LES NÉVRALGIES HYSTÉRIQUE ET ÉPILEPTIQUE
un intérêt très grand. Voici les signes différentiels indiqués par Gilles delà Tourelte. Très souvent la douleur est annoncée par un aura : boule remontant du creux épigastrique vers le cou, bourdonnements d’oreilles, battements dans les tempes, hallucinations passagères. Les élancements douloureux paroxystiques sont atroces. Mais ils surviennent par crises longues et espacées. La durée de l’accès n’est plus de une à deux minutes comme dans le tic douloureux vrai. Elle se prolonge deux à trois heures et même plus. En revanche le nombre au lieu d’être de plusieurs dans la même journée n’est souvent que de deux à trois par semaine. Enfin, alors que dans lanévralgie vraie l’accalmie immédiate avec persistance de l’intégrité mentale succède à l’accès, dans l’exaltation douloureuse d’origine hystérique, partie d’un rameau de la 5“ paire jouant le rôle d’une zone hyperesthésique hystérogène la scène morbide se termine souvent par une crise convulsive, accompagnée et suivie de phénomènes psychiques qui jugera à elle seule la nature de la maladie.
L’épilepsie joue-t-elle parfois un rôle dans la production du tic douloureux de la face ? Trousseau le croyait ; pour lui, le tic douloureux pouvait être assez fréquemment un équivalent de l’accès comitial vrai, d’où le nom de névralgies faciales épileptiformes. Féré a rapporté quelques observations très démonstratives. Mais le fait semble assez rare. L’équivalence paraît s’appliquer plus fréquemment à certains cas de migraine ophtalmique simulant la névralgie de labranche supérieure du trijumeau qu’au tic douloureux vrai. Le critérium thérapeutique (et c’est là le seul intérêt de cette discussion) reste d’ailleurs presque toujours négatif. Comme le remarque Ballet, le traitement bromuré est, dans le tic douloureux, aussi remarquablement inefficace qu’il est fatalement actif contre les manifestations comitiales. Dans la migraine ophalmique au contraire, le bromure donne des succès fréquents et remarquables
LA NÉVRALGIE FACIALE
à côté d’insuccès complets. Peter a cependant rapporté une guérison très nette d’un tic douloureux de la face guéri par le bromure de potassium. Le bromure de strontium étudié par Laborde paraît plus efficace encore. Pour le diagnostic de cette forme rare, on peut signaler avec Chipaull une certaine disproportion entre l’intensité du tic convulsif et celle de la douleur. Malgré la violence apparente des crises et l’intensité des secousses musculaires, le malade n’éprouve qu’une souffrance l'elativement modérée. On évitera autant que possible les interventions chirurgicales. L’épilepsie cause réelle ou simple coïncidence, constituait même toujours, d’après Nicaise, une contre-indication formelle aux diverses opérations. Leur gravité augmenterait non seulement en cas d’épilepsie vraie mais surtout en cas d’épilepsie larvée. Nicaise a vu, chez un malade de ce genre, une mort inexpliquable dans le coma, après une simple résection du nerf dentaire inférieur. Le très grand nombre d’interventions diverses pratiquées dans ces dernières années contre l’épilepsie combat, comme nous le faisait remarquer Chipault, en ce qu’elle a de trop absolu cette objection de Nicaise. Les cas malheureux observés par ce dernier sont sans doute de simples accidents.