LES NÉVRALGIES ET NÉVRITES CERVICO-BRACHIALES
Les névralgies et névrites cervico-brachiales dépendent presque toujours d’une cause locale. Cette notion est importante pour le traitement. Les compressions diverses, en particulier dans la région sus-claviculaire (ganglions, exostoses, cals vicieux), les distensions nerveuses (luxations de l’épaule, accouchements laborieux, manœuvres de respiration artificielle), lesnévrites ascendantes à la suite des plaies des doigts sont les causes les plus fréquentes. Le rôle, si banal en apparence, du refroidissement local offre une grande importance pratique. Rien n’est fréquent comme les névralgies cervico-brachiales survenues chez des 'sujets occupant un logement humide, surtout pendant la nuit. Dans le sommeil, une des deux épaules saillante hors des couvertures subit en effet d’une façon toute spéciale l’action prolongée du froid. Les intoxications donnent rarejnent des névrites totales. Elles atteignent plus spécialement telles ou telles branches isolées. La paralysie des extenseurs avec le long supinateur respecté est presque pathognomonique de l’intoxication saturnine. Le tabac atteint avec une prédilection toute particulière le nerf cubital.
Les douleurs dans les névrites cervico-brachiales sont parfois atroces. Elles offrent à l’égard des diverses médications et surtout des médications internes une résistance toute spéciale. L’iodure de potassium est peut-être le médicament le moins infidèle; il réussit souvent, alors même qu’il n’y a pas le moindre soupçon de syphilis. Comme moyen local, les courants continus ascendants ont une grande efficacité. Comme dans toute névralgie très douloureuse, leur technique exige quelques précautions. Remak, en ce cas, conseille non seulement des courants très faibles, mais des courants de faible densité, c’est-à-dire appliqués au moyen d’électrodes de large surface. Pour le pôle positif, le mieux est d’immerger la main dans une cuvette d’eau salée. Le pôle négatif sera constitué par une plaque flexible se moulant bien sur la région sus-claviculaire. Cette plaque, pour une intensité de 3 milliampères, doit avoir au moins 20 centimètres carrés. Le courant sera appliqué chaque jour, mais pendant quelques minutes seulement.
Fait curieux, les 'névralgies les plus douloureuses sont celles qui donnent souvent le moins d’accidents moteurs et le moins de troubles trophiques. Par contre, les paralysies radiculaires du type de Erb, affectant simultanément le deltoïde, le biceps, le bi’achial antérieur, le long supinateur, sont peu ou point douloureuses. Mais elles laissent souvent après elles une paralysie persistante, une amyotrophie progressive et une infirmité durable. Le traitement ici est principalement le massage et avant tout l’électricité. Pour le choix du courant à employer, la recherche de la réaction de dégénérescence oflre un grand intérêt. La faradisation est inutile dès qu’elle cesse de provoquer des contractions musculaires. Elle est même nuisible, en excitant les muscles antagonistes et en favorisant leur rétraction. Par contre, le courant continu peut encore être très utile sur ces muscles ayant perduleur contractilité faradique. Appliqué avec persévérance, son emploi aboutit presque
LES NÉVRALGIES VISCÉRALES.
toujours, au moins chez les sujets jeunes, à la guérison finale. Cette efficacité du courant galvanique est particulièrement importante à connaître dans les paralysies obstétricales, fréquentes après les accouchements laborieux. La guérison, même dans les cas les plus graves, sera souvent complète à condition de continuer le traitement pendant des mois.
En dehors de l’atrophie, en dehors des paralysies et des contractures, on voit parfois intervenir, pour expliquer l’impotence fonctionnelle et sa persistance, une véritable amnésie des mouvements, une sorte d’aboulie motrice, d’incoordination analogue à celle de l’ataxie. Cette incoordination, déjà signalée aux membres inférieurs, est particulièrement fi’équente et tenace dans les névrites du bras. Les exercices méthodiques, tantôt passifs et tantôt actifs, la gymnastique régulière, une rééducation des divers muscles analogue à la méthode employée par Frænkel dans le tabes feront faire à l’amélioration des progrès surprenants