PALUDISME
sueur dans les névralgies des membres, ont peut-être plus de valeur pour le diagnostic étiologique que l’intermittence elle-^même.
Les névralgies palustres peuvent occuper le sciatique, les nerfs intercostaux, les nerfs occipitaux, mais la névralgie fréquente par excellence est la névralgie faciale. Celle-ci se montre surtout sous forme de douleurs, parfois de douleurs . violentes, rarement sous forme de tic douloureux. D’après Weber, la névralgie palustre de l’oreille (otite intermittente) serait particulièrement commune.
Le sulfate de quinine réussit fréquemment. Piorry recommandait de le donner à hautes doses d’emblée, •comme dans la fièvre pernicieuse. Gubler regardait comme suffisante une dose de O^'', 50, à condition de la donner quatre heures avant l’accès. Mondière, Grisolle préféraient l’administration par le rectum à l’administration par la bouche. Ils regardaient les lavements au «ulfate de quinine comme particulièrement efficaces. Le fait est vrai surtout pour la sciatique. Cette méthode ■a de plus l’avantage de ménager l’estomac, souvent atteint en cas d’anémie palustre. Dans la sciatique, dans la névralgie intercostale, les injections quiniques ■loco dolenti ont, surtout en associant l’antipyrine, une •efficacité spéciale. Voici la formule donnée par Laveran :
Quinine (chlorhydrate basique) 3 grammes
Antipyrine 2 —
Eau distillée Q. S. pour 10 cent, cubes
L’injection est ainsi moins douloureuse et moins irritante. Klle doit toujours être faite profondément •dans le tissu cellulaire sous-cutané. Malgré toutes les précautions antiseptiques, une injection faite en partie dans le derme amènerait une inllammation locale.
Au fond, même dans les cas les plus nets comme dia- ;gnostic étiologique, le traitement spécifique par la qui-
nine échoue près d’une fois sur deux. Les succès plus constants dans les névralgies avec fièvre (fébrinévralgies de Marotte) sont plus rares dans les formes continues. Valleix signalait justement que la quinine, quand elle était pour agir, agissait vite. Quand elle n’a pas dans les trois ou quatre jours produit un effet évident, il est inutile d’insister sur son administration.
Les toniques, l’arsenic, l’arséniate de fer, l’hydrothérapie réussissent parfois dans des cas ou la quinine avait échoué. Ces cas semblent sous la dépendance de l’anémie palustre.