IT. TRAITEMENT ELECTRIQUE
1°) La diathermie : elle sera appliquée de la façon suivante : une électrode est placée sur le renflement lombaire, deux autres électrodes plus petites sur chaque mollet. Ces deux dernières sont réunies à la même extrémité du solénoïde (VIGNAL).
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On fera passer un courant d’une intensité d’envi-
ron 800 milliampères pendant 12 heure.
Ces séances de diathermie sont pratiquées les jours où le malade ne subit pas de traitement par ionisation iodurée.
Indications : On lutilisera dans les formes graves seulement où les troubles vaso-moteurs sont très accentués. Son action se traduit essentiellement par une vaso-dilatation qui modifie la température du membre malade, une augmentation des échanges cellulaires, et une action sédative sur la sensibilité.
2°) Les ondes courtes :
A l’heure actuelle on a tendance à remplacer chez les polynévritiques la diathermie par les ondes courtes qui ont le double avantage de :
a) supprimer le risque de brülure, risque qui chez un sujet à circulation déficiente n’est point négligeable;
b) provoquer un échauffement musculaïre nettement supérieur.
Ill. TRAITEMENT ORTHOPEDIQUE :
Le traitement orthopédique revêt une importance capitale chez tous les malades ayant une atrophie musculaire marquée.
Si l’on ne prend à temps les précautions nécessaires, des déformations définitives peuvent se produire qui entraîneront une impotence plus ou moins
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complète. L’action prédominante des antagonistes détermine un allongement des muscles paralysés, favorisé par le simple poids des couvertures.
Il en résulte des rétractions ligamenteuses irréductibles, aussi doit-on placer les jambes en position de relâchement musculaire au moyen d’attelles. Un cerceau empêchera le contact avec les couvertures.
Les premières observations que nous rapportons sont celles de malades soignés dans le service de notre maître, M. le D' LEPENNETIER, Chef du Service Central d’Electro-radiologie de l'Hôpital Tenon.
Le traitement appliqué fut, sauf dans un cas, l’ionisation iodée, suivant la technique longitudinale classique. |
Madame P.…., âgée de 39 ans. ouvrière métallurgiste, entre à l’hôpital envoyée par son médecin, qui a posé le diagnostic de cirrhose du foie. Le faciès de la malade porte la marque de l’imprégnation éthylique.
Les troubles dont elle se plaïnt ont commencé il y a environ un mois et demi. Il s’agit essentiellement de vommissements très fréquents le matin et d’une difficulté de plus en plus grande à marcher.
L'examen va montrer l’existence d’une cirrhose bien caractérisée et d’une paraplésie alcoolique. La cirrhose se traduit par une augmentation de volume du foie, qui, non ptosé, déborde de trois travers de doigt les fausses côtes; sa hauteur est d’environ 20 cm. La rate n’est pas palpable. Sur l’abdomen on constate la présence de circulation collatérale, et l’ascite est à cette époque encore très légère.
Aux membres inférieurs, l’inspection montre une grosse amyotrophie des muscles de la cuisse et de la loge antéroexterne de la jambe, Le pied est en varus equin. La palpation
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des mollets est extrêmement douloureuse et la recherche des réflexes achilléens et rotuliens est négative. La marche est impossible.
Aux memibres supérieurs, on ne constate pas de diminution de la force musculaire et l’l’hypéresthésie cutanée est beaucoup moins marquée qu'aux jambes. Le réflexe olécranien, cependant, est aboli. Quant au psychisme, il semble normal.
L'examen électrique ne révèle pas de lésions nerveuses considérables. L’excitabilité faradique et galvanique est simplement diminuée, Il n’y a pas de réaction de dégénérescence.
Le traitement électrique ne fut institué qu’un mois après Padmission à l’hôpital. Une cure de strychnine à la dose de 1 à 4 mm. pro die et d’extrait hépatique l’avait précédé.
L'ionisation iodurée fut pratiquée pendant 27 séances, au bout desquelles la malade put sortir de l’hôpital. À ce moment la marche était redevenue normale.
Madame G.., âgée de 32 ans, entre à l'Hôpital Tenon (Sercice du Dr MAY), le 27 mai 1938, parce qu’elle éprouve des douleurs dans les membres inférieurs.
Ces douleurs ont fait leur apparition il y a un an. Elles éiaient à types de crampes, très pénibles, surtout fréquentes à la fin de la journée et pendant la nuit. A peu près à la même époque, cauchemars et pituite matinale commencent à se manifester.
Pendant les mois qui vont suivre, les douleurs s’accentuent, sans être influencées par la marche et la station debout. Mais depuis 4 mois, les troubles fonctionnels deviennent de plus en plus nets. Hospitalisée à Saint-Louis pendant 2 mois, elle en ressort sans grande amélioration.
Parmi les antécédents, on relève une spécificité traitée par le bismuth et l’acétylarsan. Le bismuth dût être rapidement arrêté, en raison d’une stomatite assez grave, À l’heure actuelle, les examens sérologiques sont négatifs.
L'examen, lors de l’admission, montra des troubles tro-
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phiques caractérisés par la sécheresse de la peau et l’atrophie importante des muscles de la loge antéro-externe des deux jambes. La marche était possible, mais avec steppage, plus net à gauche qu’à droite. La force musculaire est sensiblement diminuée dans les mouvements d’extension de la jambe et du pied..
Les réflexes achilléens et rotuliens étaient abolis. Les réflexes olécraniens et cubito-pronateurs faibles.
Les troubles sensitifs se traduisaient par l’hyperesthésie cutanée et la douleur à la pression des masses musculaires des mollets et de la plante du pied. La sensibilité superficielle au tact à la piqûre et à la chaleur était normale. Par contre, la sensibilité profonde était perturbée. On ne notait aucun trouble sphinctérien.
Le foie et la rate n’étaient pas augmentés de volume.
A l’examen électrique des membres inférieurs, on constatait de l’hypo-excitabilité faradique et galvanique dans le territoire des branches terminales du sciatique, avec trace discrète de réaction de dégénérescence plus accusée dans le territoire du sciatique poplité externe droit. Aux membres supérieurs, rien d’anormal.
Le traitement électrique fût commencé trois semaines après lentrée à l’hôpital, sous forme de séances d’ionisation iodurée, Du 18 juin au 31 août, 27 séances d’ionisation fu-
rent pratiquées; en Septembre, 7 séances seulement après 3
semaines de repos, et la malade quitta l’hôpital le 11 octobre, après guérison clinique complète. La strychnine, à la dose de 5 mm, par jour, fut le seul traitement médical adjuvant.
Madame L.., ouvrière, entre le 29 août 1938, à l’hôpital Tenon, pour troubles de la marche de plus en plus accentués. |
Lors de l’admission, la marche est à peu près impossible. La force musculaire est notablement diminuée dans le domaine des extenseurs des deux jambes; de plus, aux mem-
PRES bres supérieurs gauches, les mouvements de flexion sont très difficiles. Les troubles sensitifs sont surtout marqués aux membres inférieurs. Les douleurs sont à type de lancement, à prédominance nocturne; à la main gauche, la malade éprouve une sensation de picotements. La pression des masses musculaires est excessivement douloureuse, tant au niveau des mollets que de la plante des pieds.
Les troubles vaso-moteurs s’observent sous forme de cyanose et de refroidissement.
Les réflexes rotuliens et achilléens sont abolis des deux côtés. À souligner la diminution de la mémoire des faits récents.
L'examen électrique des membres inférieurs a montré une diminution importante de l’excitabilité faradique pour les extenseurs des deux jambes. Au courant galvanique, on constate la lenteur de la secousse. La réaction de dégénérescence partielle est plus marquée à droite qu’à gauche.
Parmi les antécédents, on ne relève que l’hospitalisation de la malade en 1935, pour des troubles analogues, mais beaucoup plus discrets et qui ont rétrocédé rapidement sous l’influence de l’électrothérapie.
L’ionothérapie ne fut commencée que le 3 mai 1939, et si nous publions cette observation, c’est uniquement parce qu’en 6 séances seulement, les troubles sensitifs se sont considérablement amendés. Les douleurs dans les jambes ont à peu près disparu et la’ marche, elle aussi, semble devenir beaucoup plus aisée depuis que le traitement électrique a été institué.
Madame R.., âgée de 33 ans, sans profession, vient consulter le 10 décembre 1938 à l’hôpital Tenon, parce qu’elle éprouve de grandes difficultés à marcher. L’interrogatoire nous apprend qu’elle fut déjà hospitalisée à plusieurs reprises à Tenon, pour des faits analogues, qu’il est très diffi-
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cile de faire préciser, en raison des troubles de mémoire assez marqués.
C’est en Septembre 1933, à sa sortie de Saint-Antoine, où elle fut soignée pour une fausse couche, qu’elle ressentit les premiers symptômes de polynévrite qui contsistaient en faiblesse des jambes, douleurs à la pression des masses musculaires, pituites matinales. Ces troubles s’amendèrent assez rapidement; mais en Juillet 1934, nouvelle aggravation, la. marche est impossible. Pendant 3 mois 1/2, la malade est hospitalisée et soumise à la galvanothérapie, qui provoque une amélioration lente, L’électro-diagnostic fait à cette époque ne montrait que de l’hypo-excitabilité faradique et galvanique. En 1937, lors d’un nouvel électro-diagnostic, on ne trouva aucune réaction de dégénérescence,
Le 16 décembre 1938, à l’examen!, on constate une abolition des réflexes achilléens et roiuliens, la marche est très difficile, et les douleurs à type de crampe, sont surtout fréquentes la nuit. A l’électro-diagnostic, on! ne constate que de l’hypo-excitabilité faradique dans le domaine du sciatique poplité externe.
17 séances d’ionisation iodurée terminées le 30 janvier, furent suivies d’une amélioration très nette. Les réflexes rotuliens et achilléens sont encore affaiblis, mais la marche est à peu près normale!
Monsieur M.…., vient consulter le 6 février 1939, à l’hôpital Tenon! parce qu’il ressent des douleurs dans les jambes. Ces douleurs, à type de crampe, ont commencé à se mantfester il y a 6 mois environ! Depuis elles ont tendance à s’exagérer, surtout la nuit.
Les troubles moteurs sont très discrets : ils se bornent à une fatigabilité très rapide et à un léger steppage.
Un examen électrique pratiqué le 6 février 1939, montre de l’hypo-excitabilité galvanique et faradique de tous les muscles des membres inférieurs innervés par le sciatique.
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Dans le territoire du sciatique polité externe les modifications électriques sont plus accusées : outre l’hypoexcitabilité faradique, on observe la lenteur des secousses, surtout nette du côté droit.
12 séances de diélectrolyse transcérébro-médullaire donnèrent une amélioration rapide. Les phénomènes douloureux ont à peu près complètement disparu.
Avant de relater quelques observations de malades traités par diélectrolyse transcérébro-médullaire d'iode avec et sans ingestion, nous renouvelons à M. le D' G. BourGuiGNoN l'expression de notre très respectueuse reconnaissance pour nous avoir permis de puiser dans les dossiers si complets du service d'électro-thérapie de la Salpétrière.
Nous citerons, tout d’abord, l’observation de la malade présentée par M. le D' BouRGuIGNON, à la Société Médicale des Hôpitaux de Paris, le 2 mars 1928.
Bien que l’on n’ait pu affirmer l’étiologie de cette polynévrite, son intérêt est considérable, en raison de son évolution grave, qui fut brutalement arrêtée par le traitement dont la rapidité d’action fut, en l’occurence, particulièrement démonstrative.
« Le 27 octobre 1927, M. Guy Laroche me demande d’examiner la malade qu’il vient de présenter, pour déterminer si les troubles fonctionnels de la motilité que présentait cette
malade étaient organiques ou pythiatiques comme plusieurs l’avaient pensé.
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L'examen tant clinique qu’électrique montra qu'il s’agissait d’une polynévrite avec dégénérescence portant sur les quaire membres,
Cette polynévrite était d’ailleurs au début de son évolution et j’assistai à sa progression pendant la durée de mon examen qui fut assez long, en raison du grand nombre de muscles examinés et des interruptions dues aux crises psychiques dont M) Guy Laroche vient de faire l’histoire.
Au début, il ne s’agissait que de parésie sans paralysie d'aucun muscle. La malade manquait de force, fléchissait par moments sur les jambes, tenant mal son équilibre, était maladroïte de ses mains, et il paraissait y avoir plutôt une extrême fatigabilité que des paralysies proprement dites. La malade éprouvait en outre les fourmillements dans les mains.
Tous ces troubles dataient d’un mois lorsque je vis la malade pour la première fois. |
Les réflexes du membre supérieur étaient normaux des deux côtés.
Aux membres inférieurs, les réflexes rotuliens étaient vifs des deux côtés, comme on le voit souvent au début des polynévrites; mais le réflexe achilléen gauche était aboli et le réflexe achilléen droit était affaibli.
L’examen électrique apporta la confirmation du diagnostic de polynévrite.
1° Je trouvai en effet une dégénérescence partielle caractérisée même par le simple examen qualitatif classique, c’est-à-dire par la lenteur des contractions par excitation directe des muscles avec conservation de l’excitabilité du nerf, dans les muscles de la jambe et du pied et de l’avant-bras et de la main, des deux côtés, avec prédominance à gauche.
Le maximum de cette dégénérescence partielle se trouvait dans le nerf sciatique poplité externe aux membres inférieurs, et dans les nerfs médian et cubital aux membres supérieurs. Dans le domaine du radial, il y avait de touchés que les muscles du pouce.
2° Pour les segments proximaux des quatre membres, l’examen classique ne révélait aucune altération; mais la
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mesure de la chronaxie montrait de légères altérations dans les muscles suivants :
Muscles de la cuisse gauche,
Muscles du bras et de l’épaule des deux côtés,
sauf le triceps brachial droit.
3° On trouvait des réactions entièrement normales aussi bien qualitativement qu’au point de vue de la mesure de la chronaxie dans les muscles suivants :
Muscles de la cuisse droite,
Triceps brachial droit,
Domaine du radial à l’avant-bras des deux côtés à l’exception des muscles du pouce dégénérés.
Ce long examen se termina le 7 décembre 1927. Dans cet intervalle, du 27 octobre au 7 décembre, l’aggravation fut progressive et, à la fin de l’examen, la malade ne pouvait presque plus marcher et seulement avec peine et soutenue par quelqu'un.
Le diagnostic de « polynévrite » s’imposait donc. Quant à la nature et à la cause de cette polynévrite, l’examen électrique ne pouvait les révéler et, comme l’a dit M. Guy- LAROCHE, la cause est difficile à préciser.
Traitement. -— Le traitement a été appliqué dans le service d’électrothérapie de l’Hôpital Tenon sur mes indications, et je remercie M. le D’ DarBoïs, chef du service d’Electro-Radiologie, d’avoir bien voulu le faire exécuter ponctuellement.
La malade a donc été soumise, depuis le 14 décembre 1927, à l’ionisation d’iode transcérébro-médullaire suivant la technique que je viens de décrire.
Notre malade a subi actuellement deux séries de traitement.
Première série: 9 séances, du 14 décembre au 31 décembre 1927. Repos de dix jours.
Deuxième série : 13 séances, du 12 janvier au 3 février 1928 (inclus).
Repos depuis le 3 février.
Elle a donc eu en tout actuellement 22 séances d’une demi-heure chacune d’ionisation d’iode transcérébro-médullaire, avec une intensité de 5 à 8 milliampères.
3° Résuliats : Le résultat obtenu, c’est que, maintenant, vous l’avez vu, la malade marche seule.
Au début du traitement, le 14 décembre 1927, la malade, qui s’aggravait toujours, ne pouvait plus marcher du tout et on la conduisait dans un fauteuil roulant au service d’électrothérapie.
Dès le début du traitement, l’aggravation s’est arrêtée.
À la sixième séance, c’est-à-dire au bout d’une semaine de traitement, la malade quitte le fauteuil roulant et peut se rendre à son traitement en marchant au bras d’une infrmière.
L'amélioration continue à progresser et, à la sixième séance de la deuxième série, c’est-à-dire exactement 36 jours après le début du traitement et après 14 séances d’ionisation, la malade se rend seule, sans appui, à son traitement.
Actuellement, la malade, non complètement guérie, marche assez bien et ne se tord plus les pieds comme «lle le faisait. Elle peut maintenant se coiffer seule, manger seule, tourner un bouton de porte, etc. Les fourmillements ont diminué.
Quant aux réflexes, les réflexes achilléens, ne se sont pas encore modifiés, mais l’exagération des réflexes rotuliens a disparu et ces réflexes sont normaux. Au dynamomètre, la malade faisait 0 au début du traitement. Elle donne maintenant 40 à droite et 50 à gauche.
L'amélioration clinique est donc incontestable et a été obtenue rapidement avec un très petit nombre de séances.
Un examen électrique partiel, pratiqué le 25 février, confirme l’amélioration clinique. Tous les muscles examinés ont leurs chronaxies améliorées au point moteur. Par excitation longitudinale, il arrive que la chronaxie est la même où un peu plus grande. J’ai montré ailleurs que c’est un signe de régénération en cours : je ne puis m’étendre ici sur l’étude théorique de ce signe que je me propose de reprendre en détail.
Le tableau ci-contre, permettra de comparer facilement l’état de quelques muscles choisis parmi ceux qui étaient le plus pris et parmi ceux qui étaient le moins, avant et après le traitement ».
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