DURISE DE L'APPLICATION DE L'ANTISEPTIQUE
quelle devait être la durée de l’application de l'hypochlorite.
On examina d’abord l’influence de l’hypochlorile appliqué comme on le fait ordinairement dans un pansement humide. Sur des plaies en surface, dont l’état bactériologique était connu, on plaça des compresses imbibées d’hypochlorite à 0,5 pour tOO. Le lendemain, le nombre de microbes n’avait pas subi de changement appréciable.
On introduisit aussi des mèches de gaze imbibées d’hypochlorite dans des plaies profondes. Au bout de vingt-quatre heures, la surface des compresses contenait un grand nombre de microbes.
L’insuffisance de la technique employée ordinairement étaitdonc démontrée.
On augmenta alors la durée de la présence de l’hypochlorite dans les plaies en imbibant trois fois par jour le pansement avec de l’antiseptique. Les frottis montrèrent dans la plupart des cas une diminution manifeste du nombre des microbes ; majs les plaies plus infectées ne se modifiaient pas. Sur une petite plaie pansée à l’Iiypochlorite trois fois par jour, le nombre des microbes ne diminuait pas. Au bout d’une semaine de ce traitement inutile, on injecta toutes les heures à la surface de la plaie, sous les compresses, une petite quantité d’hypochlorile.Tous les microbes disparurent (tig. 17).
Un grand nombre d’expériences analogues montrèrent que, dans les plaies en surface, l’infection ne résistait pas à des instillations d’hypochlorile faites toutes les deux heures pendant un ou deux jours. Dans les plaies profondes, la diminution du nombre des microbes se produisait plus lentement même sous l’influence d’instillations fréquentes, d’hypochlorite. L’étude
MOISI Novembre 1915 Décembre
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Kiif. 17. — Nécessité du contact prolongé de l'antiseptique et de la plaie. Plaie atone très infectée traitée jusqu’au 26 novembre par des applications d’hypoclilorite faites trois fois par jour. Aucune diminution du nombre des microbes. On appiiqua le 26 novembre l'hypochlorite de Dakin toutes les heures. La stérilisation était réalisée le 29 novembre.
quolidieiine des frollis, faits à l’aide des sécrétions de différentes régions de plaies plus ou moins anfractueuses des parties molles, montra que la disparition des microbes mettait souvent de 4 à 5 jours à s’effectuer. Dans les grands délabrements des parties molles ou dans des plaies accompagnées de fractures, l’application de l’iiypochlorite devait être continuée en général pendant 8,10 ou 15 jours avant que la stérilisation fût obtenue.
Dans lés plaies compliquées de fracture esquilleuse il fut parfois impossible d’obtenir une stérilisation complète. Généralement la persistance de l’infection était due à la présence d’un corps étranger, projectile, esquille ou débris de vêtements. Lorsque le corps étranger était enlevé, la stérilisation s’effectuait. 11 n’en n’est pas moins vrai que la désinfection des plaies profondes prend toujours beaucoup plus de temps que celle d’une plaie en surface. Avec les techniques actuelles, une plaie accompagnée de fracture se désinfecte parfois en cinq ou sLv jours. En général, la stérilisation réclame pour s’effectuer 10, 15, ou 20 jours, et même davantage, s’il s’agit d’une fracture de cuisse.
B. Rapport entre les dimensions d’une plaie et la durée de la stérilisation. — 11 est utile de se demander pourquoi la durée de l’application de l’antiseptfque doit être plus grande dans les larges plaies accompagnées de fracture, que dans les plaies en surface.
Nous avons vu souvent des plaies en surface contenant beaucoup de microbes se stériliser en quarante-huit heures. La lenteur de la stérilisation dans les plaies anfractueuses paraît être due à la présence de diverticulums où le liquide ne pénètre pas, et où les microbes pullulent, ou bien à l’existence de tissu sphacélé qui met les microbes à l’abri des atteintes de l’antiseptique. Cependant, dans les plaies en surface, contenant du tissu sphacélé, la stérilisation se produit plus rapidement que dans les plaies larges et anfractueuses. 11 est donc probable que l’imperfection de la technique seule rend nécessaire une application prolongée de l’antiseptique. 11 n’y a, en effet, aucune raison théorique à ce qu’une plaie large et anfractueuse se stérilise plus lentement qu’une petite plaie à paroi lisse. Mais il est beaucoup plus difficile de faire pénétrer le liquide ,
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dans loiilcs les anfracluosités d'une plaie profonde que de le mettre nu contact de la surface entière d’une plaie lisse.
La durée de l’application d’hypoclilorite dans les plaies profondes diminuera quand il deviendra possible d’amener l’antiseptique de façon continue à toute la surface de la plaie. Nos techniques sont encore très grossières, et les procédés d’adduction du liquide employés actuellement, ne permettent pas à toutes les parties d’une grande plaie d’être simultanément sous l’influence de la substance bactéricide. Il est probable que les différentes parties d’une grande plaie se stérilisent successivement, car l’examen bactériologique montre qu’au bout de quelques jours certaines parties d’une plaie sont stériles, tandis que les autres contiennent encore des microbes. D’autre part, la rapidité de la stérilisation est, dans une certaine mesure, fonction de la quantité de liquide employé, c’est-à-dire, de l’étendue de la surface de la plaie qui est atteinte à chaque instant par le liquide. Il est permis de croire que les améliorations de la technique diminueront la durée de la période d’instillation antiseptique, mais que cette durée ne-s’abaissera pas au-dessous de vingt-quatre heures.