V. - LA CONNAISSANCE DE L’ÉTAT BACTÉRIOLOGIQUE DE LA PLAIE
Le pouvoir bactéricide des chloramines et de l’hypochlorite de soude est tel que toute plaie doit répondre au traitement par une diminution du nombre des microbes et par leur disparition. 11 est donc important de savoir si l’état bactériologique se modifie de façon progressive. En etfet, lorsque cet état reste stationnaire, on doit conclure que le contact entre 1 antiseptique et les microbes n'est pas établi de façon complète et que la technique doit être modifiée.
L’observation clinique à elle seule ne permet pas de suivre l’évolution de l’infection des plaies. Elle donne seulement des probabilités. Lorsqu’un blessé n’a plus de fièvre, que la plaie est rouge, que ses bords sont souples et que la suppuration a disparu, on peut supposer que la plaie est presque aseptique. Mais l’expérience nous a montré que des blessures, considérées comme aseptiques, sont souvent très infectées et qu’il ne faut jamais se fier à la belle apparence des tissus pour con-
f>8 I.ES PRINCIPES DE LA TECHNIQUE.
dure qu’ils sont stériles. D’autre part, il arrive souvent que des plaies traitées par les chloramines ont un aspect légèrement grisâtre, et sont couvertes de sécrétions purulentes. Elles ont l’apparence de plaies infectées. Cependant on peut suturer ces plaies sans que la moindre élévation de température se produise consécutivement. Dans ces cas, l’examen bactériologique seul peut montrer au chirurgien que le pus qui recouvre les granulations est aseptique.
Il est donc' impossible de se rendre -compte avec une précision suffisante des résultats du traitement, sans l’aide constante du microscope. Sous la. forme simple qui sera décrite plus loin, les examens bactériologiques peuvent être pratiqués chaque jour sur un très grand nombre, de plaies. M. Gaultier (') a montré que, mêmeWans les ambulances de l’avant, il est possible de se servir d’un microscope. Cet examen signale, aussitôt qu’elles se produisent, les erreurs de technique et évite les pertes de temps qui en sont la conséquence. Il indique à quel moment la plaie, devenue chirurgicalement stérile, peut être refermée.
En somme, la connaissance de l’état bactériologique de la plaie est une partie indispensable de la technique de la stérilisation, et, seule, elle peut donner à cette dernière la précision nécessaire.
(') Gaultier, Paris Medical, Juitlet 1916.