‹ Le Traitement des Polynévrites alcooliques par l'ÉlectrothérapieChapitre 14 sur 41 · LM OS · texte numérisé non relu

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la réaction de dégénérescence partielle, on peut observer tous les degrés intermédiaires. La réaction de dégénérescence complète a pour signes principaux :

Sur le nerf : inexcitabilité aux deux modes.

Sur le muscle : perte de lexcitabilité au courant faradique, ce qui s’explique fort bien par la brièveté de l’onde faradique, qui est voisine du millième de seconde.

Pour compenser ce court passage du courant, il faudrait atteindre un voltage, que le patient ne pourrait supporter.

Le courant galvanique provoque sur le muscle la lenteur de la secousse associée à la réaction longitudinale. L'égalité ou l’inversion polaire est à peu près constante.

Contrairement à ce qui se produit dans la polynévrite saturnine, la RD complète implique ici un très grave pronostic. Dans la majorité des cas, c’est-à-dire lorsque les habitudes d’intempérance ont été supprimées et le traitement judicieux rapidement institué, c’est à une évolution favorable que l’on va assister.

Cliniquement la disparition des douleurs, des troubles moteurs et réflexes vont venir corroborer bientôt les résultats des examens électriques. S’il ne s’agissait que d’une simple hypo-excitabilité l'amélioration aura été très précoce.Dans l’hypothèse d’une R D partielle, les phénomènes de réparation seront plus longs à se produire : d’abord sur le nerf dont l’hypo-excitabilité diminue, puis ils gagnent le muscle, où la réaction longitudinale devient moins nette.

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Finalement, on ne trouve plus de lenteur de la secousse au point moteur et la formule polaire est à nouveau normale.

Une évolution en sens contraire chez des malades venus consulter trop tardivement prend une signification d’une extrême gravité.

2) MÉTHODE CHRONAXIQUE.

Les indications que nous donne l’électro-diagnostic classique sont, on le voit, de première importance.

Aujourd’hui cependant on est amené à leur reprocher une imprécision que la pratique des examens chronaxiques a rendu plus sensible.

On aurait tort cependant de vouloir opposer deux modes d’examen, qui se complètent et possèdent des vertus différentes. Le gros avantage de la méthode classique est sa simplicité et par conséquent sa rapidité. Il est un autre argument dont il faut tenir compte, à savoir la facilité d’application.

Tous les électrothérapeutes pratiquent l’électrodiagnostic classique, alors que peu d’entre eux possèdent à l'heure actuelle une installation leur permettant d’effectuer des recherches chronaxiques.

Le choix de la méthode ne se pose donc pas toujours. Il n’en est pas moins certain que toutes les fois où ce sera possible on aura recours à la mesure de l’excitabilité par la chronaxie.

Ces avantages sont multiples : tout d’abord à la phase initiale elle permet de dépister des lésions qui

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ne sont décevables d’aucune autre manière. Le Docteur BOoURGUIGNON a mis en évidence qu’une contraction peut rester vive en tous ses éléments, alors que la chronaxie varie du 1/3 à 10 fois le chiffre normal. __ D'autre part, on obtient des renseignements très

exacts sur la valeur absolue de l’excitabilité des dif- férents faisceaux à l’intérieur du muscle. Il est fréquent, en effet, d'observer au point moteur une contraction vive, de faible amplitude, et une chronaxie normale; si l’on déplace légèrement Félectrode, un nouveau faisceau musculaire apparaît qui peut être lent à l’inspection ou avoir une chronaxie modérément augmentée.

Ce mélange des fibres saines et pathologiques rend parfois ies mesures difficiles, car la rhéobase et la chronaxie risquent de ne pas être prises sur le même élément (DAVERNE). Il faut, en conséquence, veiller à prendre la chronaxie sur des fibres musculaires ayant même forme de contraction que celles sur lesquelles on a mesuré la rhéobase,

À un stade évolutif plus avancé, ia chronaxie va permettre de distinguer de façon certaine une réacüon de dégénérescence partielle d’une action de dégénérescence totale. « En effet, la chronaxie du point moteur du muscle n’est jamais aussi grande dans la dégénérescence totale, et on peut dire à peu près avec certitude qu’un muscle même inexcitable par le nerf n’est qu’en dégénérescence partielle quand la chronaxie de son point moteur est inférieur à 10 6, ne dépassant pas 50 à 86 et est plus petits que la chro-

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xie par excitation longitudinale, Un tel muscle n’est pas complètement privé de nerf. » (BOURGUIGNON).

Bien que dans la polynévrite éthylique l’étude des répercussions ne présente que peu d'intérêt puisque les lésions sont bilatérales et symétriques, nous parlerons succinctement de ce phénomène tant est grande sa valeur pronostique dans les affections unilatérales. :

Il consiste essentiellement en une augmentation des chronaxies des membres sains, quand le nerf maiade est le siège d’un processus actif de dégénérescence ou de régénération. (BOURGUIGNON).

Il est aussi possible, de prévoir une amélioration ou l'efficacité d’une thérapeutique, alors que cliniquement ou électrophysiologiquement rien ne permet de les déceler par l’exploration directe du nerf lésé ou de son domaine.

Enfin, les chronaxies répétées, dont on. établit les courbes, sont l’exact reflet de l’évolution de la maladie; grâce à elles il sera loisible de poursuivre un traitement que les réponses grossières de l’électrodiagnostic classique et de l’examen clinique auraient conduit à abandonner.

Au cours de la polynévrite éthylique, lintoxica-

- tion atteint d’abord les muscles à chronaxie moyenne,

(0 5, 16 à 0 6, 32) innervés par le sciatique poplité externe. Une intoxication plus forte provoque une altération des muscles antérieurs de la cuisse à petite chronaxie (06,06 à 060,14) et en dernier lieu celle des muscles postérieurs de la jambe et de la cuisse à grande chronaxie (0 0, 40 à 0 0, 70).'

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