LA NÉVRALGIE INTERCOSTALE
■ La névralgie intercostale, outre ses douleurs très vives, amène souvent chez les malades des préoccupations hypocondriaques, un état neurasthénique très pénible et très accentué. Le traitement général est aussi et même plus important que celui de la névralgie elle-même.
Ces préoccupations des malades sont de plus assez fréquemment justifiées. La névralgie intercostale, surtout sous forme de zona, est très souvent l’indice d’une tuberculose latente. En dehors des souffrances spontanées, la douleur provoquée à la pression manque rarement; elle peut être un symptôme diagnostique utile dans la tuberculo.se au début. Un point doulou-
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reux jîresque constant a été signalé par Trousseau. Il occupe le premier espace intercostal, au voisinage du sternum, sur le bord répondant au côté atteint.
Les pleurésies laissent souvent après elles des névralgies tenaces, modérées comme douleurs, mais très prolongées : de véritables névrites. Ces pleurésies suivies de névrites doivent toujours ôire particulièrement suspectes au point de vue de la tuberculose.
Le cancer du poumon, les caries costales, les e.xostoses costales, les cals vicieux à la suite de fractures de côtes sont d’autres causes locales intéressantes. La radiographie rendra en pareils cas de grands services. Merklen (1) ajustement signalé son importance dans le diagnostic étiologique des névralgies intercoslo-bracliiales rebelles.
Certaines causes locales éloignées agissent par action réflexe. Les sympathies gastriques, hépatiques,- utéroovariennes des nerfs intercostaux, classiques en ancienne médecine, sont incontestables. Les douleurs de la gastralgie prennent souvent le type de névralgie intercostale ; la dyspepsie s’accompagne très souvent de névralgie gauche. La dilatation de l’estomac, suivant une remarque très importante de Chantemesse et Lenoir, entraîne plutôt des névralgies bilatérales. Ce fait est intéressant à connaître; les névralgies bilatérales des nerfs intercostaux ne s’observent guère, en dehors de cette cause, que dans les myélites, les tumeurs de la moelle, le mal de Pott, affections d’un pronostic beaucoup plus grave.
Les affections du foie peuvent cependant, elles aussi,, déterminer des névralgies bilatérales. Parfois même, et en particulier dans la colique hépatique, la douleur névralgique est plus vive àgauche qu’à droite. Willemin (de Vichy) en a rapporté de curieux exemples.
Les réflexes utéi’o-ovariens interviennent plus fréquemment encore. Chez la femme, dans toute névralgie
(1) Mhiiklkn. — Presse inédicule, 8 juillet 1899.