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LE TIC DOULOUREUX DE LA FACE

continues non convulsives. Un des pôles est placé à, la nuque. L’autre est tenu dans la main de l’opérateur. Un massage très doux est fait avec l’index et le médius sur tous les points douloureux. Il est possible par ce procédé d’agir même sur le point intrabuccal. Le courant doit être très doux, facilement supporté et donner une sensation de fourmillement plutôt que des secousses vi'aies.

Le courant continu, en ayant soin d’utiliser les propriétés analgésiques du pôle positif, donne aussi de nombreux succès. Ceux-ci sont malheureusement plus rares dans le tic convulsif que dans la névralgie continue. La plaque positive sera très utilement humectée soit avec une solution d’antipyrine au 1/10“ ou de cocaïne au 1/50“. Elle est appliquée successivement pendant trois à quatre minutes sur chaque point douloureux. La plaque négative est mise à la nuque. Une intensité de 5 à 6 milliampères est suffisante. Ce procédé est très efficace dans les névralgies consécutives au zona ophtalmique. Pour éviter les phosphènes, les vertiges, il importe d’augmenter et de diminuerlentement, progressivement le courant. Les interruptions, les variations brusques d’intensité pourraient même déterminer des syncopes.

Ces précautions sont plus indispensables encore dans le procédé des hautes intensités, dû à Bergonié de Bordeaux (1). Ce procédé où l’intensité atteint au moins 35 milliampères et dépasse souvent 50, repose sur une remarque très juste. Ce qui rend le courant intolérable, c’est moins l’intensité que la densité sur un point donné. En employant des électrodes spéciales, très grandes, ayant la forme de la moitié du visage, absolument moulées et appliquées sur la peau au moyen de bandes de caoutchouc, la densité diminue. Celle-ci n’est en elfet que le quotient de l’intensité du

0) Presse médicale, b inüyicT 1898, p. 5. — Voy. Rühdieh, Précis cl hleclrolhéraple.

Pmcque. — Névralgies et névrites.

LA NÉVRALGIE FACIALE

courant exprimée en milliampères par la surface en centimètres carrés de l’électrode utilisée. Plus cette surface augmente, plus l’application est parfaite et plus la tolérance est absolue. L’application du courant est de un quart d’heure au moins, elle atteint souvent une demiheure sans provoquer ni phlyctènes, ni brûlures. Pour assurer le passage parfait du courant sans variations brusques, les plaques sont garnies de feutre très épais et soigneusement mouillé. L’électrode négative, deux fois plus grande encore que l’électrode positive du visage et ayant 4 à 500 centimètres carrés, est placée dans le dos, au niveau des premières vertébrales dorsales descendant jusqu’aux premièreslombaires. Ce procédé ne réussit pas seulement dans les formes névralgiques continues. Son action est très efficace même dans le tic douloureux. A cette intensité, l’action analgésique du courant continu est en effet très puissante. Quand on retire l’électrode positive du visage, toute trace d’hyperexcitabilité dans la moitié de la face électrisée a disparu. Les frôlements, les pressions ne provoquent plus le spasme douloureux. Peut-être même tout ne se borne-t-il pas à cette analgésie superficielle. Bergonié, se basant sur les lois physiques de la conductibilité, croit que les trous osseux de la face et par suite les branches du trijumeau jusqu’au ganglion de Casser sont les principales voies suivies par le courant pour gagner l’électrode dorsale ; or l’intensité employée est déjà suffisante pour produire une véritable électrolyse.

Deux précautions seulement sont indispensables pour l’emploi de cet excellent procédé: 1“ toute interruption, toute mise en train, toute diminution ou augmentation brusque du courant amèneraient avec cette intensité des vertiges intenses et parfois la syncope; 2“ l’intensité de oU milliampères avec un électrode de 2ÜÜ centimètres carrés bien appliqué est en général tolérée sans brûlures. Mais en raison de susceptibilités individuelles, on n’atteindra cette intensité qu’après quelques séances

LE TIC DOULOUREUX DE LÀ FACE. bl

Un malade de Bergonié n’a jamais pu dépasser 30 milliampères. Toute sensation de chaleur, de brûlure, au cours de l’application, obligera à diminuer (lentement) l’intensité du courant.

L’électricité statique compte, elle aussi, des succès. Elle est même dans les névralgies faciales hystériques un procédé de choix. Les étincelles sont un procédé un peu brutal, un peu douloureux, comparable au pinceau faradique. Comme ce dernier, 'elles aggravent parfois les névralgies qu’elles ne soulagent pas. L’emploi du souffle, procédé plus doux, toujours bien toléré et inoffensif, est infiniment préférable.

L’emploi de l’électricité, même dans la forme la plus défavorable: le tic douloureux, permettra donc souvent d’éviter l’intervention chirurgicale.

En cas de récidives après cette intervention, l’électricité et surtout le courant continu constituent encore un excellent moyen. Ces récidives semblent même céder plus facilement que la première atteinte de névralgie, avant l’intervention. 11 importe de faire le traitement dès le début, sitôt qu’apparaît la récidive. Ce traitement électrique précoce augmentera beaucoup le nombre des succès durables donnés par les interventions.

Opérations chirurgicales. — Restent enfin les opérations chirurgicales. Ces interventions radicales prétendant à détruire le mal en l’attaquant à sa racine méritent à vrai dire, suivant la spirituelle expression de G. Ballet plutôt leur nom par leurs prétentions que par leurs résultats. L’amélioration fait rarement défaut. Mais celle-ci est souvent transitoire. Il faudrait un intervalle de deux ans au moins entre l’opération et la publication de l’intervention pour apprécier réellement le résultat.

Névhotomik. — La névrotomie simple, l’opération la plus facile et la plus bénigne, donne rarement des succès durables. Par contre les résections, sur une longueur aussi étendue que possible du rameau nerveux atteint.

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