SYPHILIS
Quand le nerf est accessible à la palpation, comme le cubital ou le sciatique poplité externe, on constate assez souvent un gonflement, un épaissisement manifeste. Ce gonflement est important pour montrer l’existence d’une névrite et non d’une simple névralgie. La névrite syphilitique amène fréquemment un gonflement particulièrement marqué, sans entraîner d’ailleurs d’accidents sensitifs on moteurs très graves.
Un dernier indice a été relevé par Lasègue. Les névralgies syphilitiques, même très peu intenses, offrent aux narcotiques une résistance presque invincible et tout à fait spéciale.
En dehors des règles applicables à chaque névralgie, le traitement spécifique comporte peu d’indications générales. Les applications mercurielles locales (frictions, bandelettes de Vigo sur le trajet du nerf) paraissent parfois plus efficaces que le mercure à l’intérieur. Trousseau attachait pourtant une valeur spéciale au calomel donné fracta dosi. Il commençait toujours par les paquets suivants ;
Calomel 0S‘‘,30
Sucre de lait Q. S.
Diviser en soixante paquets.
Donner par jour à intervalles réguliers dix de ces paquets. Diminuer ou interrompre, quand apparaît la salivation.
Après le calomel, une fois la salivation terminée. Trousseau prescrivait la liqueur de Van Swieten pendant un mois et n’abordait qu’ensuite l’emploi de l’iodure.
Dans les névralgies et les névrites tertiaires, surtout symptomatiques d’une lésion osseuse ou gommeuse, l’emploi de l’iodure serait naturellement institué d’emblée et serait particulièrement énergique.
L’amélioration produite par le traitement spécifique est, quand il doit réussir, rapide. Quand il doit échouer,
11 Gst assez fréquent d observer plutôt une aggravation. ■Ce fait est surtout la règle pour la névralgie faciale. Mauriac a même décrit des odontalgies pseudo-spécifiques et dues exclusivement à un traitement par l’iodure trop intense ou intoléré.
La fréquence des névralgies viscérales d’origine syphilitique est peut-être plus grande encore que celle des névralgies périphériques. Lancereaux a cité plusieurs faits de gastralgie, de vomissements nocturnes, d’hépatalgie, d’entéralgie, guéris par le traitement spécifique. C’est là un fait pratique intéressant dans l’histoire étiologique des névralgies viscérales.