‹ Le traitement des névralgies et névritesChapitre 35 sur 51 · LA NÉVRALGIE INTERCOSTALE · texte numérisé non relu

LA NÉVRALGIE INTERCOSTALE

intercostale, Hallopeau donne l’excellent conseil de traiter d’abord l’utérus. Les métrorragies, la menstruation profuse seront recherchées particulièrement.

Le lendemain ou le surlendemain d’un accouchement, même très normal, on voit parfois survenir un violent point de côté. L’inquiétude est toujours grande. Ce point dépend très fréquemment d’une simple névralgie. Celle-ci tient en général à la métrorragie de la délivrance. Elle s’explique aussi parfois, suivant la remarque très juste de Demelin,par la rupture de quelques fibres musculaires au cours des efforts de l’accouchement.

La lactation prolongée,' les tentatives d’allaitement faites par des femmes peu robustes, par des nourrices dyspeptiques, anémiques ou mal nourries entraînent des névralgies particulièrement violentes. Celles-ci sont liées à une lésion locale du sein, à de petites indurations inflammatoires. Ces tuméfactions dures^ mobiles, très douloureuses se retrouvent aussi chez des femmes n’ayant jamais nourri. Leur durée est très longue. Elles se terminent toujours par résolution. Mais outre les souffrances causées, elles donnent forcément la crainte d’un cancer. Ces névralgies, ces indurations mammaires peuvent être, comme l’a montré Gilles de la Tourette, sous la dépendance de l’hystérie.

En dehors de cette influence locale sur le sein, l’hystérie agit souvent comme cause générale de névralgie. Cette influence se retrouve aussi dans l’anémie, dans la chlorose ; dans la chlorose, la névralgie intercostale est un symptôme presque constant. Dans l’impaludisme, on trouve souvent, à côté de l’anémie palustre, l’influence des lésions spléniques.

Ces indications étiologiques dominent le traitement et surtout le traitement général de la névralgie intercostale. Le phosphure de zinc, regardé par Thompson et Bukley presque comme un spécifique, particulièrement en cas de zona, agit au môme tifre que dans les autres névralgies. Tliompson et Bukley donnent le phosphure

dG zinc cl la dose élevée déjà, de 15 milligrammes. Ils n’hésilent pas, en cas de persistance de la douleur, à répéter cette dose après quelques heures. Le chlorure d or et de sodium, par pilules de 1 centigramme, le sous-carbonate de fer réussissent surtout en cas d anémie. La valériane et le valérianate d’ammoniaque conviennent non seulement en cas d’origine nerveuse mais en cas d’origine utéro-ovarienne.

Gomme traitement local, le stypage; fait exactement sur les points les plus douloureux, amène un soulagement rapide. 11 est en cette région mieux supporté que les pulvérisations directes. — L’électricité, en cas d’hystérie, serait employée sous forme de pinceau faradique ou d’effluves statiques. Dans les autres cas, on préférera le courant continu : plaque négative sur le rachis, plaque positive mise tour à tour sur les divers points douloureux. L’intensité ne dépassera pas 6 milliampères. On prendra grand soin, surtout du côté gauche; d’éviter les variations ou interruptions brusques de courant.

Trousseau conseillait un emplâtre formé à parties égales de savon et d’extrait de belladone. Solis Cohen emploie les onctions faites avec le mélange suivant :

Menthol \

Camphre ( âa 5 grammes.

Hydrate de chloral )

Ces onctions donnent une sensation de chaleur douce et un grand soulagement.

Les badigeonnages de collodion semblent agir surtout par la légère compression qu’ils déterminent. L’addition de morphine ou de cocaïne n’augmente pas sensiblement leur efficacité. Chez certains malades soulagés par une pression profonde, l’application d’un bandage de diachylon, analogue au bandage des fractures de côtes donnera de très bons résultats.

L’action des simples injections sous-cutanées d’eau

LES NÉVRALGIES ET NÉVRITES CERVICO-BRACHIALES. 75

distillée est très remarquable et très constante. Elles agissent au moins aussi bien que les injections analgésiques d’antipyrine et de cocaïne. Leur seul inconvénient est de déterminer une douleur locale très vive. L’emploi du sérum artificiel de Hayem supprime cet inconvénient. Une seule injection de 5 centimètres cubes de sérum suffit souvent à calmer les névralgies les plus violentes et les plus tenaces.

Dans les cas particulièrement graves et rebelles resterait enfin l’élongation du nerf intercostal. Cbipault l’a pratiquée deux fois avec succès.

Page 1