‹ Le Traitement Du Bubon Vénérien notamment Par l'hyperhémie au moyen de la ventouse de BierChapitre 6 sur 17 · MOYENS LOCAUX EXTERIEURS · texte numérisé non relu

MOYENS LOCAUX EXTERIEURS

Etant donnée la fréquence avec laquelle le bubon complique le chancre mou, quarante-cinqfois pour cent en moyenne, tout malade atteint de chancrelle doit se surveiller et éviter toute irritation locale et toute fatigue. Si en effet le poulain est plus fréquent dans la clientèle d'hôpital, s’il est plus rare chez la femme, c'est que les fatigues, la marche, la malpropreté, les frottements jouent un grand rôle dans sa production.

En conséquence, les pansements, la protection des parties ulcérées, l'absence d'irritation, le repos devront toujours être employés comme moyens prophylactiques. Mais, quand les ganglions de l’aine commencent à s’enflammer, s'ils ne sont pas encore suppurés, s'ils sont encore mobiles, ne s’'accompagnant pas de péri-adénite, recouverts d’une peau adhérente ayant gardé sa coloration normale, on peut espérer les voir se résoudre et disparaitre simplement sous l'influence du repos au lit et de la compression asso-

ciée à l’action des pansements ou des topiques.

Touttraitement du bubon demeure à peu près inefficace sans le repos et l’absence d’irritation, ce sont deux conditions nécessaires à la résolution des adénites au début et à la guérison de celles qui ont déjà évolué quel que soit le traitement institué.

Le repos accompagné de la protection de la tumeur par un pansement compressif ou non est obligatoire dans tous les cas, et il faut insister particulièrement auprès du malade sur la nécessité absolue de garder le lit, ce qui est souvent très difficile à obtenir.

La compression est un excellent adjuvant de presque toutes les méthodes de traitement du bubon.

On l’a pratiquée autrefois en installant sur la tumeur protégée par des compresses, une masse de sable ou de plomb pesant trois livres environ, procédé complètement délaissé actuellement pour le pansement ouaté compressif.

Une épaisse couche d’ouate enveloppant l’aine et la racine de la cuisse, on place au niveau de la tumeur un tampon d’ouate, on fixe ce pansement avec une bande de tarlatane humide et on fait par-dessus un spica serré de l’aine à l’aide d’une longue bande de toile. | s

Ce pansement est renouvelé tous les deux jours, tant que le bubon est douloureux et tant que le ganglion n’est pas très diminué. On attendra pour supprimer tout à fait l’appareil et permettre au malade de se lever, la guérison totale apparente; encore faudra-t-il continuer à le surveiller pour recommencer

le traitement à la moindre alerte.

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L'action du froid a été également essayée, on a maintenu en permanence sur les bubons, sans résultat d’ailleurs, des vessies de glace.

Ce qui était plus rationnel était de tenter le traitement par la chaleur; on sait d’après Aubert que le bacille de Ducrey ne peut vivre à une température de 38°, et ce fait explique que la chancrelle ne donne jamais lieu à une adénite profonde ; le chancre mou du col de l'utérus n’infecte. jamais les ganglions pelviens dont la température est trop élevée. Aubert donc dans les cas de bubons consécutifs à la chancrelle a ordonné des demi-bains à 41°, il a pu les faire supporter assez facilement pendant huit à dix heures, en versant de l’eau froide sur la tête et le tronc du patient. La température du malade est élevée jusqu’à 39°%5 et des guérisons ont été obtenues en dix jours. Ce traitement est actuellement abandonné, il n’a d’ailleurs pas donné les résultats qu’on en attendait. On ne s’expliquerait guère d’ailleurs son action sur le bubon généralement non virulent.

En même temps que de la compression, on peut faire sur la région enflammée des applications médicamenteuses. La teinture d'iode est le plus souvent employée, elle peut ètre remplacée par une pom-

made iodée :

Vaseline. 1100 nà 15

Länelkine, «+ +; De po KLEIN ES ES 4 gr.

Iode métallique . 0 gr. 60

par la pommade à l’ichtyol :

Vaseline, fonte Etnôline. racer âà 19 gr.

[Ke 13:00 DESSERT 10 gr.

Ou par longuent napolitain qui a l’inconvénient de déterminer fréquemment de l’érythème mercuriel.

Cordier s’est bien trouvé des lotions locales antiseptiques suivies de badigeonnages au collodion iodoformé.

Beaucoup d’autres moyens ont été également abandonnés :

Le nitrate d'argent en promenant la pierre infernale pendant cinq à six secondes sur la peau mouillée ;

Les sangsues, les scarifications qui donnaient lieu souvent à des complications de chancrellisation;

De larges vésicatoires (Velpeau), de petits vésicatoires volants suivis de pansements au sublimé (Guérin).

Mais il arrive le plus fréquemment que le bubon ne regresse pas ; la tumeur grossit ; le ganglion primitivement atteint se noie dans un empâtement de périadénite ;la peau adhérente rougit; la douleur devient pulsatile; la suppuration est alors imminente; et délaissant les traitements précédents, il faut avoir recours à des méthodes plus actives pour empêcher l’ouverture spontanée du bubon suivie de toutes ses

complications.

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