LES CONCEPTIONS ACTUELLES DU TRAITEMENT DU CANCER DE LA VESSIE
Le professeur ANDRÉ et le docteur GRANDINEAU de Nancy présentèrent à l’Association Française d'Urologie en octobre 1932 un rapport détaillé sur la question des tumeurs malignes de la vessie et sur leur traitement. La cystectomie partielle de cet organe dans certains cas de néoplasme avait été envisagée.
Les auteurs apportaient quelques observations françaises et surtout bon nombre de statistiques étrangères. L’exposé souleva un très vif intérêt.
Cette opération, la eystectomie partielle, qui est utilisée en grande série à létranger et surtout aux États-Unis, était relativement peu pratiquée en France. Les chirurgiens hésitaient à l’entreprendre les médecins à la conseiller. Les plus grands spécialistes français l’avaient plutôt déconseillée.
Des objections s’élevèrent done de tous côtés, objections visant la technique de cette opération,
Tarchiani. 1
ses résultats proches et lointains, ses indications, son utilité même.
La question de la cystectomie partielle reste néanmoins au premier plan de l’actualité chirurgicale. Nous allons, dans cette thèse, essayer de réunir des éléments glanés dans les communications scientifiques françaises et étrangères et dans les travaux de notre Maître le D' GouverNEUR en vue de dégager la valeur réelle de cette opération si âprement discutée et si souvent calomniée. Alors seulement serons-nous en droit d'établir quelques-unes de ses indications. Deux faits nouveaux, en effet, regardant la technique, nous paraissent avoir modifié le pronostic de cette opération : en premier lieu, le bistour électrique employé actuellement dans la résection des parois vésicales, et, d'autre part, l’extrapéritomisation de la vessie qui permet de faire une mtervention beaucoup plus anatomique et éelatrée que lorsqu'on travaillait au fond de la cavité pelvienne.
Les néoplasmes de la vessie sont fréquents, graves, mortels à brève échéance s'ils sont abandonnés à euxmêmes. Aucun espoir ne peut être conservé en face de cette épouvantable affection. Nous avons le devoir de tout mettre en œuvre pour arrêter son évolution et pour soulager les malheureux qui en sont atteints.
Et tout a été tour à tour essayé.
d) Les méthodes électriques.
Zrumer (à Paris) et Franz Nagrzsonmipr (à Dresde), les préconisèrent dès 1907. Besr, de New- York, s’en fit le grand défenseur en 1910 et en fixa de prenmer la technique. Après quelques essais, :cette méthode se révéla ‘entièrement ‘en défaut. L’électrocoagulation, traitement :de «choix dans les tumeurs bénignes, n’a aucune action réelle :sur le eaneer. iLa destruction défimtive d'un néoplasme par cet agent physique est un leurre. Donc les prétendus résultats peuvent être, tout au plus, wonsidérés comme un palliatif de la douleur. lies espoirs que cette méthode avait engendrés à ses débuts se sont totalementiet définitivement effondrés. La récidive est la règle. A l'heure actuelle, cette thérapeutique -est celle des cas désespérés où toute intervention est impossible : on ne fait plus guère que l’électrocoagulation à vessie ouverte dans les tumeurs malignes de la vessie.
Lies cas qui:ont été apportés comme des guérisons de tumeurs malignes de la vessie par l’électro-coagu- Hation ‘concernent des faits ‘où l’examen thistolocique m'avait pas été pratiqué. Etant donné la difhculté du diagnostic du cancer ide a vessie dans certains cas, ces statistiques sont sujettes à caution.
« Le cancer ide Ja vessie — écrivat récerament notre maître, le Docteur-Gouverxeur (Paris, 1933) —
est un de ceux qui présentent, au poimt de vue histologique, des plus grandes variétés. Nous n'avons, le