APPLICATION DES TUBES DANS UNE PLAIE
contact prolongé de l’antiseptique et de la surface de la plaie est plus difficile à obtenir.
La forme de la plaie joue aussi un rôle important. Une
plaie possédant un seul orifice situé à sa partie supérieure se remplit de liquide comme un vase'et se stérilise facilement (flg. 53). Si une plaie de même forme a un second orifice au niveau de sa partie inférieure le liquide la traverse rapidement et la stérilisation est plus lente. La pesanteur joue un rôle très considérable dans la répar¬
tition du liquide, et les tubes doivent être appliqués de façon à l’utiliser.
B. Disposition des tubes suivant la forme de la plaie. 1" Plaiès en surface. — On applique sur la plaie un ou plusieurs tubes perforés de petits trous. Si la plaie est située à la partie antérieure du corps et si son plan est presque horizontal le liquide se répartit à peu près également à sa surface (fig. 31). Lorsque la surface de la plaie est inclinée, on place le tube le long du bord le plus élevé (fig. 52) de telle sorte que le liquide, entraîné par sa pesanteur, glisse à la surface des tissus.
s TÈRIUiSA T ION CHIMIQUE.
Au lieu d’uu tube simple, on peut employer un anneau formé par un tube perforé de petits trous à sa partie moyenne et dont les extrémités sont fixées aux branches d’une canule en Y (fig. 34). A l’aide d’un fil unissant les deux bi'anclies du tube, on donne à l’anse la forme convenable. A l’extrémité d’un
Fig. 5t. — Plaie en surface. — L’instillation est faite par un tube perforé à sa jjartie moyenne et dont les extrémités, lixées à la peau par un morceau d’adhésif, se relient à un tube distributeur en Y.
liquide par des applications, le tissu sphacélé a été dissou
moignon, ce mode d’instillation est utile. Entre la surface cruenlée et la base du lambeau on place un anneau formé d’un tube perforé de trous multiples dont les deux extrémités viennent s’unir à la canule en V placée sur la peau de la partie antérieure du nîembre.
La fixation de ces tubes se fait à l’aide de compresses de gaze imbibées de solution de Üakin qui sont placées sur eux.
En outre, ils sont fi.xés à la peau qui avoisine la plaie par un morceau de bande adhésive. Cette fi.xation doit se faire de façon très attentive, car si les tubes glissent vers le point le plus déclive de la plaie, la stérilisation de la partie supérieure s’effectue mal. Quelles que soient les précautions prises les tubes se déplacent parfois. C’est pourquoi il est avantageux, dans le traitement des plaies en surface, de remplacer l’instillation de de pâte à la chloramine, dès que
2° Plaies en séton. — Si on applique un tube lié à son extrémité et perforé de petits ti’ous dans un séton dont l’axe est à peu près horizontal, le liquide séjourne facilement dans la plaie (fig. 35). Mais si l’axe du séton est vertical, le liquide s’échappe par l’orifice inférieur aussitôt après l’injection. C’est
n tulio ouvert à son extrémité terminale.
arrivant continuellement à la partie profonde de la plaie, s’y renouvelle constamment. Ce dispositif est éminemment favorable à une stérilisation rapide. 11 faut donc transformer, autant que possible, les plaies à deux orifices en plaies à un seul orifice, en oblitérant avec un tampon l’orifice inférieur.
Lorsque l’orifice de la plaie, au lieu de se trouver à la face, antérieure du corps, se trouve à la face postérieure, les condi-
APPLlüAllUN DES iL/BEo DANS biM, PLAIE. 101 pourquoi on se sert parfois dans ce cas d’un tube entouré de tissu éponge. Le tissu éponge répartit le liquide sur la surface de la plaie et le maintient un temps plus ou moins prolongé au contact de cette surface.
3“ Plaies présentant un seul orifice. — Si l’orifice se trouve au plafond de la plaie le disjiositif est simple. On introduit jusqu’au fond de la plaie un tube portant un seul trou près de son
extrémité (fig. 36). La cavité de r trieur
la plaie se remplit comme un
vase et le liquide y stagne tant teur perforé'de'petiis trous et qui
qu’il n’est pas remplace par le
liquide nouveau amené par le i
tube au fond de la plaie. L’orifice supérieur de la plaie doit être assez large pour que le liquide circule librement. Dans ces cas on peut employer l’instillation goutte à goutte. Le liquide;
STERILISA T ION CHIMIQUE.
lions sont cliangocs. Si le blessé peut se coucher sur le ventre, on place le tube comme précédemment. Sinon il faut adopter un dispositif différent. En effet, si le liquide est amené jusqu’au plafond de la plaie par un tube pénétrant par l’orifice inférieur, il tendra à ressortir immédiatement sous l’influence de la pesanteur. Lorsque la plaie est étroite, on peut appliquer un tube habillé de tissu éponge, qui, par capillarité, porte le liquide jusqu’à la partie supérieure (fig. 37). Si la plaie est plus large, on y place des tubes perforés de petits trous et on injecte le liquide sous une assez forte pression. Le liquide jaillit sur la paroi et parvient à la stériliser mais plus lentement que s’il pouvait stagner dans la plaie.
Lorsque l’orifice se/ trouve sur la partie latérale du corps, on peut produire dans la cavité un certain degré de stagnation à l’aide de compresses placées au niveau de l’orifice. Dans ce cas, les tubes perforés de petits trous et fermés à leur extrémité, sont employés. 11 faut, en outre, placer le blessé dans la position la plus propice à la stagnation du liquide dans la plaie.
-4° Plaies larges à plusieurs orifices. — Parfois ces plaies peuvent se remplir de liquide si les orifices se trouvent situés sur la partie antérieure du membre. La stérilisation est alors fort simple. Dans la plupart des cas, il n’en est pas ainsi. Le liquide a une tendance à s’échapper rapidement par le point le plus déclive de la plaie. En même temps que les lésions des parties molles, il existe souvent une fracture qui rend la plaie plus i T égulière encore.