‹ Le traitement des plaies infectéesChapitre 8 sur 79 · III. - MAINTIEN DE LA CONCENTRATION DE L’ANTISEPTIQUE · texte numérisé non relu

III. - MAINTIEN DE LA CONCENTRATION DE L’ANTISEPTIQUE

Le second principe essentiel est le maintien du liquide à la surface des tissus sous une concentration presque constante. Ce principe a été complètement ignoré jusqu’à présent. En général, les antiseptiques étaient appliqués sur les plaies par l’intermédiaire de gaze hydrophile, et le liquide était renouvelé une ou deux fois par vingt-quatre heures. 11 était certain cependant que, dans ces conditions, le pouvoir bactéricide des substances employées disparaissait rapidement. En effet, si on applique à la surface d’une plaie une compresse imbibée de solution de Dakin à 0,5 pour 100, le résultat obtenu est presque nul, car la concentration de la solution diminue tfès.vite sous l’influence de la dilution par les sécrétions de la plaie, et de la combinaison de l’hypochlorite de soude avec les protéines du pus, des tissus et du sang. En un mot, la concentration d’un antiseptique appliqué suivant la méthode chirurgicale habituelle devient bientôt si faible qu’aucun résultat ne peut être espéré. Le seul moyen de maintenir à la surface d’une plaie, sous la concentration nécessaire, une substance qui se dilue et se détruit constamment, est de l’y renouveler de façon incessante. C’est pour cette raison que nous avons employé l’instillation continue ou intermittente.

Le meilleur procédé consiste à amener un courant très lent de liquide antiseptique sur foute la surface de la plaie. Cela est facile -pour les plaies petites, et pour les plaies qui peuvent se remplir de liquide comme un vase. L’antiseptique, amené goutte à goutte, se renouvelle lentement au contact des tissus. Lorsqu’il s’écoule de la plaie, il est absorbé par le pansement, et s’évapore sans mouiller le malade. Mais lorsque la plaie est grande, et qu’èlle présente plusieurs orifices, une quantité considérable de liquide serait nécessaire pour humecter de façon continue toute la surface des tissus. La quantité qui s’écoulerait de la plaie, serait trop considérable pour être absorbée par le pansement. H faudrait recourir à l’ancien procédé de l’irrigation continue, qui est compliqué et pénible pour le malade.

D’autre part, l’expérience a démontré que si le liquide est

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injecté à la surface de la plaie toutes les heures ou toutes les deux heures, la stérilisation se produit. Cette instillalioii intermittente est d’une application facile. C’est le procédé que nous employons à l’heure actuelle. Il est loin d’être parfait, mais il permet le contact fréquent de la paroi de la plaie avec l’antiseptique sous une concentration déterminée. On trouvera sans nul doute de meilleurs dispositifs pour permettre le maintien de la concentration convenable de l’antiseptique. Par exemple si le liquide jaillissait par les trous nombi-eux et microscopiques de tubes introduits dans les anfractuosités de la plaie, la quantité employée serait plus faible, et cependant, chaque partie de la plaie serait baignée à chaque instant par l’antiseptique sous la concentration choisie.

.La concentration de l’antiseptique a été déterminée empiriquement. On a trouvé que la solution de Dakin, contenant de 0,45 à 0,50 pour 100 d’hypochlorite de soude et appliquée dans les conditions précédemment décrites, ne produit pas de lésions des tissus et stérilise les plaies.

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