‹ Le traitement des névralgies et névritesChapitre 5 sur 51 · SYPHILIS · texte numérisé non relu

SYPHILIS

€t même dans certaines névralgies de l’adolescence et de la jeunesse. Cependant, même en cas de syphilis avérée, le traitement spéciflque échouera parfois. Certaines névralgies du début sont en réalité banales, liées plutôt à l’anémie, au nervosisme, provoqués par la syphilis, qu’à la syphilis elle-même. A la période secondaire, il n’est pas rare non plus d’observer, particulièrement chez la femme, une véritable opportunité morbide de tout le système nerveux, une sorte de diathèse nerveuse, suivant l’expression de Fournier. Ces deux formes sont plus justiciables du traitement de l’anémie et de la neurasthénie que du traitement spécifique. Comme indication médicamenteuse, la présence de tuméfactions ganglionnaires est très importante. La compression exercée par ces tuméfactions peut être en effet, comme l’a montré Hallopeau, cause de névralgies. Dès la période secondaire, peuvent aussi apparaître de véritables névrites : elles sont particulièrement fréquentes sur le cubital ; Gaucher, Barbe, Sergent, Champenier en ont rapporté des exemples rapidement guéris par le traitement mercuriel. Les névrites de la période tertiaire sont au contraire plutôt justiciables de l’iodure. Elles sont tantôt primitives, tantôt secondaires à une lésion de voisinage. Barthélemy a montré la fréquence de ces névrites au contact des exostoses et des périostoses syphilitiques. Ce fait complique encore le diagnostic différentiel, déjà et souvent très délicat, entre les douleurs ostéocopes et les névralgies. Ce diagnostic n’a fort heureusement qu’un intérêt purement théorique. Les gommes, les ulcérations, les nécroses, les phlegmasies muqueuses peuvent également produire des névralgies de voisinage. Au pharynx surtout, des lésions très minimes entraînent des douleurs violentes. C’est la névralgie angineuse de Lasègue. Cette forme est très remarquable par ses exacerbations nocturnes et par l’insomnie qu’elle provoque.

Cette augmentation des douleurs dans les premières

heures de la nuit est un caractère assez constant des' névralgies syphilitiques. Le contraste avec les névralgies de l’impaludisme à maximum matinal a ôté souvent relevé. En pratique ces règles comportent bien des exceptions. L’intermittence, suivant la remarque de Trousseau, paraît une loi dans tous les paroxysmes nerveux, soit moteurs, soit sensitifs. Le moment même du paroxysme peut être très capricieux. Plus qu’au paroxysme douloureux lui-même, Jules Simon attachait une grande importance au malaise, à l’inquiétude, à l’impossibilité de dormir ou même de rester au lit pendant les premières heures de la nuit, comme à des signes importants de syphilis en activité. Lasègue avait fait la même remarque pour la sciatique. Dans la sciatique syphilitique, le malade souffre moins le jour et cependant cherche le repos. La nuit, bien que souffrant davantage, il semble ne pouvoir tenir en place. 11 se lève et marche continuellement.

La bilatéi'alité de la névralgie doit toujours être suspecte et faire rechercher avec soin la syphilis. A vrai dire, il s’agit plutôt en ce cas de névralgies symptomatiques dues à une méningomyélite, à des lésions des vertèbres qu’à des névralgies vraies. Le fait n’en a pas moins une importance pratique capitale. Le traitement spéciflque non seulement s’impose, mais s’impose avec la plus grande énergie. Mauriac a particulièrement insisté sur les sciatiques doubles liées à une méningomyélite lombaire. 11 a signalé également les névralgies cervico-occipitales bilatérales par lésions des vertèbres cei’vicales. La névralgie du trijumeau est plus fréquente dans la pseudo-paralysie générale d’origine syphilitique que dans la paralysie générale vraie. Elle est quelquefois bilatérale. — Les paralysies faciales doubles, qui s’observent surtout dans la syphilis de la base du crâne, s’accompagnent aussi très souvent de douleurs pseudonévralgiciues, d’une sensation de souffrance et de malaise toute particulière.

Page 1