par le changement d’habitation (abandon d’un rez-de-chaussée humide par exemple) ou de climat. L’étude des anastomoses ner-
(1) Raymond. — Cliniques de la Salpêtrière. Paris, 1897, 2® série, p. 240.
veuses et de la sensibilité récurrente a permis de mieux comprendre certains faits curieux et incontestables de néüralgics réflexes. Celles-ci sont parfois sous la dépendance de lésions intéressant des organes éloignés, comme lluchard, Gueneau de Mussy en ont l’apporté des exemples. Mais il y a plus fréquemment un certain rapport de voisinage : sciatiques des affections génitourinaires ou intestinales, névralgies intercostales des embarras gastriques et des gastrites. — La relation de cause à effet peut pourtant rester entièrement inexplicable. Lisfranc a guéri une sciatique par l’ablation d’un petit polype indolent du vagin. L’ablation demarisques indolentes a souvent donné des succès analogues. Tout récemment Ilenue (1) rapportait un cas de crises névralgiformes intenses, prolongées souvent plusieurs heures, occupanttoute lamoitié droite de la figure, de lapoitrine, l’épaule et les bras du côté correspondant. Les accès laissaient à leur suite une paralysie passagère du bra.s droit. La première molaire de la mâchoire inférieure à droite était cariée. Son avulsion amena immédiatement et définitivement la guérison de ces crises douloureuses. Mais dans toutes ces névralgies réflexes l’étiologie est en général mixte et le nervosisme général du malade doit être invoqué à côté de l’irritation locale.