‹ Le traitement des névralgies et névritesChapitre 23 sur 51 · LE TIC DOULOUREUX DE L4 FACE · texte numérisé non relu

LE TIC DOULOUREUX DE L4 FACE

morphine semble fournir comme un aliment à la douleur. En tout cas, aux souffrances occasionnées par la névralgie, viennent s’ajouter les malaises et les divers inconvénients ou dangers qu’amène à sa suite la morphinomanie. Il n’est guère de situation plus pénible que celle des malheureux prosopalgiques devenus morphinomanes.

Traitement de Trousseau. — Au fond comme traitement médicamenteux on en revient toujours comme dernier espoir au traitement de Trousseau : l’opium à haute dose. Charcot, Gilles de la Tourette, Ballet (1) ont indiqué quelques précautions utiles pour assurer la tolérance : 1“ emploi de pilules de 2 centigrammes, molles, afin de faciliter l’absorption et très régulièrement dosées ; 2“ début par trois pilules au moins, en augmentant d’une pilule par jour jusqu’à ce que les crises douloureuses soient calmées (il faut presque toujours atteindre au moins 0^‘,20) ; 3“ laxatifs légers en cas de constipation, thé, café, champagne, stimulants diffusibles en cas de céphalée et de somnolence ou de diarrhée ; 4“ maintenir, une fois le soulagement obtenu, la dose maximum pendant cinq à six jours et ne diminuer que très progressivement. 11 est important et malheureusement fort difficile (c’est là l’écueil de cette excellente médication) d’éviter les rechutes. Et très souvent dans les rechutes la reprise de l’opium, même aux fortes doses primitivement atteintes, se montre insuffisante. Souvent aussi l’intolérance est plus grande. Mais malgré tout, ce traitement est le moins inefficace de tous les traitements médicaux. « Dans la grande névralgie faciale, sauf le cas de syphilis, l’opium, malgré ses inconvénients, malgré la possibilité d’une récidive, reste le médicament de choix. »

Sulfate de cuivre ammoniacal. — En casd’échecde la méthode de Trousseau, on pourrait essayer une médica-

(I) G. Rai.let. — Bulletin médical, 2'J mars 1899.

LK NÉVRALGIE FACIALE

tion plus infidèle, mais qui, elle aussi, compte cependant des succès . le sulfate de cuivre ammoniacal préconisé par Féréol (1). Le sulfate de cuivre ammoniacal agit peu sur 1 élément douleur en général j il échoue complètement contre les névralgies diverses ; sciatiques, névralgie intercostale, névralgie faciale à souffrances continues. Mais il a une action vasomotrice incontestable et paraît agir en modifiant les phénomènes congestifs qui accompagnent souvent le tic douloureux de la face. Comme le tartre stibié, il détermine du ralentissement du pouls, un état de légères nausées et de malaises. Mais il provoque très souvent de la diarrhée et des vomissements. Féréol donnait à chaque repas trois cuillerées de la potion suivante :

Eau distillée lOO grammes.

Sirop de menthe 30 —

Sulfate de cuivre ammoniacal 15 centigr.

La sédation et le sommeil surviennent souvent dès la pi-emière potion. Mais, pour éviter les récidives, il faut continuer le médicament pendant une dizaine de jours. Dans un cas, le soulagement obtenu ne fut définitif qu’au dixième jour. Féréol rapporte d’ailleurs un insuccès complet, dans sa communication, à côté de trois guérisons chez des malades traités inutilement par tous les autres moyens (aconit, bromure, chloral, quinine, gelsemium).

Électricité. — Comme autres moyens la faradisation au pinceau avec un courant aussi énergique que possible, employée par Duchenne de Boulogne, est un procédé extrêmement douloureux. Duchenne lui-même reconnaît l’intensité des soufi’ranccs provoquées et la rareté des succès dans le tic douloureux de la face. Le procédé de la faradisation par la main électrique est plus acceptable. 11 réussit fort bien dans les formes à douleurs

(I) Fkhkoi.. — lUillelin de l’Acddéttiir de médecine, t. Vil), n“ la.

Page 1