QUANTITÉS A EMPLOYER POUR OBTENIR 10 LITRES
DE SOLUTION d’hïPOCIILORITE A 0,475 «/o
Chlorure de chaux
^Carbonate
’^dlsoudJ'^
llSif
La connaissance de la quantité de calcium soluble du chlorure de chaux aurait une certaine importance si l’on n’était pas obligé pour obtenir un produit ayant quelque stabilité d’employer une quantité de carbonate de soude très supérieure à celle que prévoit la théorie. En effet, une solution préparée par action de chlorure de chaux et de sels de soude en quantité théorique perd la totalité de son hypochlorite en Ib à 20 jours.
C. — Sels de soude. Il convient d’emplqyea’ de préférence le carbonate de soude sec (carb. do soude Solvay) qui offre sur les autres sels commerciaux, l’avantage d’être anhydre, pulvérulent et dépourvu d’alcali caustique.
Au cas où l’on serait obligé d’utiliser le sel hydraté (cristaux) la quantité à employer serait de ; 285 grammes pour 100 gr. de sel sec.
Le bicarbonate de soude est aisé à trouver. Il est toujours anhydre. Sa, solution doit être obtenue à froid, car il commence à se dissocier vers 50°.
Lorsque l’on verse la solution de cai'bonate et de bicarbonate
TECHNIQUE DE DAUFRESNE. 65
de soude dans la macération de chlorure dè chaux, un ahoiidant précipité de carbonate de chaux apparaît, indice de la double décomposition qui s’opère entre les constituants solubles du chlorure de chaux et les sels de soude.
Les deux réactions principales sont :
(C10)*Ca + CO^Na* = CO^Ca + 2ClÜKa CaCl^ + g O-Na’- = CO^Ca + 2KaCl
mais le chlorure de chaux contient toujours un résidu de chaux non chlorée pouxant aller jusqu’à 20 pour 100 du poids total, et dont une petite quantité se dissout dans l’eau au cours dé la préparation. Cette chaux intervient à son tour .dans une réaction secondaire lorsque la formule ne comporte que du carbonate de
soude . ca(0H)= -f CO^Na® = CO^Ca + 2NaOH
en libérant une petite quantité d’alcali auquél la liqueur de Labarraque classique est redevable de sa causticité. Dans le procédé de Dakin, cet alcali se trouve neutralisé par un excès d’acide borique. •
Dans le^procédé de Daufresne il ne se forme pas de soude caustique ; la liqueur contient en effet, une certaine quantité d’acide carbonique faiblement combiné (celui du bicarbonate de soude) qui se fixe sur la chaux aussitôt que les deux solutions se trouvent en contact.
11 est difficile de démontrer avec certitude que tel est le mécanisme intime de la fixation de la chaux, mais il est vraisemblable de le supposer. En effet, c’est pour l’acide carbonique, parmi tous les corps en présence, que la chaux possède la plus grande affinité. Dès lors, le rôle nocif de la chaux se trouve supprimé, et la réaction secondaire que nous avions signalée, se trouve transformée en une autre parfaitement inoffensive . Ca(OIip 4- 2C05NaII = CO-Ca -j- C0=Na* -f 2H"0
D. Titrage de là solution d’hypochlorite (‘). — Mesurer 10 centimètres cubes de la solution, ajouter 20 centimètres
cubes d’iodure de potassium à 1/10, 2 centimètres cubes décidé acétique et goutte à goutte une solution décinôrraale d’hyposulfite jusqu’à décoloration, le nombre de centimètres cubes usés multiplié par 0,0 3725 donnera le poids d’hypochlo- (*) Voir Daüfresse, loc. cit. • ' ■
SOLUTION DE DAKIN.
rite de soude contenu dans 100 centimètres cubes de solution.
Dans le premier temps du dosage, l’hypochlorite déplacel’iode de l’iodure de potassium suivant l'équation :
ClOSa + 2KI + H“-0 = P + 2KOII + NaCl
qui n’est complète qu’en présence d’une quantité d’acide suffisante pour saturer complètement la potasse libérée. L’opération revient en définitive à un dosage d’iode par l’hyposulfite de soude :
P + 2SS05Na2 = 2NaI + S*0«Na®
En examinant les différentes réactions nous voyons qu’une seule molécule dUiyppchlorite décompose deux molécules d’iodure de potassium avec libération de deux atomes d’iode, et que chaque atome d’iode transforme une molécule d’hyposulfite en tétrathionate de soude: il s’ensuit les correspondances suivantes
i mol. S®0^Na® 1 atome d’I 1/2 mol. Cl O Na
Au contraire, si comme dans l’essai du chlorure de chaux lerésultat avait dû être évalué en chlore actif (chlore décolorant),, il aurait fallu tenir compte de ce que :
un atome de chlore ne déplace qu’un atome d’iode :
2C1 + 2KI = 21 + 2KC1 et 21 + 2S®03Na« = 2NaI + S*0<=Na^et dans ce cas les correspondances deviennent :
1 mol. S®0»Na- ^ 1 atome d’I ^ 1 atome de Cl I 248 ■ 35,5
Les équations (dans le cas d’une prise d’essai de 10 cc.) qui donneront l’activité d’une solution d’hypochlorite seront différentes suivant que le résultat sera exprimé, soit directement en hypochlorite, soit indirectement en la quantité de chlore d’activité équivalente.
Hypochlorite pour 100.—Nx0,03725
Chlore actif pour 100.=Nx 0,0555
Il est utile d’insister sur ce sujet, car parfois on attribue faussement à l’hypochlorite le même coefficient d’activité qu’au chlore. Or, cette erreur d’interprétation peut avoir, au point devue qui nous occupe, la grave conséquence de faire considérer comme correcte une solution qui ne contiendrait que 0,25 pour 100 d’hypochlorite de soude.
TECHNIQUE DE DAUFRESNE.
m. — CONSERVATION DE LA SOLUTION
Les solutions d’hypochlorite ne se conservent pas indéfiniment, elles s’altèrent très lentement à l’obscurité, beaucoup plus vite à la lumière. Daufresne, a étudié l’influence de la lumière de la façon suivante.
Il répartit en deux flacons une même solution de titre connu, laissant un des flacons sur la table du laboratoire exposé à la lumière diffuse, et conservant le second dans un placard. Il constata que l’activité de la solution mise à l’abri de la lumière n’a pas sensiblement varié, alors que la première a perdu environ 20 pour 100 de son hypochlorite.
Lorsque la masse de liquide est importante, l’altération est extrêmement lente. Daufresne a conservé une solution d’hypochlorite à 0,502 Vo de ClONa dans une tourie clissée en verre noir de 25 litres sans précaution spéciale vis à vis de la lumière. Au bout de 3 mois et demi le titre était ; 0,493 "/o de ClONa, perte pratiquement négligeable.
Que devient l’hypochlorite? On ne le sait pas avec certitude. On pense que par analogie avec ce qui se jproduit sous l’action de la chaleur, l’hypochlorite tend vers ses deux formes stables : le chlorure et le chlorate de sodium :
' 4C10Na = 3NaCl-H ClO^Na-f O
Comme on le volt, cette réaction comporte un dégagement d’oxygène qui manque quelquefois. Elle n’explique pas d’ailleurs tous les faits observés. Il suffit de retenir, qu’en pratique, il sera préférable de conserver les solutions à l’abri de la lumière ou bien les renouveler aussi fréquemment que possible, au moins tous les 10 à 15 jours.
'SOLUTION DE DAKIN.