‹ Le traitement des plaies infectéesChapitre 28 sur 79 · IV. — INSTILLATION DU LIQUIDE ANTISEPTIQUE · texte numérisé non relu

IV. — INSTILLATION DU LIQUIDE ANTISEPTIQUE

L’ampoule d’un litre est remplie de solution de Dakin légèrement colorée en rose avec du permanganate de potasse. Cette coloration permet de distinguer la solution de Dakin de la solution salée physiologique, et d’éviter, à coup sûr, les erreurs.

1» L’instillation continue donne de meilleurs résultats que l’instillation intermittente. Mais elle est employée moins fréquemment. En effet, elle ne convient qu’aux plaies où le liquide peut stagner, ou bien aux petites plaies pour lesquelles un seul tube adducteur entouré de tissu éponge suffit. On règle le débit du liquide à l’aide de la pince à vis interposée entre l’ampoule et le compte-gouttes. Cinq à six gouttes par inimité permettent en général une humectation suffisante de ce genre de plaies-. On doit se souvenir que la pression du liquide à la surface de la plaie est représentée par la différence de niveau entre la plaie et la partie inférieure du compte-

STERILISATION CHIMIQUE.

gouttes, et non pas entre ta plaie et la partie supérieure de l’ampoule. Si on place le compte-gouttes trop bas, au niveau (le la plaie, il ne fonctionn( 5 ,.pas. 11 fauf savoir également que l’instillation goutte à goutte ne doit être employée que lorsque l’extrémité du tube irrigateur est unie à un seul des petits lubes adducteurs du liquide dans la plaie. Dans ces conditions, l’instillation continue permet le maintien de la concentration du liquide antiseptique à la surface dé la plaie dans des conditions meilleures que l’instillation intermittente.

2» L’instillation intermittente est appliquée à la plupart des plaies. En effet, la majorité des plaies sont larges et anfractueuses et présentent plusieurs orifices. L’instillation continue n’y est donc pas applicable.

L’instillation intermittente se fait en appuyant toutes les deux heures pendant quelques secondes sur la pince à ressort qui se trouve sur le tube irrigateur au-dessous de l’ampoule. Le liquide s’échappe immédiatement de l’ampoule et Jaillit en grande abondance par tous les trous de tous les tubes adducteurs. La durée de l’écoulement du liquide doit être très courte, de telle sorte que le malade ne soit pas inondé. La quantité ainsi injectée varie suivant les cas de 20 à 100 cc. et parfois davantage. Les injections se font, ufl. général, toutes les deux heures et, parfois, plus fréquemment. Lorsque l’appareil a été disposé, comme nous l’avons décrit, le travail de l’infirmière chargée de faire les instillations gst peu considérable. En effet, en passant au pied du lit de chaque hlessé, elle se contente d’appuyer pendant quelques instants sur la pince à ressort fixéeau tuyau irrigateur.

3“ La quantité totale de liquide injecté en 24 heures varie de 250 à 1200 cc. environ. Dans les très vastes plaies on peut en injecter davantage sans incqnvénient. La seule règle fixe est que la plaie soit maintenue constamment humectée par le liquide et que cependant le malade ne soit pas mouillé.

4“ Dans l’instillation intermittente, la pression varie environ de quarante centimètres à un mètre. Elle doit être réglée suivant les besoins particuliers de la plaie et la sensibilité du blessé. Au moment de l’instillation le blessé ressent parfois une légère impression douloureuse qui persiste pendant quelques minutes. Souvent aussi il ne sent rien qu’une impression de fraîcheur ou de froid. Jamais le malade ne doit souffrir de

DUmiE DE E’INüTILLATlON.

l'inslillatioii. Lorsqu'il se plaint, cela indique qu’une faute de technique a été commise. En effet, la douleur est due soit à une pression trop grande, soit à un orifice trop petit de la plaie. Si la pression est trop grande, le liquide jaillit' avec violence des trous des tubes contre la paroi de la plaie et traumatise les tissus. C’est pourquoi il ne faut jamais recourir à une pression supérieure à 1 mètre. Chez les malades sensibles, on peut sè contenter de 20 à 50 centimètres. Une auti’e cause de douleur est la rétention du liquide sous pression dans la plaie. Si les incisions sont trop petites et si les tubes adducteurs se trouvent serrés par les tissus ou par des compresses, le liquide ne sort pas librement de la plaie. 11 s’y accumule sous pression et le malade souffre. La plaie doit être largement ouverte afin que le liquide s’en échappe ■ facilement.

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