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LES NÉVRALGIES VISCÉRALES

Les névralgies viscérales contituaient autrefois un des principaux chapitres dans l’histoire des névralgies. Elles ont fait l’objet, soit en général, soit en particulier, de monographies importantes. Leur intérêt, leur existence même sont aujourd’hui plus discutés. Les névralgies viscérales essentielles semblent très rares. Elles ne sont presque toujours qu’un symptôme d’une lésion locale. Le diagnostic de névralgie viscérale devient dès lors sinon tout à fait erroné, au moins incomplet et insuffisant.

Cette importance des divers éléments étiologiques et des moindres lésions est, lorsqu’on étudie les névralgies viscérales au point de vue thérapeutique, plus prédominante encore. Entre toutes, Xdigastralgie^ par exemple, est une de celles qui restent comme existence la plus

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indiscutée. Mais lorsqu’on invoque pour sa production le rôle des irritants locaux (aliments grossiers ou irritants, comme les épices, l’alcool, médicaments mal tolérés comme les drastiques, l’arsenic, la térébenthine, le santal, le copahu, la quinine) ne retombe- l-on pas dans l’histoire des inflammations muqueuses et de la gastrite? Quant aux causes générales : impaludisme, chloroanémie, goutte, tuberculose, n’agissent-elles pas, soit par inflammation dé la muqueuse, soit par modification chimique du suc gastrique. Ces modifications, et en particulier l’hyperchlorhydrie, j ouent certainement aussi le rôle capital dans les gastralgies d’origine nerveuse, liées aux diverses alTections du cerveau et de la moelle, et en particulier dans les crises gastriques du tabes. Enfin les gastralgies réflexes reconnaissent les causes les plus variées: adhérences péritonéales, hernies et en particulier petites hernies épigastriques, vers intestinaux, lithiase rénale ou biliaire, ectopie du rein, du foie ou du testicule, grossesse, corps fibreux utérins. On pourrait ainsi passer en revue presque toute la pathologie de l’abdomen. En dehors de quelques indications symptomatiques assez banales et médiocrement efficaces (gouttes de morphine ou de cocaïne, eau chloroformée, vésicatoire épigastrique), le traitement de la gastralgie tient tout entier dans le diagnostic de la cause.

L’existence né crulgies rénale ou hépatique

essentielles est plus discutahle encore. Le rôle de la lithiase, des ectopies, des adhérences de voisinage doit être le plus souvent invoqué. Les périviscériles, bien étudiées par Labadie-Lagrave et Deguy et fréquentes chez les arthritiques, viennent expliquer beaucoup de prétendues névralgies viscérales. Cette influence permet de comprendre l’action de la révulsion locale, des divers résolutifs (massage, hydrothérapie, iodure de potassium).

V! entéralgie essentielle se rencontre parfois dans la

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syphilis. Mais la plupart des cas d’entéralgie se rallaclient en réalité à la constipation, aux entozoaires et surtout à l’entérite pseudo-membraneuse. L’el'licacité de Plombières est classique dans toute ces formes de névralgie intestinale.

La splénalffie existe peut-être à titre isolé dans l’impaludisme; la douleur apparaît surtout après une course fatigante ou api’ès le repas; ce point de côté splénique a une valeur diagnostique réelle comme stigmate d’affection palustre. Mais la douleur est plutôt sous la dépendance de l’hypertrophie, des adhérences de voisinage, d’un déplacement que sous celle d’une névralgie simple.

La névvaUjie phrénique s’observe surtout dans la pleurésie diaphragmatique, parfois dans la péricardite. Elle s’accompagne de symptômes très pénibles: hoquet, respiration saccadée, dysphagie, angoisse violente, syncope. Le soulagement, procuré souvent par le bromure de potassium ou par les injections de morphine, indique la part purement nerveuse qui revient à ces accidents.

La cardialgie a ôté longtemps regardée comme constituant une forme spéciale purement névralgique et relativement bénigne de l’angine de poitrine. En réalité on peut bien observer, sous l’influence du tabac, sous l’action des efforts chez les neurasthéniques ou chez les anémiques, de vives douleurs pardiaques. Mais l’angine de poitrine vraie est liée à une lésion des coronaires et sort absolument du cadre des névralgies.

Les névralgies vésicales sont, elles aussi, très contestables. Un examen complet montre toujours quelque lésion locale. Les crises vésico-rectales sans lésions doivent toujours faire songer au tabes. Le soulagement donné dans beaucoup de cas par le courant continu (pôle positif au-dessus du pubis, négatif au sacrum) ne suffit pas à démontrer l’existence purement névralgique. Car ce soulagement s’obtient dans beaucoup de cystites douloureuses.

Ij6 r6t6ntiss6rncnt d6 toutes les uflections utéro-ovsriennessurle plexus iléo-lombaire constitue-t-il de véritables névralgies ? Guéneau de Mussy a particulièrement décrit la variété congestive de ces névralgies, causant des pertes sanguines et en même temps entretenues par elles. Le sulfate de quinine lui paraissait, dans ces métrorragies douloureuses, le meilleur médicament. Chéron a également signalé des métrites arthritiques avec irradiations lombo-abdominales très pénibles, plus efficacement combattues par le traitement général que par le traitement local. 11 conseillait surtout le salol intérieurement (deux à quatre cachets de 50 centigrammes chaque, tous les jours, donnés avant le repas) et en onctions douces faites matin et soir sur la région lombo-abdominale, au moyen de la pommade suivante :

Salol en poudre.

Vaseline blanche Diane de baleine.

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