‹ Le traitement des plaies infectéesChapitre 22 sur 79 · I. — LES TUBES ADDUCTEURS ET LES APPAREILS INJECTEURS · texte numérisé non relu

I. — LES TUBES ADDUCTEURS ET LES APPAREILS INJECTEURS

A. Les tubes adducteurs. — Les tubes adducteurs sont en caoutchouc rouge. Leur paroi a une épaisseur de 1 inm, et leur diamètre intérieur est de 4 mm. Ils sont donc résistants et flexibles. Ces qualités leur permettent de pénétrer dans toutes les anfractuosités des plaies et de résister de façon suffisante à la pression des muscles et du pansement. Ils sont employés sous trois formes différentes.

1“ Tubes perforés de petits trous. — La longueur de ces tubes varie de 30 â 40 cm. Les uns sont fermés à l’une de

leurs extrémités par' une ligature et perforé de petits trous sur une longueur de 5 à 20 cm à partir de l’extrémité close (fig. 18). Les trous sont au nombre de huit environ par segment de 5 cm. Leur diamètre est d’environ un demi-millimètre. Ces

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trous sont pratiqués à l’aide d’un emporte-pièce de 2 millimètres de diamètre qu’on trouve dans le commerce. Ces tubes sont les plus employés. On se sert de quatre catégories différentes suivant que les trous sont pratiqués sur une longueur de cinq, dix, quinze ou vingt centimètres. D’autres tubes sont laissés ouverts à chaque extrémité et perforés de trous dans toute l’étendue de leur partie moyenne (fig. 18, E). Lé liquide pénètre par chaque extrémité.

2“ Tubes présentant un seul orifice. — Ils sont d'une longueur de 25 à 30 cm et leur extrémité est ouverte (flg. 19).

Fig. 19. — Tube adducteur à ouverture terminale. — Tube de 50 cm. environ ouvert à son extrémité et présentant près de celle-ci une large ouverture latérale.

A un derni-centimèlre de cet orifice on pratique une ouverture latérale large. Cet orifice latéral est destiné à permettre la sortie du liquide dans le cas où l’orifice terminal serait oblitéré,.

S" Tubes perforés de petits trous et habillés de tissu éponqe. — Ces tubes sont clos à leur extrémité et perforés de petits trous sur une longueur variable. Le segment perforé de petits trous est recouvert d’une gaine de tissu semblable à celui dont sont ^O. — Tube adducteur habillé de tissu éponge, faites les serviettes

éponge (fig. 20). Celte game est solidement cousue au tube. Elle est destinée à répartir sur toute la surface du tube le liquide qui s’échappe des trous. Il importe que la gaine soit fixée au tube de telle sorte qu’elle ne reste pas dans la plaie au moment où l’on retire le tube.

Les tubes sont de longueur uniforme. On peut les allonger à l’aide de segments de tubes de caoutchouc du même, calibre et de raccords cylindriques en verre (fig. 22, C) d’un calibre de 4 mm et d’une longueur de 2,5 cm.

B. Les tubes distributeurs. — Les tubes perforés de trous sont réunis par groupes de deux, trois ou quatre à l’aide

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de tubes appropriées. Deux types de tubes sont employés (üg. 21) l 1» Le tube en Y se compose d’une branche longue de 2 cm environ dont le calibre est de 7 mm et de deux branches longues également de 2 centimètres dont le calibre intérieur; varie entre 5 et 4 mm (fig. 21,B). Sur ces deux branches on

fixe soit deux tubes instillateurs simples, soit les deux extrémités d’un même tube perforé de trous à sa partie moyenne.

■ 2“ La tube à quatre branches se compose d’un tube de verre fermé à une de ses extrémités, d’une longueur de 6^ à 7 centimètres et d'un calibre de 7 mm (flg. 21, D). Sur le côté de ce tube se branchent à angle droit quatre petits tubes d une longueur de 2 centimètres et d’un calibre intérieur de 5 à 4. mm. Il a donc l’aspect d’un peigne. On peut faire également des tubes à trois (fig. 21, C) ou à cinq ou six branches de la même forme^.

5» Il faut avoir aussi à'sa disposition des-petits tubes con-

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necteurs destinés à unir entre eux les tuyaux dei caoutchouc de petit et de gros calibres, ou à unir un tuyau de petit calibre à un tuyau de gros calibre. Les uns sont des tubes cylindriques d’unelongueur de 2 à o centimètres et d’un' calibre de 4 et de 7 mm (fig. 22, A et G). Les autres sont des tubes coniques de la même longueur présentant à une de leurs extrémités un diamètre intérieur de 3 à 4 mm, et à l’autre extrémité un diamètre intérieur de 7 mm (fig. 21, A). On se sert aussi des tubes en Y d’un calibre de 7 mm pour unir entre eux les tubes irrigateurs (fig. 22, B).

C. Les appareils injecteurs. — Les appareils injecteurs se composent essentiellement d’une ampoule fixée à une certaine hauteur au-dessus du lit du blessé et d’un tube muni ou non d’un appareil compte-gouttes qui permet de faire soit l’instillation continue, soit l’instillation intermittente.

1“ L’ampoule généralement employée est une ampoule de verre d’une capacité de 1 litre. Son orifice inférieur présente un diamètre intérieur de 7 mm (fig. 23). A son extrémité inférieure, on fixe un tube irrigateur de caoutchouc rouge dont le calibre est également de 7 mm.

L’ampoule est attachée au sommet d’une tigè de bois fixée au point convenable du lit, point qui dépend de la situation delà plaie. L’ampoule se trouve à une hauteur de 50 centimètres à 1 métré au-dessus du plan du lit.

2“ Le tube irrigateur possède, comme nous l’avons dit, un diamètre intérieur de 7 mm. Sa longueur est de 1 m. 50 à 2 m. Tandis que son extrémité supérieure est attachée à l’ampoule, son extrémité inférieure est unie à la canule de verre sur laquelle sont fixés les petits tubes qui apportent le liquide à la plaie. A 10 centimètres au-dessous de l’ampoule, le tube porte une pince de Mohr à ressort (fig. 24). 11 suffit d’appuyer sur le

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ressort pour que la lumière du tube s’ouvre et que le liquide s’écoule. Cet appareil est d’une grande simplicité et convient à l’irrigation intermittente des plaies (fig. 25). Toutes les deux heures la nurse passe au pied du lit du blesse et appuie quelques secondes sur la pince de Mohr. L’instillation se produit aussitôt.

Dans les ambulances de l’avant où il est difficile d’avoir le

nombre d’appareils nécessaires, on peut employer le dispositif imaginé par le médecin-major Per^ ret. Ce dispositif comprend un support roulant au sommet dm) lel se trouve le ré ervoir contenant la solution de Dakin. L’infirmier pousse le support de lit en 'lit et injecte le liquide dans les plaies à l’aide d’une canule quifest changée pou' chaque blessé. Ce procédé simplifie le matériel, mais an pnenle dans une large mesure le travail du personnel.-

On peut ée lement instiller le liquide à l’aide d’une seringue. La seringue i plus commode pour cet usage a été fabriquée par Gentile. Ile se compose simplement d’un tube de verre effilé à son e rémité et d’une capacité de dix centimètres cubes

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(fig. 26). Le piston est remplacé par une poire de caoutchouc rouge. L’avantage de cette seringue est de ))ouvoir être maniée avec une seule main. Chaque hlessé a sa seringue. On la con-

Fig. 26. — Seringue de Gentile.

serve à demi enfoncée dans la houteille qui contient la solution de Dakin destinée à chaque hlessé. L’usage de la seringue pour l’instillation du liquide a aussi l’inconvénient d’augmenter le travail du personnel. En outre, l’instillation faite à la seringue donne des résultals beaucoup moins rapides qu’avec l’ampoule irrigatrice, parce que la quantité de liquide injecté est moins considérable et que, le tube formant siphon au moment où l’on retire la seiûngue, le liquide s’écoule immédiatement de la plaie aù'lieu d’y séjourner.

Nous avons abandonné complètement l’usage de la seringue pour les instillations.

Nous nous servons de la seringue de Gentile pour vérifier la perméabilité des tubes au cours du pansemenl.

Lorsqu’on désire pratiquer l’instillation continue au lieu de l’instillation intermittente, l’appareil est modifié de la façon suivante. On fixe à la partie inférieure de l’ampoule un tube de ST.-Compte-gouUes de Gentile et pince à vis. caoutchouc d’une

longueur de 10 centimètres. A l’extrémité de ce tube, est attachée une ampoule compte-gouttes de Geqtile. Entre le comptegouttes et l’ampoule se trouve une pince de Mohr à vis, per-

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mettant de régler le nombre de gouttes que l’appareil doit laisser passer chaque minute. La partie inférieure du comptegouttes est reliée au tube irrigateur (fig. 27). Gomme la quantité de liquide qui doit traver- .ser la section du tube dans Tunité de temps est très petite,

Fig. 28. — Appareil mot tillation goutte à goutte. — poule.—6. Tube irrigateur.—

. 4 .fis d. Compte-gouttes. —e. Tube

distributeur (fig. 21. A).- /. Tube adducteur à orifice terraiual (fig. 19).

in diamètre de

distributeur à i branches. — e. Tubes adducteurs (fig. IS).

il est inutile de se servir de tube irrigateur de diamètre aussi grand que dans l’appareil à instillation intermittente. Un calibre de 5 à 6 mm. est suffisant.

ArPLXATlOX DES TUBES-DANS UNE PLAIE. 97

D. Mode d’emploi des différents tubes et appareils. — 1° L’appareil à instillation continue ne doit jamais être mis en communication avec plusieurs tubes adducteurs, ni avec un tube perforé de plusieurs trous. Gomme le débit du compte gouttes est très faible, tout le liquide passerait par un seul tube et par un seul trou de ce tube, le trou et le tube étant déterminés par la pesanteur, bar conséquent, l’instillation goutte à goutte ne doit être employée que dans les plaies qui contiennent un seul tube perforé à son extrémité (fig. 28), ou bien un seul tube habillé de tissu éponge.

2“ L’appareil à instillation intermittente peut être mis en rapport avec quatre tubes perforés de petits trous, et même, dans certains cas, avec huit tubes. Comme le débit du tube irrigateur est considérable, le liquide, au moment où on appuie sur le ressort de la pince de Mohr, jaillit à la fois par tous les trous de tous les tubes. On doit se servir, autant que possible, des tubes perforés sur une longueur de b et de 10 centimètres, surtout si une seule ampoule fournit le liquide à huit tubes.

11 ne faut jamais'brancher sur une même canule des tubes simples perforés et des tubes habillés de-tissu éponge. A cause de la différence de résistance, le liquide s’écoulerait presque uniquement par les tubes simples perforés.

11 est important de connaître le mode d’emploi respectif de l’instillation continue et de l’instillation intermittente, car, si on mettait un appareil compte-gouttes en rapport avec un système de plusieurs tubes perforés, aucun résultat ne pourrait être obtenu. L’appareil à instillation intermittente est d’un emploi beaucoup plus général que l’appareil à instillation continue puisqu’il permet à une seule ampoule irrigatrice de répandre son liquide dans quatre ou huit tubes à lafois(flg. 29). 11 est donc applicable à toutes les grandes plaies.

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